Allocution de la professeure Luce Samoisette, rectrice de l'Université de Sherbrooke, à l'occasion de la présentation du plan stratégique 2010-2015

Sherbrooke

Le 30 septembre 2010

Chers membres de la communauté universitaire,

Je me présente aujourd’hui avec la satisfaction du devoir accompli, une satisfaction que je me dois de partager avec vous, car le plan stratégique que je dévoilerai dans quelques instants est sans contredit le fruit de l’exercice de consultation le plus ouvert et le plus collégial qu’ait connu notre Université. Il n’aurait donc pu se réaliser sans votre participation.

Rappelez-vous, il y a environ un an, je vous disais que le développement de l’Université n’était pas l’apanage de la haute direction et, du même souffle, je vous annonçais que nous allions dessiner, ensemble, l’avenir de notre institution, et que nous allions le faire dans le cadre d’un processus conçu pour permettre l’écoute, la discussion et la collaboration.

Ce n’était pas des paroles en l’air !

Dans les semaines qui ont suivi, nous avons constitué une équipe terrain et créé un comité directeur de la planification stratégique. Mais, surtout, nous vous avons écouté, notamment dans le cadre des rencontres consacrées au bilan, lors du Forum universitaire, par le truchement d’Internet et à l’occasion des chantiers sectoriels. Au fur et à mesure que le plan prenait forme, nous avons aussi travaillé avec les doyennes et les doyens, les directrices et les directeurs de service, la directrice et les directeurs d’instituts, de même que les responsables des chantiers sectoriels.

Si bien qu’au final, on peut assurément parler du plan stratégique 2010-2015 de l’Université de Sherbrooke comme d’une grande œuvre collective. Et en ce sens, non seulement on peut, mais on doit être fier de cette réalisation. Il s’agit là, sans contredit, d’une autre preuve qu’à l’Université de Sherbrooke, on ne se contente pas de dire les choses, on les fait ! Et on les fait très bien !

Je l’ai dit à plusieurs reprises, je suis fermement convaincue que la planification stratégique est un puissant levier d’avancement, dans la mesure où elle est issue d’un processus qui permet à la communauté de s’y reconnaître et de savoir clairement où elle en est quant à l’atteinte de ses objectifs.

Disposer d’un plan stratégique pour une institution comme la nôtre est davantage une obligation qu’un choix. C’est vrai ! Pourquoi le faire de manière collégiale, me direz-vous, quand la plupart des organisations font leur planification stratégique selon la bonne vieille méthode dite top down ? La raison est fort simple. À mes yeux, la collégialité n’est pas un luxe, mais bien une façon de faire qui permet de mettre à contribution, dans des moments aussi cruciaux, l’expertise et l’expérience des gens qui connaissent le mieux l’organisation, en l’occurrence, en ce qui nous concerne, vous, les membres de la communauté universitaire.

Car être à l’écoute de la communauté, c’est se donner un accès privilégié à un bassin incroyable d’idées nouvelles, tout en s’assurant de rester bien branché sur les fondements de l’institution. En effet, qui mieux que la communauté peut identifier ce qui doit être changé et ce qui ne doit pas l’être ?

L’Université se doit d’être en constante évolution. Elle doit faire en sorte que l’expérience de formation soit sans cesse ajustée aux réalités, aux connaissances et aux changements qui façonnent les sociétés.

En revanche, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’Université a également le devoir d’inscrire le changement dans la continuité, de construire sur les acquis des civilisations dans lesquelles sont enchâssées les sociétés.

Souvenez-vous, notre démarche de planification stratégique a d’abord permis de situer l’Université dans les contextes régional, national et international. Nous sommes l’Université de Sherbrooke et notre mission demeure un engagement qui correspond aujourd’hui plus que jamais au rêve de nos fondateurs, comme en fait foi son nouveau libellé :

Communauté ouverte, engagée et responsable, l’Université de Sherbrooke répond aux besoins de la société et contribue à son développement en se consacrant à l’enseignement, à la recherche et à la création, par l’offre diversifiée d’expériences d’apprentissage, par la production et le transfert des connaissances et par la promotion de la pensée critique.

Cette Université, notre Université, a résolument les yeux tournés vers l’avenir, un avenir qu’elle envisage avec confiance et qui se traduit par une vision clairement affirmée :

En effet, au cours des prochaines années, par l’engagement de l’ensemble de sa communauté et dans le cadre d’une gestion harmonieuse, participative et responsable, l’Université de Sherbrooke entend devenir une référence dans le monde universitaire parce qu’elle aura réussi à :

  • décloisonner l’enseignement, la recherche et la création dans une perspective multidisciplinaire, interdisciplinaire et interfacultaire;
  • se mobiliser pour assurer aux étudiantes et aux étudiants un accompagnement intégré et centré sur la réussite;
  • se construire un milieu de vie, de travail, d’études et de recherche de qualité, intégrant les principes de la santé organisationnelle et du développement durable;
  • être un employeur de choix favorisant le développement professionnel continu de son personnel et la formation de la relève;
  • se distinguer par une stratégie d’internationalisation cohérente, concrète et efficace;
  • et devenir un partenaire incontournable du développement social, économique et culturel du Québec, notamment en Estrie et en Montérégie.

Cette vision que nous nous sommes donnée collectivement guidera nos actions dans les années à venir, tout comme les valeurs qui la sous-tendent.

Et à ce sujet, l’Université de Sherbrooke place la formation des étudiantes et des étudiants au centre de ses actions et privilégie les valeurs suivantes :

  • le respect des personnes;
  • l’excellence;
  • la responsabilité sociale;
  • l’innovation et le dynamisme;
  • la liberté intellectuelle;
  • la collaboration et le partenariat;
  • ainsi que l’ouverture au monde et à la diversité.

Cette mission renouvelée, cette nouvelle vision et ces valeurs constituent la pierre d’assise sur laquelle s’est construit notre plan stratégique, un plan qui se déploie en cinq grands axes, 19 orientations et 86 objectifs, et que je n’hésite pas à qualifier d’ambitieux.

Je l’ai dit précédemment, ce plan est le résultat d’une démarche de planification stratégique unique par son caractère collégial, par le taux de participation de la communauté universitaire et par la quantité d’information stratégique qu’elle a permis de produire. Ce plan constitue aussi un défi majeur, mais réaliste, qui va révolutionner nos façons de faire à bien des égards, comme en témoigne le premier axe.

Dans un monde en pleine mutation, alors que les frontières classiques sont largement remises en question, il devient indispensable d’ouvrir celles des disciplines, des campus, des territoires et des cultures et d’ajuster les pratiques organisationnelles en conséquence. Intitulé « Ouvrir les frontières », le premier axe du plan repose sur quatre orientations :

  • Décloisonner l’enseignement, la recherche et la création
  • Développer la synergie entre l’enseignement, la recherche, la création et les relations avec la collectivité
  • Faire de l’internationalisation un apport important à la mission de l’Université
  • Ainsi que privilégier la souplesse et l’ouverture dans les structures organisationnelles et les processus administratifs

En déployant cet axe dans les années à venir, nous saurons nous démarquer parce que nous offrirons des formations pertinentes, mais aussi parce que nous ciblerons nos actions à l’international et nous ouvrirons les frontières de nos propres structures.

Nous nous démarquerons également parce que nous renouvellerons l’approche distinctive en enseignement, en recherche et en création, ce qui constitue l’axe 2 du plan.

En effet, notre Université est reconnue depuis sa fondation pour son avant-gardisme et pour l’originalité de ses programmes d’enseignement, de recherche et de création. Dans une société complexe, marquée notamment par d’importants changements démographiques et des bouleversements économiques, plus que jamais, elle doit continuer à se démarquer. Et à ce propos, si la qualité, l’initiative, l’innovation et la flexibilité sont les leviers de son développement, l’intégration, la diversification et la pertinence de ses programmes figurent parmi les défis qu’elle entend relever.

Cet axe numéro 2 repose sur quatre orientations :

  • Se démarquer par des programmes originaux
  • Accentuer les innovations qui font la réputation de l’Université de Sherbrooke en enseignement et en intégration études-stages
  • Jouer un rôle de premier plan en recherche
  • Et, enfin, intégrer le développement durable dans les programmes d’enseignement et de recherche

Vous l’aurez compris, nous allons continuer d’offrir des programmes originaux qui laissent une large place à la formation pratique, mais nous allons aussi travailler à mobiliser la communauté universitaire pour la réussite étudiante, comme l’indique l’axe 3 du plan.

Au terme du processus de planification stratégique, il nous est apparu évident que les membres de la communauté universitaire sont déterminés à concerter leurs actions afin de favoriser la réussite des étudiantes et des étudiants. Ils sont d’avis qu’une culture centrée sur la persévérance aux études et la réussite étudiante s’avère nécessaire, et pour eux, une telle culture est indissociable des efforts de recrutement.

Cet axe repose sur trois orientations :

  • Faire de l’apprentissage de l’étudiante et de l’étudiant une œuvre collective
  • Promouvoir une culture de la réussite étudiante
  • Et, enfin, encourager le sentiment d’appartenance et développer la philanthropie comme leviers de la réussite étudiante

Cet axe est au cœur de nos valeurs. C’est par lui que nous plaçons la formation de nos étudiantes et de nos étudiants au centre de nos actions. Et pour cause, la réussite étudiante est et sera toujours l’ultime enjeu de la mission de notre Université et le leitmotiv de notre plan de développement.

Contrairement à ce que pensent plusieurs, les universités ne sauraient fonctionner en vase clos. La nôtre a démontré peut-être plus que toute autre qu’il est fondamental de nouer des relations avec les partenaires externes. C’est ainsi que, loin de vouloir s’asseoir sur ses acquis, l’Université de Sherbrooke entend plus que jamais contribuer au développement social, économique et culturel du Québec, notamment en Estrie et en Montérégie, comme le stipule l’axe 4.

En effet, l’UdeS est un partenaire de premier ordre pour l’avancement du Québec, notamment dans les villes et les régions où elle est davantage ancrée. Institution responsable, elle entend être un facteur dynamique de croissance sociale, économique et culturelle. Plus particulièrement, elle va :

  • Favoriser la reconnaissance de Sherbrooke comme ville universitaire
  • Faire de l’Université et de la Ville de Sherbrooke la référence québécoise en matière de développement durable
  • Consolider la position de l’Université de Sherbrooke en Montérégie
  • Et diversifier la contribution au développement de l’économie et des organismes communautaires

L’UdeS contribue de façon exceptionnelle au développement du Québec et des milieux où elle est implantée, parce qu’elle remplit très bien sa mission. C’est la raison pour laquelle nous entendons donner le meilleur de nous-mêmes à la réalisation de celle-ci. Comment?

  • en formalisant nos collaborations avec le milieu
  • en répondant aux besoins de la société
  • en favorisant l’innovation
  • et en contribuant à son développement durable.

De cette façon, plus que jamais, nous serons un partenaire dynamique du développement du Québec.

Le cinquième et dernier axe du plan s’intitule « Se construire un milieu de vie de qualité », ce qui revient à dire que par l’apport responsable de toutes et de tous, la communauté universitaire entend créer un cadre de vie stimulant et enrichissant.

Ainsi, l’Université s’emploiera à mettre en place, dans la mesure de ses moyens, les conditions favorables à la santé, tant de l’organisation que des personnes. Elle verra à compléter son environnement physique par des infrastructures modernes et conviviales, adaptées aux aspirations de ses membres. De cette façon, pensons-nous, l’Université pourra recruter et retenir les ressources les plus qualifiées pour poursuivre sa mission.

Ce cinquième et dernier axe repose sur quatre orientations :

  • Faire de la santé des personnes et de l’organisation une priorité d’action partagée
  • Se donner un milieu d’études et de travail stimulant et enrichissant
  • Doter l’Université d’infrastructures adaptées aux besoins et aux valeurs de sa communauté
  • Et relever le défi du recrutement et de la rétention du personnel

La qualité du milieu de vie, des infrastructures adéquates et l’application des principes de développement durable sont des voies incontournables dans une perspective de formation de nos étudiantes et étudiants et, bien sûr, dans une optique de recrutement et de rétention d’une main-d’œuvre de qualité. Cet axe nous permettra de réaliser cette partie de notre vision d’avenir et d’offrir, graduellement, des milieux adaptés aux nouvelles réalités.

Réussir est sans aucun doute le mot clé de ce plan stratégique :

  • Réussir ses études, oui, mais aussi Réussir sa vie professionnelle;
  • Réussir la mission de l’Université, par le travail des professeurs et de tous les membres du personnel;
  • Et Réussir à stimuler le développement de la société, une personne à la fois et collectivement.

À ce point que Réussir s’est imposé comme le titre de notre plan stratégique 2010-2015, comme vous le verrez sur les oriflammes et les bannières qui seront installées sur les campus dans les prochains jours, de même que sur le document en tant que tel.

Et à ce propos, je dois vous dire que nous avons fait un choix. Pour des considérations écologiques, le document ne sera pas distribué en version papier, sauf en de rares circonstances. Il sera plutôt disponible sur le site Internet USherbrooke.ca/reussir, et ce dès 11 heures ce matin. Je vous invite à le consulter et à publiciser cette adresse auprès de vos collègues et partenaires de l’externe.

Réussir 2010-2015, c’est l’occasion de nous démarquer, d’offrir ce que nous avons de meilleur et aussi de faire les choses différemment, en brisant les habitudes, en cherchant le meilleur dans l’autrement. C’est également choisir des actions parce qu’elles sont bonnes et non seulement parce qu’elles sont nouvelles, et de le faire en toute transparence. Parce que Réussir, c’est dire ce que l’on fait… et faire ce que l’on dit.

Réussir 2010-2015 ne constitue pas une fin, mais un commencement. Les axes, les orientations et les objectifs qu’il comporte donnent le point d’arrivée, celui où nous souhaitons nous trouver dans les prochaines années. Il reste maintenant à tracer la voie, concrètement, par des actions qui baliseront notre progression. Ces actions, des équipes s’affairent déjà à les structurer afin que Réussir 2010-2015 devienne un plan d’action réaliste, efficace et mobilisateur.

Chacune de ces équipes est placée sous la responsabilité d’un membre du comité de direction. Chaque vice-rectrice et chaque vice-recteur est maintenant responsable de concrétiser un certain nombre d’orientations. Vous noterez qu’ils ont hérité non pas d’axes, mais d’orientations. La fin du travail en silo et l’ouverture des frontières, ça commence au comité de direction, ça commence par des responsabilités transversales et partagées.

Ça commence aussi par l’action : déjà les membres du comité de direction ont identifié des coordonnatrices et des coordonnateurs de projets qui verront à constituer des équipes de travail et à les guider dans un cheminement qui nous conduira à la production du pas.

Ces personnes, que j’invite d’ailleurs à se joindre à moi, sur scène, vont travailler dans les prochaines semaines à donner vie à notre plan d’action, dont le déploiement se fera au plus tard en janvier 2011.

Permettez-moi de vous les présenter. D’abord, les vice-rectrices et vice-recteurs :

  • Jacques Beauvais;
  • Lyne Bouchard;
  • Martin Buteau;
  • Jocelyne Faucher;
  • Lucie Laflamme;
  • Joanne Roch, qui malheureusement est retenue actuellement;
  • Alain Webster;

puis les coordonnatrices et coordonnateurs :

  • André Beauchesne;
  • Jean-Pierre Bertrand;
  • François Dubé;
  • Josée Garceau;
  • Lise Grenier;
  • Jacques Legault;
  • Alain Lévesque;
  • Michel Parent;
  • Jacques Viens;
  • et Jules Chassé, Josée Deschênes et Pierre-Richard Gaudreault qui ne peuvent être parmi nous aujourd’hui.

Des actions, des personnes responsables, des indicateurs, des ressources, des échéances… Nous sommes maintenant rendus à l’étape de construire ce que nous avons planifié. Un seul but, un but commun : Réussir!

Je n’ai aucun doute que nous y parviendrons, car pour ce faire nous disposons d’une base solide : le fruit de vos réflexions, tel que compilé dans le cadre du bilan et lors du Forum, le travail des chantiers sectoriels et les meilleures pratiques consignées dans nos documents thématiques.

Je vous ai parlé précédemment du rôle des vice-rectrices et vice-recteurs dans l’élaboration du plan d’action, mais je ne vous ai rien dit du mien. Bien sûr, je superviserai l’ensemble des travaux, mais j’aimerais attirer votre attention sur deux objectifs du plan qui se lisent comme suit :

L’objectif 1.2.1

Accroître les interactions entre la collectivité et les activités d’enseignement, de recherche et de création

Et l’objectif 1.3.7

Cibler et coordonner les interventions de l’Université à l’international

Ces deux objectifs se situent au cœur d’un projet que je caresse depuis plusieurs mois déjà, et dont j’aimerais vous entretenir quelques instants.

Vous le voyez, autour de vous et dans les médias, notre communauté est active sur plusieurs fronts, que ce soit en enseignement, en recherche, en création ou dans des projets avec les collectivités. Ici et ailleurs, nous nous efforçons de former des citoyennes et des citoyens responsables et ouverts, de repousser les frontières de la connaissance, d’aider les autres, bref de faire progresser les sociétés et les individus qui les composent.

Dans notre plan, on parle beaucoup d’ouverture des frontières, de collaboration et d’interdisciplinarité. Je crois qu’il est de notre devoir de concerter les actions que nous posons, et c’est la raison pour laquelle j’entends parrainer personnellement quelques projets, tant au niveau national, voire régional, qu’à l’échelle internationale.

Les projets retenus pourraient être nouveaux ou être déjà sur les rails. L’important c’est qu’ils fassent ou puissent faire appel à l’ensemble des composantes de la communauté universitaire.

Comptez sur moi, je vous en reparlerai bientôt…

En conclusion, je le répète, notre plan stratégique n’est pas une fin, mais bien un début. Un début prometteur, porteur de changement, qui saura, j’en suis persuadée, mobiliser celles et ceux qui construiront l’avenir de notre Université.

À nous maintenant de Réussir.