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Éditorial

La réussite étudiante : un défi à relever en équipe

Par le Pr Arthur Oulaï
Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke

S’il existe un enjeu qui interpelle l’ensemble des institutions d’enseignement et des universités en particulier, c’est bien celui de la réussite étudiante. Ces dernières ne se contentent plus d’offrir des programmes de formation innovateurs et de qualité, elles s’engagent résolument à favoriser la réussite étudiante. L’évolution des connaissances sur ce sujet a permis de comprendre que la personne étudiante est certes au centre de cette réussite, mais celle-ci ne repose pas toujours sur ses seuls efforts. Dans la définition de la réussite étudiante, des chercheurs ont montré deux grandes dimensions: l'une, quantitative, mesurée à travers le passage d’une année à l’autre à l’intérieur d’un programme universitaire et à travers la diplomation, et l'autre qualitative, qui met l’accent sur les compétences acquises par les personnes étudiantes (Leclercq, D. & Parmentier, Ph. (2011)). Au taux de diplomation sur lequel les yeux sont régulièrement rivés, s’ajoutent donc d’autres facteurs ou indicateurs qui traduisent toute la complexité de ce sujet.

Il suffit de parcourir le site de l’Observatoire sur la réussite en enseignement supérieur (ORES) pour prendre toute la mesure des éléments qui se rattachent à la réussite étudiante. Parmi ceux-ci figurent entre autres la persévérance en enseignement supérieur, les passages d’un cycle universitaire à un autre, la formation à distance, l’accessibilité financière aux études, l’insertion socioprofessionnelle et la santé mentale des personnes étudiantes.Les universités, conscientes des défis liés à cet enjeu, lui consacrent certes des services, mais expriment également leur ouverture à la diversification des initiatives pouvant contribuer à cette réussite. À l’Université de Sherbrooke, le service de soutien à l’apprentissage côtoie ainsi l’aide donnée par les pairs et l’Aide à la vie étudiante (AVE). Cette dernière traduit toute l’implication de la communauté universitaire dans la création d’un cadre de vie propice à des études et à la réalisation de projets universitaires. Toutes ces initiatives, dont l’importance n’est plus à démontrer, s’ajoutent à la mise en place de programmes de formation avec comme objectif premier la contribution à la réussite étudiante.

La définition des objectifs des programmes universitaires et leur mise en œuvre revêtent alors une importance particulière dans la perspective de la réussite étudiante. Cette démarche d’élaboration d’objectifs qui s’étend à chacune des activités pédagogiques tient généralement compte de l’acquisition des connaissances. Des recherches sur la réussite étudiante montrent qu’il faut y inclure le développement de la personne étudiante et le marché de l’emploi en raison de leur impact sur la motivation de la personne étudiante. Il en résulte un intérêt particulier pour la prise en compte des compétences dans la définition des objectifs des programmes universitaires et une diversification des méthodes d’apprentissage (Leclercq, D. & Parmentier, Ph. (2011)).

La responsabilité des enseignants pour la mise en œuvre des objectifs de formation dans le cadre précis d’activités pédagogiques est fondamentale au sein d’une institution universitaire. Les difficultés, qui en résultent, devraient militer pour la valorisation du travail en équipe.

À travers des cadres formels ou informels, il peut être intéressant de créer ces espaces réguliers d’échanges, de réflexion, de partage et de mise en commun des expertises et du matériel pédagogique. Au-delà de la richesse de tels partages, il faut y voir l’occasion de faciliter l’intégration de nouvelles personnes enseignantes dans une faculté, dans un programme de formation et même dans le cadre d’une activité pédagogique. Avec en prime la possibilité d’envisager collectivement l’enjeu de la réussite étudiante.