Publication dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS)
Face aux changements climatiques, une adaptation indispensable pour les hirondelles bicolores
Photo : Fournie
L’arrivée des volées d’hirondelles bicolores dans le ciel du Québec est annonciatrice des premières journées du printemps. Dans un contexte de réchauffement climatique, ces oiseaux migrateurs caractéristiques des beaux jours doivent modifier leur comportement afin de résister au déclin de leur population. L’hirondelle, peu importe son lieu de nidification, s’adapte en ajustant sa période de reproduction.
C’est ce qui ressort d’une étude impliquant des chercheuses et chercheurs du Département de biologie de la Faculté des sciences et plusieurs autres contributeurs et contributrices, dont les résultats ont fait l’objet d’une publication dans la prestigieuse revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).
Une pression accrue pour les oiseaux du nord
Les chercheuses et chercheurs ont déterminé que pour chaque degré de réchauffement au thermomètre, les hirondelles devancent leur reproduction d’une journée. Bien que l’étude des changements phénologiques des hirondelles bicolores ait permis cette conclusion, cette adaptation ne semble pas suffire à arrêter la diminution de toutes les populations. En effet, d’autres facteurs sont aussi en cause dans les déclins tel que la transformation du paysage par l’activité humaine.
La vulnérabilité au changement climatique ne dépend pas seulement de la capacité d’une espèce à modifier ses habitudes, mais aussi du moment et du lieu où cette adaptation peut être efficace. Les chercheurs ont analysé 60 sites, représentant 41 138 nids et 817 années-populations de suivi entre 1977 et 2024. Cette longue période d’observation a permis de mettre en évidence des différences importantes. Les hirondelles situées aux plus hautes latitudes, notamment dans la belle province, sont plus vulnérables : exposées à un réchauffement plus rapide et à une saison de reproduction plus courte, elles n'arrivent pas à atteindre des conditions optimales.
Les hirondelles s’arrêtant dans le nord subissent une pression de sélection plus forte pour nicher encore plus tôt et connaissent un déclin de leurs effectifs. Nous voulons maintenant évaluer dans quelle mesure les températures printanières sont devenues plus variables dans le sud du Québec et comprendre comment ces changements influencent le développement des jeunes et le succès de reproduction de l’espèce.
Fanie Pelletier, professeure titulaire au Département de biologie
Les recherches menées soulignent l’importance des suivis à long terme et des collaborations internationales pour comprendre le déclin des oiseaux migrateurs, qui au cours de leur vie, franchissent plusieurs frontières géographiques.
Autrices et auteurs de la publication associés à la Faculté des sciences de l'UdeS (dans l'ordre de la photo) :
Marc Bélisle, professeur titulaire, Département de biologie
Dany Garant, professeur titulaire, Département de biologie
Carolyne Houle, professionnelle de recherche, Département de biologie
Fanie Pelletier, professeure titulaire, Département de biologie
Source :
C.C.Tafft al., Divergent population trajectories despite similar response to temperature in a widespread aerial insectivore, Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A.123 (28) e2601817123,https://doi.org/10.1073/pnas.2601817123 (2026).