4 février | Journée mondiale contre le cancer
5 découvertes marquantes de l’Institut de recherche sur le cancer de l’Université de Sherbrooke (IRCUS)
Des recherches de calibre mondial qui ouvrent de nouvelles voies dans la lutte contre le cancer et qui ravivent l’espoir des personnes atteintes. C’est l’apport bien tangible des chercheuses et chercheurs de l’Institut de recherche sur le cancer de l’Université de Sherbrooke (IRCUS). Grâce à l’innovation, ils conçoivent des outils diagnostiques plus performants et des traitements plus ciblés, tout en formant la relève scientifique appelée à poursuivre cette lutte essentielle. Voici cinq de ces avancées majeures issues de ses laboratoires et d’importantes collaborations internationales.
Quand le système immunitaire déraille à cause du traitement
Dr Hugues Allard-Chamard, M.D., Ph. D., professeur-chercheur à l’IRCUS et à la Faculté de médecine et des sciences de la santé et rhumatologue au CIUSSS de l’Estrie – CHUS
Les personnes atteintes d’un cancer avancé du rein ou de la peau (mélanome) sont souvent traitées avec une immunothérapie, l’ipilimumab, qui cible une protéine essentielle : celle qui sert au contrôle du système immunitaire. Mais, pour près du quart des patients et patientes recevant ce médicament, viser cette protéine entraîne l’apparition d’effets secondaires graves : ils développent des maladies auto-immunes pouvant être fatales, et ce, malgré l’arrêt des traitements.
Le Dr Hugues Allard-Chamard, qui étudie les maladies du système immunitaire, s’intéresse à cette même protéine ciblée par les traitements oncologiques. En regardant de plus près les personnes ayant un déficit de cette protéine, il a compris le mécanisme défectueux de celle-ci. Cette découverte permet d’ouvrir la voie à de nouvelles stratégies visant à prévenir les complications auto-immunes lors des traitements du cancer.
L’immunothérapie qui ne veut plus jouer à la cachette avec le cancer
Subburaj Ilangumaran, Ph. D., et Sheela Ramanathan, Ph. D., professeur-chercheur et professeure-chercheuse à l’IRCUS et à la Faculté de médecine et des sciences de la santé
Le système immunitaire agit comme un gardien du corps humain, il peut même repérer et éliminer les cellules cancéreuses. Mais, parfois, ces dernières ont appris à se cacher. Dans un tel cas, une de leurs stratégies consiste à désactiver une protéine clé, celle qui permet de détecter les signes de cancer, puis à avertir le système immunitaire de le détruire.
Le Pr Subburaj Ilangumaran et la Pre Sheela Ramanathan ont démontré qu’en l’absence de cette protéine, le cancer progresse plus rapidement. Leur découverte souligne l’importance de cette protéine dans la surveillance immunitaire et ouvre une piste de recherche prometteuse : trouver une façon de « réparer » la protéine clé pour forcer les cancers à redevenir visibles pour le système immunitaire. L’équipe passe maintenant en deuxième vitesse pour élaborer des immunothérapies innovantes basées sur cette protéine clé.
Détruire les métastases sans affecter le cerveau grâce à la radiochirurgie ciblée
Dr David Mathieu, M.D., FRCSC, professeur-chercheur à l’IRCUS et à la Faculté de médecine et des sciences de la santé et neurochirurgien oncologue au CIUSSS de l’Estrie – CHUS
Les métastases cérébrales liées au cancer de la vessie et aux cancers gynécologiques posent un défi majeur : en plus d’être difficiles à traiter, elles sont plus fréquentes, car les personnes atteintes survivent plus longtemps qu’avant, donnant ainsi plus de temps à la maladie de se propager au cerveau.
Deux grandes études internationales, dirigées par le Dr David Mathieu, ont évalué l’efficacité de la radiochirurgie stéréotaxique, la SRS, qui se pratique à l’aide de ce qu’on appelle un Gamma Knife. Cette technique de haute précision concentre les rayons de haute énergie sur la tumeur sans endommager le reste du cerveau.
Les résultats obtenus sont remarquables : près de 90 % des métastases cérébrales traitées ont été contrôlées, avec très peu d’effets indésirables. La SRS apparaît ainsi comme une approche sûre, efficace et bien tolérée par les personnes atteintes, offrant une nouvelle option thérapeutique ciblée.
Cancer gynécologique : un traitement novateur, mais peu accessible
Mélanie Morin, Ph. D., professeure-chercheuse à l’IRCUS et à la Faculté de médecine et des sciences de la santé
Dr Paul Bessette, professeur-chercheur à l’IRCUS et à la Faculté de médecine et des sciences de la santé et gynécologue-oncologue au CIUSSS de l'Estrie – CHUS
Dre Korine Lapointe-Milot, professeure-chercheuse à l’IRCUS et à la Faculté de médecine et des sciences de la santé et gynécologue-oncologue au CIUSSS de l'Estrie –CHUS
Chaque année, plus de 8000 Canadiennes survivent à un cancer de l'endomètre ou du col de l'utérus. Parmi ces survivantes, près de 70 % des femmes ressentent une douleur lors des relations sexuelles. On nomme cette douleur dyspareunie.
Une équipe de recherche de l’IRCUS, menée par la Pre Mélanie Morin, a développé un traitement d’avant-garde pour aider les femmes aux prises avec ces douleurs. Une approche novatrice qui repose sur un traitement de physiothérapie multimodale du plancher pelvien, dont les bénéfices ont été validés par une série d'études.
Même si de nombreux scientifiques soutiennent l’implantation de ce traitement dans le suivi des survivantes d'un cancer gynécologique, le traitement sherbrookois demeure méconnu. Or, si ce traitement était accessible, il pourrait transformer la vie de milliers de femmes vivant avec la dyspareunie.
La chimie médicinale s’attaque à une cible thérapeutique « orpheline » pour traiter les cancers agressifs
Richard Leduc, Ph. D., et Pierre-Luc Boudreault, Ph. D., professeurs-chercheurs à l’IRCUS et à la Faculté de médecine et des sciences de la santé
Armée d’une collection de 65 molécules innovantes en chimie médicinale, l’équipe des Prs Richard Leduc et Pierre-Luc Boudreault fait progresser la recherche sur le cancer. En effet, l’une de ses molécules a réussi à contrôler une protéine particulière, celle qui, quand elle fait défaut, fait progresser les cancers agressifs, comme le cancer du sein triple négatif et le cancer colorectal avancé.
Cette protéine malfaisante n’était que peu étudiée, mais avec cette découverte, l’équipe ouvre la voie à une nouvelle génération de thérapies capables de freiner la croissance tumorale, et ce, même à petite dose, un net avantage pour limiter les effets secondaires. Cette avancée offre un espoir tangible d’obtenir des traitements plus précis et efficaces contre des cancers difficiles à traiter.
Pour la Journée mondiale contre le cancer (4 février 2026), l’IRCUS souligne avec fierté son 5e anniversaire. Cinq années marquées par des découvertes prometteuses et par un engagement indéfectible envers la lutte contre le cancer, qui demeure, année après année, la première cause de décès au Canada. En soutenant une recherche audacieuse et collaborative, l’IRCUS vise non seulement à réduire l’impact du cancer, mais aussi à transformer l’expérience des personnes atteintes à chaque étape de leur parcours.
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS
À propos de l’Institut de recherche sur le cancer de l’Université de Sherbrooke (IRCUS)
La mission de l’IRCUS, sa raison d’être, est de développer une recherche interdisciplinaire synergique et innovante pour réduire l’impact du cancer auprès des personnes qui en sont touchées. Les projets de recherche réalisés à l’IRCUS permettent notamment de mieux comprendre, détecter et traiter tous les cancers, ainsi que d’améliorer les soins et les services.
En plus de réaliser des activités de recherche de haut calibre, l’IRCUS forme la relève étudiante et professionnelle essentielle à la lutte contre le cancer de demain. Il se distingue par son impact transformateur sur l’ensemble des étapes clés du continuum des soins et des services en oncologie, englobant la prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement, la fin de vie et la vie après le cancer. Cette approche intégrée permet à l’institut de contribuer de manière significative à chaque étape du parcours des patientes et des patients atteints de cancer.