De la violence à la contemplation : la Côte-Nord comme lieu d’extériorisation de l’espace interne de la poète dans Tu choisiras les montagnes d’Andréane Frenette-Vallières
Vanessa Courville
Dans l’essai poétique Tu choisiras les montagnes, l’énonciatrice se rend sur la Côte-Nord pour prendre une distance avec un épisode traumatique, soit la violence de son premier partenaire amoureux à l’âge adulte, et ce, afin de mieux cerner son expérience à travers la création. Toutefois, à la lumière de son récit, cet épisode ne se présente pas comme un élément isolé de son histoire, mais plutôt comme une partie d’un tout cohérent, formé par sa « première école » (hooks, 2022) des relations. En effet, le rapport aux figures d’autorité dans son enfance forme ses « liens de l’amour » (Benjamin, 1988) où elle intègre inconsciemment une idée du masculin et du féminin, qui crée en elle une tension dans laquelle l’amour semble cohabiter avec la maltraitance. Son désir, qui apparaît sous la forme d’un manque la poussant à vouloir disparaître au début du livre, se transforme en plénitude au contact de la nature nord-côtière, révélant au passage la construction de son espace interne.