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Quand le courage se mêle à la passion littéraire

Joanie Grenier, doctorante en études françaises, récipiendaire d'une bourse Vanier

Joanie Grenier, étudiante au doctorat en études françaises
Joanie Grenier, étudiante au doctorat en études françaises

Photo : Fournie

Enfant, Joanie Grenier était déjà passionnée par la lecture, elle rêvait d’une grande bibliothèque remplie de livres. Cet amour pour la littérature l’accompagne jusqu’au cégep, où elle décide d’abandonner ses études en sciences de la nature pour s’orienter dans un programme qui la stimule encore plus, les arts et lettres. Se sentant réellement à sa place dans ce milieu, elle choisit de poursuivre son cheminement universitaire dans le même domaine.

« Même si je ne savais pas exactement où cela me mènerait, j’avais la certitude que du moment où il y aurait des livres, de la culture et de l’histoire, je serais heureuse. Presque dix ans plus tard, cette certitude est toujours présente », indique l’étudiante.

Toutefois, à l’automne 2009, au moment où elle commence son baccalauréat, Joanie reçoit une terrible nouvelle : elle est atteinte d’un cancer. Son caractère et sa détermination lui permettent de débuter ses études universitaires seulement 4 mois plus tard, à l’hiver 2010, après avoir subi divers traitements. « Je n’étais pas encore tout à fait rétablie, mais suivre des cours et reprendre une vie “normale’’ m’ont fait le plus grand bien », explique-t-elle.

Des efforts récompensés

Aujourd’hui, Joanie est non seulement doctorante en études françaises, mais elle est récipiendaire d’une bourse d’études supérieures du Canada Vanier, un programme prestigieux et très convoité. Cette bourse, qui s’élève à 50 000 $ par année pendant trois ans, récompense l'excellence universitaire, le potentiel de recherche et les compétences en leadership des doctorantes et des doctorants canadiens.

« Recevoir une telle bourse, être récompensée pour mes efforts, ça va bien au-delà de tout ce que je n’ai jamais espéré, affirme-t-elle. Dans ma situation, c’est aussi obtenir la confirmation que le temps investi dans les projets communautaires a autant de valeur que le temps investi dans les études ou dans la recherche. »

Joanie Grenier a amorcé son doctorat en études françaises, cheminement en littérature et histoire du livre et de l’édition, en janvier 2016, sous la direction des professeures Josée Vincent (UdeS) et Nadine Desrochers (EBSI, UdeM). Son projet de thèse porte sur le livre numérique dans une perspective liée à sa matérialité et à ses stratégies éditoriales de mise en marché. Il est en continuité avec ses travaux à la maîtrise, qui portaient sur l’Entrepôt numérique (ANEL et De Marque), la première plateforme de commercialisation du livre numérique développée au Québec.

« Durant mon doctorat, je souhaite démontrer les changements qui caractérisent l’économie et la culture écrite d’aujourd’hui, notamment en analysant les stratégies de mise en forme utilisées par les éditeurs. Je m’attarderai plus particulièrement aux éléments de paratexte - qui entourent le texte et qui participent à sa matérialisation -, tels que la forme du livre, le type de papier utilisé, les illustrations, les couleurs, la texture ou le relief employés pour la première et la quatrième de couverture, la disposition du texte, etc. »

Avec sa thèse, elle souhaite également offrir une meilleure compréhension des bouleversements qui affectent l’industrie du livre au Québec depuis l’avènement du numérique, qui a mené à plusieurs pertes d’emplois, notamment dans les secteurs de l’impression et de la distribution, en plus de modifier le rapport entre les lecteurs et le produit.

Le Programme à Félix, pour soutenir les jeunes atteints d’un cancer

En plus de son implication dans son milieu d’étude, notamment au sein du Groupe de recherches et d’études sur le livre au Québec (GRÉLQ) à titre d’auxiliaire de recherche, elle fait du bénévolat au sein de plusieurs organismes. En effet, à la suite de sa maladie, la jeune femme devient membre du Comité Patients et Survivants de la Coalition Priorité Cancer en 2013, duquel elle devient vice-présidente quelques mois plus tard. Elle veille à la mobilisation des gens atteints du cancer, notamment par la mise en œuvre de projets divers : organisation d’une tournée provinciale, sondage auprès des patients et promotion de la pétition sur l’assurance-emploi.

Par ailleurs, elle travaille depuis plus de trois ans à la mise en place d’un plan d’action centré sur les jeunes adultes (18-39 ans) affectés par cette maladie. En mai 2015, elle organise un symposium à Montréal intitulé « Le cancer et les jeunes adultes », qui réunit de jeunes patients, des parents, des représentants d’organismes communautaires ainsi que des experts et des professionnels de la santé.

La même année, on approche Joanie Grenier afin qu'elle participe au développement d’un programme d’aide pour les jeunes adultes atteints d’un cancer à Sherbrooke, le Programme à Félix. Cette initiative, mise sur pied en collaboration avec la Fondation québécoise du cancer, a pour but de répondre aux besoins spécifiques des jeunes adultes de 15 à 39 ans atteints d’un cancer et de leurs proches. Le comité organise des séances de sensibilisation et forme du personnel qui s’implique auprès des jeunes patients, tout en développant un portail d’information et des outils de communication afin de mieux épauler les jeunes malades et leurs proches.

Les efforts et le temps investis dans chacun des projets communautaires et universitaires de l’étudiante ont bien entendu porté fruits, mais ils ont également fait d’elle une jeune femme inspirée et inspirante pour toute la communauté sherbrookoise.


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