Allocution de monsieur Bruno-Marie Béchard,
recteur de l'Université de Sherbrooke,
à l'occasion d'un déjeuner-causerie de l'Association des
professeures et professeurs retraités de l'Université de Sherbrooke

24 octobre 2001

Bien chers collègues retraités de l'Université de Sherbrooke,

Je vous remercie de m'avoir invité. Je suis fier d'être parmi vous qui avez si largement contribué à bâtir l'Université de Sherbrooke, à laquelle je me suis joint comme professeur en 1992. C'est pour moi un grand plaisir et un grand honneur de m'adresser à vous aujourd'hui, d'autant plus que c'est une première dans l'histoire de l'Université qu'un recteur vient rencontrer l'Association des professeurs et professeurs retraités. Pour la première fois également, des membres du Conseil d'administration de l'Association des personnes retraitées du personnel de soutien se joignent à l'APPRUS. Voilà sans doute d'heureux présages de rapprochement que j'entends soutenir et valoriser avec détermination.

D'abord, je brosserai à grands traits certaines grandes orientations de l'Université et soulignerai quelques actions déjà réalisées. Ensuite, j'aborderai la question des relations entre l'Université et votre Association.

Le cheminement que je poursuis comme recteur va dans la direction que j'avais déjà prise durant mon mandat de vice-recteur à l'administration. Je rappelle avoir décentralisé davantage la gestion en dotant les décideurs de tous les niveaux d'une information financière plus transparente et plus adéquate à leurs besoins. J'ai également suscité la participation de plusieurs dizaines de membres de la communauté universitaire pour baliser les grands développements qui s'imposent, notamment à l'égard des technologies de l'information et de la communication. De plus, j'ai participé activement à la négociation du réinvestissement universitaire et du Contrat de performance conclu avec le ministre de l'Éducation.

En vertu de l'entente de réinvestissement intervenue avec le ministère, qui favorise l'Université de Sherbrooke de façon toute particulière, nous avons pris quatre grands engagements : le soutien à la réussite étudiante, la reconfiguration de l'offre de formation, l'efficience de la gestion et l'équilibre budgétaire.

En premier lieu, l'Université s'est engagée à améliorer l'encadrement et le soutien aux étudiantes et aux étudiants, de sorte que le taux de diplomation au baccalauréat après six ans sera porté de 74,6 à 80,2 % d'ici à 2008. De 17 étudiants équivalents au temps plein par professeur en 1999-2000, nous améliorerons le taux d'encadrement à 14 EETP par professeur en 2002-2003.

Parmi les mesures qui contribueront à la réussite étudiante figurent le renouvellement massif du corps professoral, la création de la Bibliothèque virtuelle, du Carrefour de l'information et du Centre de services aux étudiants, de même que le lancement de nouveaux programmes comme le baccalauréat en génie logiciel, le baccalauréat en pharmacologie et le doctorat en psychologie.

Dans la poursuite d'une plus grande rationalisation de ses activités, l'Université de Sherbrooke travaille à reconfigurer l'offre de formation pour consolider nos forces et encore mieux répondre aux besoins de notre société.

Au chapitre de l'efficience, l'Université s'efforcera de modifier les règles qui gouvernent l'attribution de la tâche d'enseignement aux professeurs-chercheurs. En outre, la réorganisation et l'accélération de nos activités de recherche auront pour retombée de faire passer notre proportion des étudiants au doctorat de 5 à 7 % de l'effectif québécois total, soit une croissance de l'ordre de 25 %. En ce qui concerne la situation financière, nous avons maintenu notre taux d'endettement parmi les plus bas durant les années difficiles, si bien que nous sommes actuellement en excellente posture : nous sommes la seule grande université québécoise à ne pas être endettée! Par conséquent, nous injectons le réinvestissement des gouvernements directement dans la recherche et l'enseignement pour consolider nos domaines d'excellence et nous positionner ainsi parmi les meilleures universités au monde.

Dans la foulée du réinvestissement, l'Université s'est dotée d'un Plan stratégique de recherche et d'enseignement. Échelonné sur quatre ans, ce plan coïncide avec l'injection de 12 millions de dollars par année et l'embauche de quelque 600 nouveaux membres du personnel, dont plus de 300 professeurs-chercheurs. De plus, l'ajout et le réaménagement d'espaces à vocation académique nécessiteront des investissements de l'ordre de 40 millions de dollars d'ici la rentrée 2003. L'ensemble de ces mesures se répartit entre les neuf facultés et les centres de recherche, de manière à favoriser les collaborations multidisciplinaires, multifacultaires et multiuniversitaires.

En recherche, le Plan stratégique mise sur les professeures et professeurs ainsi que sur les étudiantes et étudiants qui cherchent, découvrent, innovent et diffusent. Nous voulons accélérer la croissance en recherche en consolidant nos secteurs d'excellence et en stimulant l'émergence de nouveaux créneaux.

En enseignement, le Plan comblera les vides laissés par les dures compressions budgétaires et il adaptera la formation aux nouveaux besoins de la société. De concert avec les facultés, nous avons identifié nos enjeux, nos forces, les points à améliorer et les 40 créneaux que nous allons développer pour satisfaire les exigences de demain, tant sur la scène québécoise qu'internationale.

Depuis mon entrée en fonction comme recteur le 1er juin dernier, l'équipe de direction a été remaniée. Comme vous le savez, le Vice-rectorat aux ressources humaines et à la vie étudiante est devenu le Vice-rectorat à la communauté universitaire. La nouvelle appellation correspond à une vision renouvelée : en plus de voir aux bonnes relations de travail et aux bonnes relations avec les associations étudiantes, le nouveau vice-recteur, M. Jean Desclos, a pour mandat de développer la qualité et l'intensité de la vie communautaire à l'échelle de notre grande communauté universitaire qui vous inclut, retraitées et retraités de l'Université de Sherbrooke.

Auparavant secrétaire générale, madame Luce Samoisette, deviendra sous peu la première rectrice adjointe de l'histoire de l'Université. Au-delà de la gestion de toutes les ressources matérielles et des services auxiliaires, son rôle s'étend au bon fonctionnement interne des instances dirigeantes de l'Université.

À la fonction de secrétaire général exercée par monsieur Martin Buteau s'ajoute celle de vice-recteur aux ressources informationnelles. À ce titre, il est responsable du développement des bibliothèques, des communications et des technologies de l'information, pour soutenir les missions de l'Université.

Durant son second mandat à titre de vice-recteur à l'enseignement, monsieur Denis Marceau s'attaque à plusieurs dossiers clés : la promotion de la qualité de l'enseignement, l'évaluation périodique et la modification des programmes existants, l'élaboration de nouveaux programmes, l'avancement de la pédagogie universitaire, la refonte du Règlement des études et l'élaboration de notre première politique linguistique. À l'égard de ces deux derniers points, de grandes réalisations s'annoncent...

Le nouveau vice-recteur à la recherche, monsieur Edwin Bourget, provient de l'Université Laval. Responsable du Bureau de liaison entreprises-Université et du Bureau de la recherche et de la coopération internationale, il veille au soutien et à la valorisation du travail de recherche des professeures et professeurs, au développement des équipes de recherche et à l'essor important des études de deuxième et troisième cycles de type recherche.

Pour la première fois de l'histoire de l'Université, la nouvelle équipe de direction a entrepris une grande tournée des facultés et départements pour exposer sa vision, recueillir les commentaires de la communauté universitaire et créer des liens qui permettent une gestion collégiale, efficace, mobilisante et centrée sur les forces vives qui font l'Université de Sherbrooke.

D'une manière générale, l'équipe de direction veut promouvoir et encourager les initiatives qui unissent les forces de chacune et de chacun pour relever les défis qui atteignent une intensité sans précédent.

L'Université de Sherbrooke n'aspire pas à devenir une grosse université. Elle est plutôt vouée à être une grande université de premier calibre, parmi les plus réputées au monde.

Lors de ma rencontre avec votre Conseil d'administration durant la campagne au rectorat, le 14 février dernier, j'ai noté votre vif intérêt à intensifier vos liens avec votre Université en tant que retraités actifs. Vos représentants ont dû vous dire combien cet intérêt était partagé.

Tout d'abord, je souhaite que l'Université établisse un lien de communication plus formel avec votre Association. Au nom de l'Université de Sherbrooke, je regrette les irritants qui ont pu résulter jusqu'ici du manque de reconnaissance officielle et d'un canal d'information adéquat. L'APPRUS devrait désormais être tenue au courant des changements susceptibles de les affecter en termes d'avantages et de collaborations. Ce moyen de communication vous permettra non seulement d'être mieux informés, mais aussi d'exprimer votre point de vue et de continuer de participer au développement de votre Université.

Sur une base individuelle, dix-sept d'entre vous avez donné au moins une charge de cours à l'un ou l'autre des cycles d'études depuis le 1er janvier 2000. Cependant, comme vous le savez, l'engagement du personnel professoral retraité relève des facultés et départements concernés et il doit respecter les règles conventionnées.

Plusieurs dispensent ou suivent des cours dans le cadre de l'UTA, qui a fêté son 25e anniversaire l'été dernier. C'est un secteur très populaire où le personnel retraité maintient des liens avec l'Université. Ce secteur continue de prendre de l'expansion grâce aux efforts, tout aussi discrets que soutenus, de centaines de collaboratrices et collaborateurs bénévoles.

Par ailleurs, je suis convaincu que vous pouvez, à partir de votre position de recul, transmettre des avis sur les enjeux de la vie universitaire. De cette manière, nous aurions accès à votre perception sur notre devenir voué à continuellement s'adapter aux nouvelles réalités et aux besoins qui en découlent. À cet égard, il y a lieu d'identifier conjointement des lieux où l'APPRUS devrait être partie prenante et où ses membres pourront faire profiter l'Université de leur savoir et de leur expérience.

Sera-t-il possible d'inclure une représentation de l'APPRUS à certains comités où siègent déjà d'autres associations ? Seriez-vous intéressés à désigner un représentant ou une représentante à divers groupes-conseil appelés à éclairer l'Université sur le virage à prendre dans différents domaines ? Une belle occasion vous serait fournie par le prochain Forum universitaire qui se tiendra à la fin de janvier 2002. Cette activité, qui en sera à sa troisième expérience, s'inscrit dans nos Statuts comme démarche de réflexion ouverte à l'ensemble de la communauté universitaire sur les grandes orientations et les questions relatives au développement de l'Université. Le Forum portera sur le « sentiment d'appartenance » et le Comité organisateur est présidé par le doyen de la Faculté de droit, monsieur Louis Marquis.

La participation d'une ou d'un professeur retraité au Comité d'appel prévu dans la Convention collective du Syndicat des chargées et chargés de cours est un exemple de collaboration à la vie universitaire. Dans ce cas, il s'agit pour la personne désignée par l'Université et pour celle désignée par le Syndicat de choisir conjointement une ou un professeur retraité pour compléter la composition du Comité d'appel. L'impartialité de ce membre et sa connaissance approfondie du contexte où s'exerce l'enseignement rehaussent bien entendu la crédibilité de pareille instance.

Dans un autre ordre d'idée, vingt-neuf d'entre vous étiez professeurs associés en date du 1er octobre dernier. Ce statut met en valeur votre implication en enseignement, dans divers comités, dans des travaux de recherche et dans la direction de mémoires ou de thèses en collaboration avec le corps professoral régulier.

Une voie qui pourrait être prometteuse concerne les activités de l'Université à l'étranger. Pourrait-on inclure dans un futur plan d'action une sorte de service universitaire outre-mer assuré en partie par des professeurs à la retraite? Quoi qu'il en soit, nous avons confié à monsieur Mario Laforest le mandat de soumettre à la direction de l'Université d'ici le 31 janvier prochain un rapport sur les pistes de développement international. Nul doute que monsieur Laforest prêtera une oreille attentive à votre point de vue.

Notez que l'organisation d'un événement d'envergure internationale, les 3es Championnats du Monde jeunesse de l'IAAF, aura besoin d'un millier de bénévoles en juillet 2003. Votre participation sera la bienvenue, à l'instar de ce que nous avons observé à Edmonton l'été dernier.

Certains parmi vous aimeraient-ils rappeler des aspects méconnus de l'histoire de l'institution ? Si le cœur vous en dit, osez mettre sur papier votre histoire, votre vécu et vos idées qui pourraient alimenter le cinquantenaire que nous fêterons en 2004. En préparation des célébrations, il va de soi d'aménager une place de choix à l'APPRUS.

Seriez-vous intéressés à prendre une part active à la prochaine Campagne de financement ? Vos contacts y seraient extrêmement précieux, notamment à l'égard des aînés parmi les amis de l'Université.

Comme vous le voyez, les possibilités de collaboration ne manquent pas. En définitive, les collaborations à venir reposent avant tout sur votre motivation, sur votre dévouement et sur les actions que vous avez le goût de faire. Pour notre part, il nous incombe de trouver les moyens de vous reconnaître adéquatement.

Je suis très sensible au sentiment d'appartenance dont vous témoignez par votre présence nombreuse aujourd'hui. Votre connaissance de l'institution, votre vaste expérience, votre expertise variée, votre disponibilité et votre sagesse enrichiront certainement nos réflexions et nos actions, nous aideront à bonifier nos projets et contribueront à accroître notre rayonnement.

Qu'il me soit permis, au nom de la communauté universitaire dont vous faites toujours partie, de reconnaître la continuité de votre apport à l'œuvre collective que vous avez déjà façonnée en si grande partie et avec tant de générosité. Merci, et au plaisir de travailler ensemble à l'Université de Sherbrooke de demain!