Les universités : des actrices clés de la solidarité internationale
Atelier de coconstruction à l’Université de Sherbrooke dans le cadre du projet CLEFS
Chaque année, la Semaine du développement international nous invite à réfléchir à notre rôle face aux grands défis de notre époque : accès aux soins de santé, inégalités sociales, crises humanitaires, changements climatiques, etc. Devant l’ampleur de ces enjeux, une chose est claire: ni les gouvernements, ni les organisations communautaires ne peuvent agir seuls. Les universités ont, elles aussi, un rôle essentiel à jouer.
Par leur capacité à former la relève, à produire des connaissances utiles et à bâtir des partenariats durables, elles deviennent de véritables leviers de transformation sociale. Recherche, formation et partage de connaissances : ces trois piliers permettent aux universités de contribuer concrètement à la solidarité internationale.
Produire des connaissances utiles, ancrées dans les réalités du terrain
Dr. Souleymane Sawadogo, Dre Djénèba Coulibaly et Dre Fatoumata Traore. Collecte de données dans le cadre du projet ApproTech
La recherche est l’une des grandes forces des universités. Mais en solidarité internationale, il ne s’agit pas de recherche théorique déconnectée du terrain. Les projets les plus porteurs sont ceux qui sont ancrés dans les réalités locales, coconstruits avec les partenaires et pensés pour avoir un impact concret. À l’Université de Sherbrooke, le Centre interdisciplinaire de développement international en santé (CIDIS) illustre bien cette approche. Les projets sont élaborés avec des partenaires locaux afin de répondre à des besoins réels avec des solutions durables. Cette collaboration permet non seulement de renforcer les systèmes de santé, mais aussi de faire circuler les savoirs dans les deux sens : du terrain vers l’université, et de l’université vers le terrain. Grâce à son approche interdisciplinaire, le CIDIS mobilise des expertises variées qui permettent d’aborder les enjeux dans toute leur complexité. Les connaissances produites alimentent autant les personnes concernées par les projets, que la communauté scientifique et les autorités décisionnelles, contribuant à éclairer les pratiques et les politiques publiques.
Aujourd’hui, le CIDIS contribue à des initiatives et entretient des collaborations dans six pays, dont le Canada, le Mali, le Cameroun, le Maroc, le Pérou et Haïti.
Pour nous, la recherche n’est pas une fin en soi. C’est un outil pour améliorer concrètement la santé et le bien-être des populations, ici comme ailleurs.
Gabriel Blouin Genest, co-directeur scientifique du CIDIS et professeur à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke.
Former une relève engagée, outillée et sensible aux enjeux mondiaux
Les universités ne forment pas seulement la relève professionnelle : elles forment aussi des personnes engagées, capables de comprendre la complexité du monde et d’y agir concrètement.
Voir l’impact concret d’un projet sur la population transforme complètement l’expérience universitaire : on réalise que ce qu’on apprend peut réellement servir à changer les choses.
Clara Calosi, étudiante de 1er cycle et auxiliaire de recherche au CIDIS
Stages, projets de recherche appliquée et collaborations sur le terrain permettent à la communauté étudiante de sortir des salles de classe et de confronter la théorie à la réalité. Ces expériences développent l’adaptation, la collaboration interculturelle et l’esprit critique, tout en cultivant un engagement social qui dure bien au-delà des études. Pour plusieurs, ces expériences influencent profondément leur parcours académique et professionnel.
Chaque année, le CIDIS offre à des étudiantes et étudiants des occasions concrètes de s’impliquer dans des projets porteurs de sens, au Québec comme à l’international. Ils participent à la recherche, à l’évaluation de projets, à la production de connaissances et au rayonnement scientifique des initiatives.
Près d’une quinzaine d’étudiants par année s’impliquent au sein des projets de solidarité internationale du CIDIS.
Quand l’international nourrit le local
La solidarité internationale ne se vit pas uniquement à l’étranger. Les connaissances développées dans les projets internationaux transforment aussi les façons d’intervenir ici, au Québec et au Canada. Les approches basées sur la participation des communautés, l’équité et le renforcement des capacités locales inspirent des pratiques plus inclusives et plus adaptées aux réalités des populations vulnérables. Le local et le global ne sont pas opposés : ils se nourrissent mutuellement.
Au CIDIS, ces apprentissages prennent forme dans des interventions sensibles aux contextes sociaux et culturels. Peu importe où les projets sont menés, l’objectif reste le même : améliorer durablement la santé et le bien-être des populations.
Ce que nous apprenons sur le terrain à l’international nous aide aussi à mieux intervenir ici. Les défis sont différents, mais les principes demeurent les mêmes.
David-Martin Milot, co-directeur scientifique du CIDIS, professeur et médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive
La solidarité internationale, aussi une affaire universitaire
En réunissant recherche, formation et partenariats, les universités occupent une place unique dans l’écosystème de la solidarité internationale. Elles créent des espaces où se rencontrent savoirs scientifiques, expériences vécues et besoins concrets.
À travers des initiatives comme celles du CIDIS, l’engagement universitaire prend forme de manière tangible. La Semaine du développement international est l’occasion de reconnaître cette contribution mais surtout d’inviter la communauté universitaire à s’impliquer. Chaque stage, chaque projet de recherche, chaque collaboration peut devenir un levier de transformation sociale.
La solidarité internationale commence souvent sur un campus. Ce n’est pas seulement un lieu d’apprentissage, ça devient aussi un lieu de mobilisation et d’engagement.
Sarah Stecko, Directrice des opérations et des partenariats du CIDIS