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L’imaginaire du conte chez Anne Hébert : le style et la forme dans le conte « La canne à pêche »

Nao Sasaki

Des critiques ont relevé à plusieurs reprises les références ou les allusions thématiques et formelles aux contes dans l’imaginaire d’Anne Hébert. Dans la plupart des cas, on s’intéresse au thème de l’initiation sociale chez les personnages féminins et on discute de ce que signifie devenir une femme, une adulte, dans une société dominée par les hommes, et de la manière dont la subjectivité féminine peut être reconstruite. Ici, le conte représente, en tant que norme ou code, la société traditionnelle et patriarcale qu’on doit mettre en question. Mais, chez Anne Hébert, le conte ne désigne pas uniquement ce mythe problématique. Il existe également un autre sens plutôt favorable, c’est-à-dire un sens plus humain qu’idéologique. C’est sous ce dernier aspect que je voudrais aborder « La canne à pêche », à la lumière de la pensée de Max Lüthi sur la forme du conte. En relevant dans le récit les éléments caractéristiques du conte, je montrerai comment Anne Hébert donne une dimension universelle à la réalité québécoise.