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Portrait étudiant

Cloé Druillole: une formation nomade en génie des matériaux et en micro-électronique

Formée en France, Cloé Duriolle a construit sa trajectoire de formation avec une idée fixe: voyager tout en apprenant.
Formée en France, Cloé Duriolle a construit sa trajectoire de formation avec une idée fixe: voyager tout en apprenant.
Photo : fournie

France. Corée du Sud. Suède. Canada. En moins de deux ans, Cloé a fait de la planète son campus. Derrière ce parcours à haute vitesse se cache une démarche solide : apprendre, comprendre et s’engager. À chaque escale, elle affine ses compétences en ingénierie et en matériaux, avec un sens aigu de l’impact écologique.

Aujourd’hui, c’est entre le LN2 basé au 3iT et le C2MI qu’elle poursuit son chemin, sous la direction de Serge Ecoffey. Stage de fin d’études, recherche collaborative et séjour à l'étranger : tout y est. Mais ce n’est pas un hasard si elle a atterri ici.

Un parcours mobile, et toujours ancré

Formée en France au sein de l’école d’ingénieurs Phelma (Grenoble INP), Cloé a construit sa trajectoire avec une idée fixe : voyager tout en apprenant. Après deux années de classe préparatoire à Bordeaux, elle intègre une filière spécialisée en matériaux et en génie mécanique. C’est là que son goût pour la microélectronique émerge, presque par surprise, lors d’un stage de mai à août 2024 en Corée du Sud dans un laboratoire de céramiques pour semi-conducteurs.

Puis direction la Suède, à l’université de Lund, pour un semestre d’études entre septembre 2024 et janvier 2025 – avec de nombreuses escapades pour profiter de Copenhague. Et enfin, depuis février 2025, elle est au cœur du LN2 et du 3iT pour son stage de fin d’études, en collaboration avec le C2MI, jusqu’en août.

La techno écoresponsable

Son sujet? Sous la direction de Serge Ecoffey, développer et caractériser des résines époxy biosourcées pour remplacer celles issues du pétrole, omniprésentes dans les assemblages microélectroniques, et contribuer ainsi à une approche plus écoresponsable de la microélectronique.

Plus concrètement, Cloé teste des formulations issues de la biomasse – cellulose, entre autres – afin de vérifier si elles sont assez performantes thermiquement et mécaniquement pour s’intégrer dans des montages électroniques réels.

Elle jongle entre techniques de pointe et manipulations de résines expérimentales. Son objectif pour l’été : passer des essais de caractérisation à la réalisation de véhicules tests, pour mesurer les performances de ces matériaux dans des conditions réalistes.

Son approche claire et structurée a d’ailleurs été récompensée : Cloé a remporté le deuxième prix étudiant pour sa présentation d’affiche scientifique lors de la Journée scientifique du 3iT.Nano. Une reconnaissance bien méritée qui souligne à la fois la rigueur de son travail et sa capacité à le vulgariser.


Bio-based polymers for microfabrication and assembly of devices and microelectronic systems

Au cours de son stage, Cloé a caractérisé des résines époxy non chargées, entièrement biosourcées à partir de biomasse forestière, destinées au collage de puces (die attach, flip-chip) sur laminés. Grâce à une chaîne de caractérisation thermomécanique, elle a optimisé le rapport résine/durcisseur et comparé ses formulations à des époxys commerciaux de référence. Sur un véhicule d’essai PCB-puce, ses résines ont montré :

  • des performances thermiques et mécaniques équivalentes aux produits industriels; 
  • un coefficient de dilatation thermique maîtrisé; 
  • une faible perte de poids à haute température; 
  • une dureté satisfaisante. 

La vie à Sherbrooke

La région? « Très nature », dit-elle. Les infrastructures sportives, les lacs, les sentiers, tout l’inspire. Pas de handball ici, certes, mais ça ne l’empêche pas de courir autour du lac ou de rêver à son prochain parc national – elle qui est partie faire un tour de la Gaspésie avec seulement quatre journées de congé à sa disposition!

Ce qu’elle en retient? Une qualité de vie. Une ambiance de labo à taille humaine. Des collègues accessibles, une proximité avec les outils, les expertises. Autant d’éléments qui donnent envie, pour qui entrevoit une carrière en micro-électronique, de rester, de revenir, ou de recommander.

Et après? Cloé le dit sans détour : elle veut retrouver ses proches en France et travailler dans l'industrie. Elle n'a pas encore de plan figé, mais une boussole claire – rester dans les matériaux, viser des solutions plus durables, continuer à explorer, à apprendre, à s’adapter.

Que ce soit en France ou ailleurs.


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