Allocution de monsieur Bruno-Marie Béchard,
recteur de l'Université de Sherbrooke,
à l'occasion de la finale du concours Face à Faces
à la Faculté de droit

12 février 2003

Monsieur le Doyen,
Chers étudiantes et étudiants,
Chères et chers collègues,
Mesdames, Messieurs,

(Le recteur remercie le comité organisateur de l'avoir invité.)

De nombreuses reconnaissances ont mis récemment l'Université de Sherbrooke en tête d'affiche. En voici trois exemples :

  • La présentation d'un large éventail de nos recherches de pointe dans le magazine Innovation produit par La Tribune et distribué à 700 000 exemplaires partout au Québec et dans la région d'Ottawa;
  • Notre classement dans The Globe and Mail comme meilleure université francophone et 3e au pays, d'après l'appréciation par notre population étudiante;
  • La diffusion à deux reprises d'un reportage en cinq langues sur notre Université à un auditoire de 300 millions de téléspectateurs sur les réseaux internationaux BBC et EuroNews, comme seule université francophone d'Amérique dans cette série sur les meilleures universités au Monde.

Aussi, en juillet prochain, la couverture télévisuelle dans 150 pays des 3es Championnats du Monde jeunesse de l'IAAF mettra encore une fois le monde au diapason de l'Université de Sherbrooke.

Notre institution se distingue dans tous les domaines, aussi bien en droit, en santé, en sciences pures et en ingénierie que dans les sciences humaines et sociales. Encore faut-il le faire savoir avec éloquence!

La présente compétition fournit justement une occasion aux oratrices et orateurs de forger leur capacité de manier le pouvoir des mots. Assurément, la Faculté de droit forme des gens capables de bien nous représenter, avec simplicité et persuasion, puisque nos étudiants ont gagné, au cours des trois dernières années, le prix du public décerné au meilleur plaideur de la finale québécoise.

Pour Quintilien (1), l'art de la parole touche l'ensemble des circonstances de la vie privée et publique. D'ailleurs, dans son célèbre traité sur l'Éducation de l'orateur, ce professeur d'éloquence du premier siècle prenait son élève au berceau pour le conduire jusqu'au terme de sa carrière.

Certains grands orateurs refusent de monter à la tribune quand ils n'ont pas préparé et médité ce qu'ils doivent dire. D'autres, qui improvisent un discours sur-le-champ, dégagent une force irrésistible. Mais tous savent prendre pour point de départ le ton ordinaire, c'est-à-dire parler d'une voix naturelle. À cet égard, un des plus célèbres acteurs de la scène française, François Joseph Talma (2) avait un truc. Dans les coulisses, il demandait au premier venu : « Monsieur, voudriez-vous me dire l'heure s'il vous plaît? » Celui-ci lui répondait naturellement et Talma lui disait : « Merci, monsieur », puis il entrait en scène en prononçant ses premières paroles sur le ton où il venait de dire le « Merci, monsieur ».

Pour moi qui suis amené régulièrement à prendre la parole, c'est un plaisir d'encourager cette tribune qui met en valeur de jeunes orateurs et leur permet de développer leurs talents. Cette activité parascolaire, qui réunit la participation étudiante et professorale, la direction facultaire et l'apport de commanditaires, constitue un bel exemple de l'énergie, de l'esprit d'innovation et du sens pratique qui caractérisent et distinguent l'Université de Sherbrooke.

Je souligne le travail remarquable du comité organisateur qui a su renouveler la formule et lui donner du lustre. Chapeau à Valérie Beaudoin-Tremblay, Bryan-Éric Lane, Joëlle Lupien et Jean-Simon Paradis! Je félicite également tous les étudiants et étudiantes qui, en participant au concours, ont acquis une expérience fort enrichissante. En ce sens, vous êtes tous des gagnants. Quant aux deux finalistes, je vous souhaite le meilleur des succès, non seulement tout à l'heure, mais aussi pour la finale nationale à laquelle vous nous représenterez.

Ce genre d'initiative permet de retirer le maximum de vos années d'études universitaires. Par cette émulation, en aspirant au sommet, vous contribuez à embellir notre milieu de vie. Vous incarnez la vision audacieuse de notre institution quicompte mériter une réputation de premier calibre parmi les meilleures universités au monde. L'Université de Sherbrooke n'aspire pas à devenir une grosse université, mais se donne plutôt la vocation d'être une grande université, de sorte que vous sortirez d'ici avec un haut degré de compétence dont vous serez fiers. Votre apprentissage vous servira toute votre vie, partout dans le monde.

Bravo aux organisateurs, merci aux juges et aux commanditaires! Encore une fois, bon succès à nos deux finalistes!