Des ruches sur le Campus principal

Le projet Ruche Campus est une initiative étudiante qui vise à implanter l'apiculture sur le Campus principal de l'Université Sherbrooke. Piloté par un groupe d'étudiantes et d'étudiants, il en est à sa 2e année d'existence.

Au cours de la saison apicole 2015, le groupe Ruche Campus a procédé à un projet-pilote consistant en la location d'une ruche. Un apiculteur expérimenté, Yoann Bonnefon, a agi comme mentor auprès des étudiantes et étudiants. En plus de leur fournir une formation de base, il les a guidé pour l'ensemble de l'opération ayant trait à l'entretien de la ruche, à la récolte du miel et à la préparation pour l'hibernation.

À la suite de cette première année sans problème, qui a permis une récolte de 30 kg de miel, Ruche Campus poursuit son développement. Toujours en lien avec Yoann Bonnefon, le groupe a fait l'acquisition de deux ruches en 2016. 

Objectifs du projet

Piloté par une quinzaine d'étudiantes et d'étudiants au baccalauréat en écologie, le projet Ruche Campus a comme objectif de promouvoir l'apiculture en milieu urbain auprès de la communauté étudiante, dans le but de faire connaître et de développer le savoir-faire pratique. Il vise aussi à :

  • Sensibiliser la communauté universitaire et le public aux enjeux de la présence de pollinisateurs en milieu urbain.
  • Contribuer à la biodiversité des insectes pollinisateurs et des plantes mellifères.
  • Développer le réseau associatif étudiant et la recherche en développement durable.

Recherche et sensibilisation

Dans le but de développer ce volet recherche, Ruche campus s'est doté d'un comité recherche en septembre 2015. Ce comité a pour objectif de mieux comprendre l'environnement de la ruche, notamment en ce qui a trait à la présence de plantes mellifères et d'autres insectes pollinisateurs. Le comité souhaite atteindre cet objectif grâce à la réalisation de recherches et de projets par des étudiantes et étudiants, autant dans un cadre parascolaire que dans un cadre d'études. Ainsi, en plus des recherches parascolaires que poursuivront les membres de Ruche Campus, d'autres travaux seront menés dans des cours pratiques en écologie et en géomatique, grâce à la collaboration de quelques professeurs-chercheurs de l'Université de Sherbrooke. Estimant que la meilleure manière d'intégrer un projet à long terme sur le campus est de lui donner une valeur académique, les membres de Ruche campus sont très heureux de cette nouvelle collaboration qui permettra d'évaluer le potentiel mellifère du campus et de l'environnement des ruches ainsi que les effets d'une potentielle compétition pour le pollen entre les abeilles d'élevage et les insectes pollinisateurs indigènes.

La présence de ruches sur le campus est un bon départ, mais leur seule présence n'est pas suffisante pour sensibiliser la population à la situation précaire des abeilles. Dans un souci de sensibilisation efficace, les membres de Ruche Campus ont créé un comité qui se consacre à la préparation d'activités de sensibilisation. Ce comité se concentre surtout sur la création d'activités éducatives qui s'adressent à des écoles primaires. Les enfants ont soif d'expériences nouvelles et ils apprennent très vite. La déconstruction de certains mythes lors de séances avec eux les outille pour mieux comprendre la complexité des insectes et leur importance pour dans nos écosystèmes.

Pourquoi des abeilles sur le Campus?

Deux grandes raisons motivent la présence de ruches à l'UdeS : le souci d'accroître la biodiversité sur les campus et l'importance de l'apiculture urbaine dans un contexte de grande décroissance des populations d'abeilles.

Le rôle des insectes pollinisateurs dans la biodiversité n'est plus à démontrer. En butinant, les abeilles permettent aux plantes à fleurs de se reproduire. L'environnement naturel dans lequel se situe le campus, conjugué aux plantations successives de plantes à fleurs effectuées au cours des dernières années, notamment la pommeraie, le jardin du Cœur-campus et celui situé face à l'Atrium du Pavillon des sciences de la vie, constituent un environnement idéal pour des abeilles. De plus, le fait qu'aucun engrais de synthèse ou pesticide n'est utilisé sur le Campus principal permettra aux abeilles de butiner dans un milieu sain.

Depuis plusieurs années, les populations d'abeilles connaissent un important et ce, partout dans le monde. Une étude de l'organisme beeinformed.org évalue à plus de 28 % les pertes durant l'hiver 2015-2016 aux États-Unis. Les  principales  causes  de  ce  phénomène  de  déclin  sont  les  effets  néfastes  des  pesticides, les changements environnementaux, la présence de parasites  indésirables comme la varroa, en plus de  la présence d'espèces invasives comme le frelon asiatique. L'apiculture urbaine vise à freiner ce déclin en offrant aux abeilles un milieu de vie sans pesticides.

Où sont situées les ruches?

Afin de minimiser les contacts involontaires des membres de la communauté universitaire et de la population en général avec les habitants des ruches, celles-ci sont installées en périphérie du Campus, près d'un boisé situé derrière le stage extérieur. Les abeilles butinant dans un périmètre d'environ 2 km, elles trouveront dans leur environnement de quoi assouvir leur besoin en nectar. 

Risques de piqûres

Avec les abeilles, les risques de piqûre sont faibles, car les abeilles n'ont pas du tout tendance à piquer. Elles ne piquent que lorsqu'elles sont coincées ou lorsqu'elles croient leur ruche en grand danger. De plus, les abeilles ne peuvent piquer qu'une seule fois dans leur vie. Elles meurent dans les minutes qui suivent la piqûre. Loin de leur ruche, les abeilles ne circulent pas en groupe. Elles butinent chacune dans leur espace.

Quelques règles de sécurité toutes simples suffisent pour ne pas être importuné par les abeilles :

  • Ne pas s'approcher de leur ruche
  • Ne pas toucher à l'équipement d'apiculture
  • Ne pas effectuer de mouvement brusque en leur présence
  • Ne pas tenter de tuer une abeille

Si, par malheur, une abeille se coince dans vos cheveux ou dans un repli de vos vêtements, vous n'avez qu'à la libérer doucement de sa prison momentanée.

En cas d'urgence, contactez le Service de sécurité au 819 821-7699.

Les abeilles ne sont pas des guêpes

Il faut savoir que les abeilles se différencient des guêpes. La guêpe, elle, peut piquer plusieurs fois dans sa vie. Elle présente aussi un plus haut niveau d'agressivité lors de sa recherche de nourriture, dans sa diète partiellement carnivore. On retrouve parfois les guêpes autour des poubelles ou sur notre nourriture. Pas les abeilles qui, elles, butinent simplement les fleurs à la recherche de pollen et de nectar.

Le fonctionnement d'une ruche

Le fonctionnement d'une ruche est assez particulier. Sa population compte trois castes, soit la reine, les ouvrières et les faux bourdons. L'unique reine est la mère de l'ensemble de la colonie. Elle donne naissance à toutes les larves de la ruche.

La ruche est entretenue exclusivement par les ouvrières. Ces abeilles plus que travaillantes s'occupent de toutes les tâches reliées au maintien de la colonie. Elles se consacrent entre autres au nettoyage, à l'alimentation des larves et des adultes, à la ventilation, aux soins de la reine, au ramassage de nectar et de pollen, au butinage, etc.

Les faux-bourdons (à ne pas confondre avec les bourdons) sont les mâles du groupe. Ils servent principalement lors du vol nuptial, c'est-à-dire lors des quelques sorties de la reine hors de la ruche (1 à 3 fois sur une période de 2 jours). C'est à ce moment que les mâles fécondent la reine, ce qui permettra la création de milliers d'abeilles, qui formeront, petit à petit, une colonie entière.

Tout au long de la saison, les abeilles travaillent hardiment pour construire une ruche forte et résistante. Elles commencent par confectionner un couvain, endroit où les larves se rendent à maturité, puis poursuivent par la fabrication de miel, leur nourriture pour l'année. Les abeilles produisent aussi de la cire et de la propolis, leur médicament contre les maladies et infections. 

Une autre particularité propre aux colonies d'abeilles est l'essaimage. Ceci est leur moyen de dispersion. Ce phénomène se caractérise par le départ de la reine et d'une partie des ouvrières lorsque la ruche devient trop étroite pour l'ensemble des abeilles. Ainsi une nouvelle colonie sera formée et le cycle recommencera. En apiculture urbaine, l'essaimage est contrôlé pour éviter que la nouvelle ruche créée disparaisse et devienne introuvable ou que l'endroit choisit par les abeilles pour établir leur maison soit située à un endroit qui ne convient pas. Ainsi, le risque de dispersion incontrôlé des abeilles est très mince.