Acfas 2021

Les défis de gestion de la faune à l’ère de l’Anthropocène

Photo : Michel Caron

Les activités humaines entraînent la mise en péril d’une vaste gamme d’espèces animales, ce qui génère un impact non négligeable sur la biodiversité. La dominance de l’humain dans l’environnement est actuellement telle, qu’elle a justifié le recours à la définition d’une nouvelle ère géologique : l’Anthropocène. L’entrée dans cette nouvelle ère impose de nouveaux défis, notamment sur le plan de la gestion de la faune, que nous devons relever collectivement.

Limoilou-Amélie Renaud, chargée de cours au Département de biologie de la Faculté des sciences, et quatre autres personnes postdoctorantes et doctorantes de l’Université de Sherbrooke, sont responsables du colloque intitulé Les défis de gestion de la faune à l’ère de l’Anthropocène, qui sera présenté lors de l’édition 2021 du congrès de l’Acfas.

Ce symposium, entièrement virtuel, vise à rassembler des personnes expertes et non expertes venant d’horizons divers afin de discuter du sort des espèces animales, dans un contexte environnemental dominé par l’humain et ses activités.

Qu’est-ce que l’ère de l’Anthropocène?
L’Anthropocène est une période géologique qui se caractérise par l’impact des activités humaines sur la planète. Ces activités ont de fortes répercussions sur les écosystèmes, les océans et l’atmosphère de la Terre, et les transforment à tous les niveaux.
Note : Ce terme fait l’objet d’opinions divergentes quant à sa chronologie et à sa définition.

Les espèces animales font partie intégrante des écosystèmes. Leur protection est donc essentielle au bon fonctionnement de ces derniers, comme l'indique Limoilou-Amélie Renaud :

Protéger les espèces, tant les plus rares que les plus communes, ça permet de préserver la biodiversité et la stabilité de l’écosystème. Ça peut même leur ajouter encore plus de valeur.

De la nécessité de préserver les écosystèmes

Les écosystèmes ont besoin des animaux, mais les animaux ont aussi besoin des écosystèmes pour vivre. Pour protéger les espèces, menacées ou non, mais aussi l’ensemble de la biodiversité, il est donc nécessaire de préserver les écosystèmes. « Par exemple, le caribou forestier satisfait ses besoins vitaux dans les vieilles forêts matures, donc on en parle énormément quand il est question de cet écosystème, mais beaucoup d’autres espèces, qui ne sont pas nécessairement encore menacées ou protégées, bénéficient de ces forêts, mentionne Limoilou-Amélie Renaud. Chaque espèce représente donc les besoins de plusieurs autres animaux, plantes et insectes qui partagent son écosystème. C’est pourquoi la conservation des écosystèmes est primordiale. »

Puisqu’à l’ère de l’Anthropocène l’humain fait aussi partie intégrante de la nature, un défi supplémentaire consiste à tenir compte des considérations sociales dans l’élaboration des pratiques de gestion de la faune. Comme les êtres humains ont des besoins différents des autres animaux, notamment concernant certaines sphères de la société telles que l’économie, la culture et la politique, il faudra, dans les prochaines années, essayer de tendre vers un équilibre afin que toute personne y trouve son compte.

Les questions du public bienvenues

Pour discuter de ces différents enjeux, ce colloque invite non-experts et gens du public à poser des questions aux experts invités dans une atmosphère inclusive.

Pour les responsables, il était très important de laisser place à la diversité, autant en ce qui concerne le niveau d’expertise que le genre et l’âge des participantes et participants, afin de rendre le tout plus accessible. « On ne voulait pas seulement avoir des chercheurs et des chercheuses en milieu académique, on voulait aussi des gens qui sont sur le terrain, explique Limoilou-Amélie Renaud. Pour nous, c’était bien important d’avoir cette vision un peu en dehors des murs de l’université, de ce qui se passe au niveau de nos espèces animales, et de nous apporter un accès à ce qu’on ne connait pas : l’aspect des retombées que peut avoir la biodiversité. Donc, le but, c’était d’avoir un avis plus large que ce qu’on a l’habitude de voir en recherche. »

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Le colloque Les Défis de gestion de la faune à l'ère de l'anthropocène se tiendra le 3 mai, dans le cadre du congrès annuel de l’Acfas, plus grand rassemblement multidisciplinaire du savoir et de la recherche de la francophonie, qui se déroulera du 3 au 7 mai 2021.