Allocution de monsieur Bruno-Marie Béchard,
recteur de l'Université de Sherbrooke,
à l'occasion d'un multi-contacts du midi de la
Chambre de commerce et d'industrie de la Rive-Sud

14 novembre 2001

Monsieur le Président du Conseil d'administration,
Madame la Présidente de la Chambre,
Monsieur le Président du Conseil régional,
Monsieur le Maire de Longueuil,
Monsieur le Recteur de l'Université du Québec à Montréal,
Distingués invitées et invités,
Membres de la Chambre,
Membres de la presse,
Chers collègues,
Mesdames, Messieurs,

Je remercie la direction de la Chambre pour cette invitation à m'adresser à vous dans ce contexte historique où Longueuil a la chance de se repositionner et de se réinventer comme ville centre de la Rive-Sud et de la Montérégie, mais aussi comme l'un des trois piliers de la région métropolitaine.

Je vous propose de profiter de cette première rencontre pour faire le point avec vous sur le déploiement des activités universitaires à Longueuil et en Montérégie, dont le succès phénoménal est en grande partie redevable à la collaboration étroite avec les acteurs socio-économiques de la communauté longueuilloise et montérégienne. Je dresserai donc un bilan sommaire de notre activité dans cette région au cours de la dernière décennie, puis j'esquisserai des perspectives de développement que nous pourrions oser ensemble au cours des prochaines années, qui seront particulièrement déterminantes pour l'avenir de Longueuil comme pour celui de l'Université de Sherbrooke. J'aimerais également vous entretenir des enjeux qui s'imposent aux universités en général et à l'Université de Sherbrooke en particulier sur la Rive-Sud, en Montérégie et en région métropolitaine, ainsi que des défis auxquels, à mon sens, devra faire face la nouvelle grande ville de Longueuil.

Je voudrais d'abord féliciter la Chambre de commerce et d'industrie de la Rive-Sud et ses dirigeantes et dirigeants pour leurs interventions en faveur du développement socio-économique. Je salue le dynamisme et la pertinence des actions que vous avez menées. Si l'Université de Sherbrooke est au service de Longueuil aujourd'hui, c'est grâce à vous qui avez su animer le milieu pour qu'émerge un centre de services universitaires. Vous avez, par la suite, favorisé la création d'un club de haute technologie, maintenant appelé ValoTech. Enfin, vous véhiculez régulièrement des préoccupations de formation continue favorisant l'adaptation de la main-d'œuvre et la réponse aux besoins des ressources humaines de vos membres. Je vous encourage à poursuivre ce rôle, qui est essentiel, dans la tradition de l'intérêt public dont vous vous êtes toujours soucié.

De plus, permettez-moi de transmettre mes meilleurs vœux de succès aux dirigeantes et dirigeants fraîchement élus de la nouvelle grande ville de Longueuil. Malgré des réticences à la fusion, compréhensibles et toujours présentes sur votre territoire comme ailleurs au Québec, je suis sûr que vous pourrez relever ce défi historique que je soulèverai plus loin dans mon exposé.

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L'interaction de l'université avec son milieu est au cœur des diverses forces qui agissent sur l'enseignement supérieur dans le monde et au pays et remettent en question la façon traditionnelle dont les universités s'acquittent de leur mission. La mondialisation des échanges et des problématiques, la globalisation des marchés, la croissance exponentielle des savoirs, l'accélération du développement des nouvelles technologies de l'information et les exigences de la société en faveur d'une formation pratique et continue, voilà autant d'enjeux qui modifient les défis auxquels la société et ses universités se voient désormais confrontées.

Par ailleurs, ce sont les entreprises faisant appel à des technologies de pointe qui sont susceptibles de créer, dans l'avenir, le plus grand nombre d'emplois durables et de haute qualité. Le monde actuel évolue très rapidement vers une économie fondée sur le savoir, sur la qualification de la main-d'œuvre, sur l'accès aux expertises de toute sorte, sur les retombées de la recherche et sur le développement de cette nouvelle économie. Dans ce contexte, les universités québécoises doivent atteindre les meilleurs niveaux de qualité au monde, spécialement en formation initiale et en recherche.

Mais il leur faut aussi répondre maintenant à une demande accrue de développement et d'accessibilité à la formation continue ici, à l'étranger et à distance. Le besoin d'approfondir et de rafraîchir les connaissances est devenu en effet plus structurel. Il s'agit d'une condition de succès dans la nouvelle économie. D'une part, les entreprises qui veulent demeurer compétitives doivent se donner une culture de la formation continue, anticiper les besoins de formation de leur main-d'œuvre, y consacrer les ressources nécessaires et inscrire cette nouvelle dynamique au cœur de leur fonctionnement. D'autre part, les universités doivent satisfaire les besoins des entreprises et des organisations les plus diverses en adaptant leurs contenus et leurs façons d'enseigner aux exigences d'un marché sans cesse en évolution, où les décisions en formation continue relèvent autant de décisions d'entreprises que d'initiatives personnelles.

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Pour l'Université de Sherbrooke, il est fondamental de se coller à la réalité. Dans notre monde en mutation, nous sommes reconnus pour être particulièrement à l'écoute des besoins et surtout, pour savoir réagir rapidement aux enjeux changeants de notre société. C'est dans ce contexte que l'Université de Sherbrooke a choisi sa vocation : 

Mériter une renommée de premier ordre parmi les meilleures universités au monde, pour sa recherche et son enseignement de premier calibre. Caractérisée par le dynamisme, l'innovation, l'application pratique et le caractère humain, l'Université de Sherbrooke vise à être le premier choix des étudiantes et des étudiants, et à attirer les meilleures ressources humaines.

Cet objectif audacieux est-il à notre portée? Très certainement. Seule université au Québec à ne pas être endettée, l'Université de Sherbrooke peut injecter tout le réinvestissement fait par le gouvernement du Québec pour consolider et développer ses domaines d'excellence. Déjà, plusieurs réalisations de premier calibre servent d'assises à notre ambition.

Par exemple, en valorisation commerciale des résultats de la recherche, l'Université de Sherbrooke détient le meilleur rendement canadien et bientôt le meilleur au monde en ce qui concerne les redevances sur ses propriétés intellectuelles. À titre d'illustration, le Massachusetts Institute of Technology, avec des subventions de recherche de l'ordre de 700 millions de dollars, génère 9 millions en redevances, tandis que nous en générons 15 millions, avec un budget de recherche de seulement 50 millions!

Une étude rendue publique en septembre dernier a montré que l'impact économique des activités de recherche et développement de l'Université de Sherbrooke est évalué à 380 millions de dollars entre 1971 et 1999. Ces dépenses ont permis la création de 7000 emplois au Canada dont 6000 au Québec.

Par ailleurs, nous signons plus de 250 contrats par année en collaboration avec l'entreprise privée, soit un contrat par jour ouvrable! Nous venons aussi de nous associer avec l'Université McGill, l'Université Bishop's et nos centres hospitaliers affiliés pour créer une société en commandite qui fournira le capital de très haut risque spécifiquement dédié au démarrage d'entreprises issues de la recherche de nos institutions.

En matière linguistique, le gouvernement du Québec a choisi l'Université de Sherbrooke comme référence nationale pour le français d'Amérique, notamment en vue de sa codification informatique.

Dans le domaine sportif, les gouvernements québécois et canadien ont retenu l'Université de Sherbrooke comme l'un des deux centres nationaux d'excellence en athlétisme, avec l'Université d'Alberta.

Quant à elle, l'industrie des télécommunications a consacré l'Université de Sherbrooke comme référence mondiale en matière de compression de la parole pour la téléphonie mobile et Internet.

Sur le plan économique, la Faculté d'administration de l'Université de Sherbrooke est reconnue comme l'une des trois meilleures écoles de finance au monde par l' " Association for Investment Management and Research " qui contrôle l'attribution du prestigieux titre de CFA (" Chartered Financial Analyst "). En conséquence, c'est vers l'Université de Sherbrooke que l'on s'est tourné pour établir la référence nationale en matière de performance en bourse des entreprises québécoises en lançant, il y a quelques jours, les Indices Québec qui succèdent au défunt indice XXM de la Bourse de Montréal.

La semaine dernière, l'Organisation mondiale de la santé a annoncé qu'elle a choisi la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke comme centre collaborateur dans le domaine de la formation en santé. C'est la seule faculté de médecine au pays, la seule au monde francophone et l'une des 15 au monde sur environ 1700, à recevoir cette reconnaissance exceptionnelle.

En un mot, l'Université de Sherbrooke fait déjà partie de l'élite mondiale des universités. La préoccupation centrale de mon mandat consistera à saisir la conjoncture actuelle pour donner à l'Université de Sherbrooke une impulsion vers de nouveaux sommets. Dans cette foulée, je suis déterminé à appuyer le développement de la formation continue, de la recherche et du transfert technologique à Longueuil et en Montérégie, pour répondre sur mesure aux nouveaux besoins manifestés par les communautés montérégienne et métropolitaine au cœur desquelles Longueuil devient un acteur de premier plan. D'ailleurs, dès mon arrivée en poste, j'ai fait du développement à Longueuil le premier sujet de travail avec l'ensemble des dirigeants des neuf facultés, et leur volonté unanime est en accord avec celle de la direction de l'Université : Longueuil peut compter sur nous dans toutes les disciplines universitaires.

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L'établissement de l'Université de Sherbrooke à Longueuil en 1989 n'est pas le fruit du hasard. En réponse aux invitations adressées par le milieu, l'Université a voulu réagir positivement aux défis dans un territoire où elle était déjà active depuis le début des années 60.
Durant son mandat dans les années 80, M. Roger Desjean, alors président de la Chambre, a demandé expressément à l'Université de donner de la formation en gestion sur la Rive-Sud. Dès 1989, la Faculté d'administration créait le programme MBA pour cadres en exercice et décidait de l'offrir à Longueuil. C'était une première qui se réalisait ici, puisque qu'aucune autre université francophone n'offrait un tel programme.

En octobre 1989, une délégation du Conseil régional de développement de la Montérégie (à ce moment-là la SMD) rencontrait le recteur Cabana afin que l'Université ouvre un centre de service à Longueuil pour desservir l'ensemble de la Montérégie. Douze ans plus tard, on constate que l'Université de Sherbrooke a connu un développement fulgurant en Montérégie, surtout en formation continue qui est l'une de ses lignes de force.

En 2001, l'Université de Sherbrooke en Montérégie compte plus de 8 000 inscriptions à des activités de formation, de recherche et de supervision de stages dans plus de 70 programmes de formation, particulièrement de deuxième cycle, dont plusieurs sont des exclusivités montérégiennes offertes surtout à Longueuil. À noter qu'aucune de ces formations ne dédoublait au départ celles offertes ailleurs à Montréal, parce qu'elles étaient soit originales, soit complémentaires.

Parallèlement, la Faculté de médecine s'est associée à l'Hôpital Charles LeMoyne pour en faire un centre hospitalier universitaire affilié. Ce centre célèbre cette année son 10e anniversaire de partenariat. Vingt-trois professeures et professeurs réguliers y oeuvrent dans les différents domaines de la médecine et des sciences infirmières. Plus de 50 étudiants et étudiantes fréquentent l'Hôpital Charles LeMoyne chaque mois. Un nouveau centre de recherche est en voie de développement avec des thématiques en santé au travail, en réadaptation et en santé des populations. Ce centre est appelé à jouer un rôle de plus en plus grand pour le développement des programmes en médecine, en sciences infirmières et en recherche de la Faculté de médecine. Grâce à son affiliation universitaire, il contribuera encore davantage au cours des prochaines années au développement social et économique de la région en y augmentant la qualité et l'accessibilité des soins de santé.

L'Université de Sherbrooke, c'est aussi des activités de recherche animées avec les entreprises et les organismes d'ici. En 12 ans, par exemple, 75 contrats de recherche totalisant 3,5 millions de dollars ont été signés avec des entreprises situées dans 30 municipalités différentes de la Montérégie. Nous sommes aussi engagés dans des projets de recherche communs avec les autres universités de la métropole pour un autre 3,5 millions de dollars.

Mais avant tout, l'Université de Sherbrooke est un réseau de ressources humaines disséminées dans l'ensemble de la région : 300 employés et employées, collaborateurs et collaboratrices, 750 personnes superviseures de stages dans les entreprises ou organisations de la région, 17 000 diplômées et diplômés répartis dans tous les champs de l'activité humaine. Votre médecin, votre avocat ou votre comptable sont peut-être l'une ou l'un de nos diplômés. Vos parents aussi sont susceptibles d'être parmi les quelque 2 500 personnes inscrites aux activités de l'Université du troisième âge offertes dans 20 villes de la région. Peu de gens réalisent l'importance de notre présence dans votre région, mais à Longueuil, où se concentre maintenant la moitié de nos activités, on parle de plus en plus de la tour de l'Éducation quand on regarde le Complexe St-Charles à proximité du métro. Pour les années 2000, l'Université de Sherbrooke a fait le choix d'un nouveau slogan : " Déjà, plus loin ". Le bilan de ces réussites à Longueuil et en Montérégie au cours d'une première décennie illustre bien ce choix.

Mais, à la veille du deuxième sommet socio-économique de la Montérégie, une question restait sans réponse en 1995. Était-il possible de créer une université vraiment montérégienne?

Pour l'Université de Sherbrooke, l'université nouvelle est une université éclatée géographiquement, qui met davantage l'accent sur les activités que sur les immeubles; une université en réseau, qui fait appel à la collaboration de tous les partenaires, collèges, centres de recherche, autres universités et entreprises privées, pour couvrir l'ensemble du territoire et répondre aux besoins là où ils s'expriment. L'université nouvelle est en fait un regroupement des forces universitaires; une université innovatrice qui, grâce à des stratégies pédagogiques adaptées, s'inscrit d'emblée dans une culture de formation continue au service de la population et des organisations. Cette université nouvelle comblera l'ensemble des besoins (enseignement, recherche, service à la collectivité) en mettant à contribution des ressources universitaires présentes en Montérégie, dans les entreprises et dans les autres institutions d'enseignement supérieur, notamment les cégeps.

Dès 1996, le recteur Reid annonçait que l'Université de Sherbrooke était prête à assumer le leadership de cette coordination et la mise en place de la complémentarité entre les établissements. Depuis, l'UQAM et l'Université de Sherbrooke ont convenu d'un protocole de partenariat pour offrir en Montérégie ce qu'elles ont de mieux. Pour nous, l'UQAM est un partenaire privilégié et exemplaire. De surcroît, une trentaine d'autres institutions ou organismes utilisent régulièrement nos installations pour offrir des activités de formation continue. Mentionnons entre autres, l'UQTR, l'Université McGill, l'Université Laval, l'Université de Montréal, la Chambre des notaires, Pratt et Whitney et la Régie régionale de la santé et des services sociaux de la Montérégie.

Par ailleurs, à l'automne 2002, l'Université de Sherbrooke offrira un programme intégré de 5 ans collèges-Université visant à former des infirmières et infirmiers en partenariat avec, entre autres, les six cégeps de la Montérégie. Le dernier-né de cette nouvelle façon de concevoir l'organisation des programmes est le diplôme de deuxième cycle en technologies de l'information. Mis en place le mois dernier, ce programme vise à combler le besoin criant de gestionnaires de projets informatiques. Il a été rendu possible grâce à la collaboration de Bombardier, de SAP Canada et des professionnelles et professionnels en exercice dans plusieurs entreprises du secteur de l'informatique qui interviennent comme chargées ou chargés de cours.

Enfin, avec l'UQAM et ValoTech, nous avons trouvé la forme que prendrait cette université nouvelle, typiquement montérégienne. Il s'agit du Pôle universitaire de la Montérégie, un modèle unique au pays. Inspiré d'expériences semblables en France, aux États-Unis et au Canada, et avec l'accord du ministère de l'Éducation, cet organisme sans but lucratif verra sous peu et par étapes à évaluer les nouveaux besoins de formation, à orienter les demandes vers les ressources concernées, à dispenser des services communs aux étudiantes et étudiants des différentes institutions et à coordonner l'intervention complémentaire des établissements d'enseignement supérieur intervenant en Montérégie. La direction de cette nouvelle structure se compose majoritairement de dirigeantes et dirigeants d'entreprises et d'organismes de la Montérégie. À cet égard, je remercie ceux et celles qui ont accepté d'exercer cette responsabilité sous la présidence de M. Michel Gariépy, président du conseil d'administration, et de M. Jean-Louis Martel, président et directeur général. Je vous invite d'ailleurs à prendre contact avec ces personnes pour leur soumettre toute suggestion ou besoin afin que le Pôle universitaire de la Montérégie se construise sur mesure selon vos attentes.

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J'aimerais maintenant aborder certains défis de la ville nouvelle. À la fin du mois dernier, la Fédération canadienne des municipalités a sollicité les autorités gouvernementales en vue de faire modifier le cadre légal qui régit les gouvernements locaux pour qu'ils puissent être plus autonomes dans leur volonté d'auto-développement, à l'image des municipalités des États-Unis qui sont maintenant leurs concurrentes immédiates dans le contexte nord-américain. Cet exemple montre jusqu'à quel point le rôle et la place des municipalités se modifient rapidement. Autant les problématiques se mondialisent, autant par ailleurs d'autres problématiques se gèrent mieux aux niveaux régional et local, constatait Alvin Toffler dans La troisième vague en 1980. Plusieurs observatrices et observateurs avertis de la scène publique considèrent maintenant que l'avenir appartient aux municipalités puisqu'on retrouvera à ce niveau la marge de manœuvre la plus importante.

Les élus, élues et les professionnels et professionnelles de la nouvelle ville de Longueuil se retrouveront sous peu confrontés à ces nouvelles réalités. Que de travail en perspective mais aussi quels défis stimulants! À première vue, j'en vois trois principalement. Je voudrais les partager avec vous.

Le premier défi, me semble-t-il, sera de créer une nouvelle identité longueuilloise. Intégrer et harmoniser les services de huit municipalités existantes, bien sûr, mais aussi et surtout définir de nouveaux scénarios de développement d'ensemble qui canaliseront les énergies de tous et de toutes vers un nouveau leadership régional.

Il m'apparaît que le deuxième défi consistera à raffermir le rôle de Longueuil comme la capitale administrative de la Montérégie. Le nouveau territoire de Longueuil regroupe la quasi-totalité des structures et organismes qui prennent des décisions concernant les secteurs d'activités d'une zone où se concentrent 75 % de la croissance démographique du Québec.

Enfin, la nouvelle ville de Longueuil sera intégrée à la Communauté métropolitaine de Montréal et à cet égard, elle sera partenaire des villes fusionnées de Montréal et de Laval dans la conduite des dossiers métropolitains. Prochainement, la nouvelle ville de Longueuil sera appelée à apporter sa contribution originale à la région métropolitaine tout en développant son caractère distinctif.

Par ailleurs, cette Chambre de commerce et d'industrie a déposé il y a quelques semaines les éléments de sa vision du développement économique de la Rive-Sud. Elle aborde les mêmes préoccupations que je viens d'évoquer, mais sous d'autres angles et de façon plus détaillée. Je suis heureux de constater que le secteur de l'enseignement supérieur et de la recherche soit interpellé dans trois des cinq axes de développement, et de voir identifier ce secteur comme l'un des six secteurs stratégiques retenus.

Dans la conduite des travaux et des prises de décisions dont vous aurez la responsabilité, soyez assuré, Monsieur le Maire, que la collaboration de l'Université de Sherbrooke vous est acquise. Et je suis certain qu'il en est de même pour tous nos partenaires. Vous pouvez compter sur notre appui ainsi que sur celui des experts au sein d'organismes et d'entreprises de la région, c'est-à-dire le réseau des ressources que l'on retrouvera au sein du Pôle universitaire de la Montérégie. Vous pouvez compter plus précisément sur l'Université de Sherbrooke pour réaliser la mission que vous vous êtes donnée. Les ressources de notre Centre d'excellence en gestion du développement local, de notre société conjointe de valorisation de la recherche avec les universités McGill et Bishop's ainsi que nos hôpitaux affiliés, de même que notre réseau d'experts déjà actif tous les jours dans le milieu peuvent vous soutenir dans vos travaux d'analyse et d'élaboration de scénarios de développement.

Plusieurs villes européennes, étasuniennes et canadiennes ont eu à faire face à des problématiques complexes de développement. Plusieurs ont dû adopter des stratégies de solutions imaginatives. La ville d'Atlanta, par exemple, a mis en place une approche originale impliquant la chambre de commerce, son organisme de développement économique et l'université, pour trouver et implanter des solutions dans des domaines aussi variés que la gestion de l'eau, les conflits raciaux et l'organisation des Jeux Olympiques.

En 1987, lors du premier sommet socio-économique de la Montérégie, M. Michel Timperio, membre du Comité exécutif de Longueuil, déposait conjointement avec ses collègues de Brossard, de St-Hubert et de la Chambre de commerce de la Rive-Sud, un projet de centre de ressources universitaires. C'était un premier projet régional émanant de la ville de Longueuil. Ensemble, nous avons su relever ce défi pour développer l'accès pour la population à une éducation de qualité, tellement capitale aux entreprises dans la nouvelle économie. À nous tous maintenant d'imaginer la suite en osant toujours plus loin. Ensemble, exerçons un leadership novateur pour une région d'avenir!