Publication de Pre April Martinig dans BMC Biology
Publications scientifiques : identifier les contributions en toute équité
Photo : Fournie
Sans collaborations et travail d’équipe, bien peu d’avancées et de découvertes franchiraient les portes des laboratoires de recherche. Ainsi, lorsque paraissent des publications scientifiques, les résultats présentés sont pour la plupart attribuables à plusieurs personnes. Qu’elles aient collaboré à une partie du projet ou en sa totalité, de l’idéation en passant par la collecte de données, la recherche ou la rédaction du manuscrit, toutes veulent être reconnues à leur juste valeur.
Dans ce cas, comment classer et hiérarchiser les listes d’autrices et d’auteurs tout en demeurant tout à fait équitable? Pre April Martinig et son équipe en ont fait leur quête. Leur approche originale pour y arriver a fait l’objet d’une publication dans la revue scientifique spécialisée BMC Biology.
Dès que l'on travaille en équipes composées de deux personnes et plus, il peut y avoir des frictions concernant la paternité d’un article. Plus les équipes grandissent, plus il est compliqué de définir l’ordre de contribution à une publication.
April Martinig, professeure au Département de biologie
Afin d’éviter cette difficulté qui peut engendrer des mésententes, certaines équipes de recherche se rabattent alors sur l’ordre alphabétique. Cependant, cette façon de procéder ne reflète pas la contribution réelle de chaque personne. C’est pourquoi Pre Martinig a eu l’idée de calculer l’apport de chaque membre du groupe grâce aux « Points de dragon tué » (Dragon Kill Points), un concept tiré des jeux vidéo multijoueurs en ligne qui permet de mesurer la participation de chaque personne tout au long du processus de publication.
Photo : Julia de Jong
Ces « Points de dragon tué » reposent sur cinq principes bien établis : répartition des tâches (granularité), responsabilité, équité, autonomie et transparence. Grâce à des critères clairs, énoncés dans un gabarit, cette méthode vise à inclure l’ensemble des contributions et à reconnaître le travail accompli par chaque membre de l’équipe. On s’assure ainsi d’éliminer les facteurs qui viennent créer des iniquités : influence du leader, décisions en silos, changements dans les rôles en cours de route…
Ce cadre peut être appliqué à une multitude de projets menés dans un milieu universitaire et pas uniquement pour les publications scientifiques. J’ai certains collègues qui ont même testé le système dans le cadre de cours ou d’évaluations. Il s’adapte également à plusieurs réalités : des collègues évoluant dans différents pays ont testé le concept avec succès, notamment en Australie, au Japon et en Chine.
Pre April Martinig
En faisant appel aux « Points de dragon tué », les équipes bénéficieront d’une nouvelle approche pour faciliter les conversations autour des contributions, promouvoir l’inclusion des différents membres et leur donner le crédit selon leur apport réel pour combattre le dragon... ou pour en arriver à une publication scientifique rigoureuse!
Références :
- Martinig, A.R., Burk, S.L.P., Drobniak, S.M. et al. Dragon Kill Points: applying a transparent working template to relieve authorship stress. BMC Biol24, 48 (2026). https://doi.org/10.1186/s12915-026-02521-x