Vérité et réconciliation avec les Premiers Peuples

Une œuvre d’art et une nouvelle ère de collaboration à la Faculté d’éducation

Le dévoilement de l'œuvre réalisée par l'artiste visuelle, conteuse et poétesse abénakise Christine Sioui-Wawanoloath (à gauche) a été effectué par la doyenne de la Faculté d'éducation, Pre Anne Lessard, en compagnie de son prédécesseur Serge Striganuk et du Pr Martin Lépine, vice-doyen à la formation et à la culture. M. Striganuk est à l'origine du projet d'acquisition de l'œuvre, qui orne désormais le hall du pavillon A2.
Le dévoilement de l'œuvre réalisée par l'artiste visuelle, conteuse et poétesse abénakise Christine Sioui-Wawanoloath (à gauche) a été effectué par la doyenne de la Faculté d'éducation, Pre Anne Lessard, en compagnie de son prédécesseur Serge Striganuk et du Pr Martin Lépine, vice-doyen à la formation et à la culture. M. Striganuk est à l'origine du projet d'acquisition de l'œuvre, qui orne désormais le hall du pavillon A2.
Photo : Michel Caron, UdeS

Le jeudi 30 septembre 2021, la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke dévoilait une œuvre réalisée par l’artiste visuelle, conteuse et poétesse abénakise-wendat Christine Sioui-Wawanoloath sur le thème de la transmission, en compagnie de personnes représentant la Nation W8banaki et de dignitaires de la Faculté et de l’Université. D’un bleu lumineux et de couleurs vives, l’œuvre intitulée De l’importance de bien apprendre à voler marque l’imaginaire dès le premier coup d’œil. Elle montre des enfants déployant leurs ailes sous le regard attentif d’adultes – une symbolique qui accompagnera désormais toutes les personnes qui traverseront le hall principal de la Faculté d’éducation.

L'Aînée Nicole O'Bomsawin a prononcé une prière appelant à la paix et à l'harmonie entre les peuples, en tenant une plume symbolisant notre désir commun de chasser ce qui nous éloigne les uns des autres.
L'Aînée Nicole O'Bomsawin a prononcé une prière appelant à la paix et à l'harmonie entre les peuples, en tenant une plume symbolisant notre désir commun de chasser ce qui nous éloigne les uns des autres.
Photo : Michel Caron, UdeS

Devant les quelque 150 convives, la doyenne de la Faculté a souligné sa solidarité avec les communautés autochtones à la suite de la découverte de nombreuses dépouilles d’enfants dans les anciens pensionnats fédéraux et en a profité pour donner le ton des futures collaborations avec ces communautés.

La doyenne de la Faculté d'éducation, Pre Anne Lessard, a remercié les partenaires de cette nouvelle ère de collaboration et rappelé que les solutions de fond qui permettront d'entreprendre une véritable guérison avec les Premiers Peuples passeront par la collaboration et l'éducation.
La doyenne de la Faculté d'éducation, Pre Anne Lessard, a remercié les partenaires de cette nouvelle ère de collaboration et rappelé que les solutions de fond qui permettront d'entreprendre une véritable guérison avec les Premiers Peuples passeront par la collaboration et l'éducation.
Photo : Michel Caron, UdeS

« Pour nous, il n’y a aucun doute que les voies de la réparation avec les Premiers Peuples passent par l’éducation, souligne la Pre Anne Lessard. Cela nous confère de grandes responsabilités, notamment dans la formation que nous offrons aux personnes qui travailleront plus tard en milieu scolaire. Mais l’espoir est de mise, car plusieurs chantiers sont en branle pour favoriser notre vivre-ensemble. Je pense au travail des professeures Constance Lavoie, Sabrina Moisan et Jo-Anni Joncas, qui se démarquent par leur sensibilité culturelle et l'ouverture remarquable de leurs recherches. Et je pense aussi au professeur Olivier Dezutter, pour sa collaboration avec les communautés innues de la Côte-Nord et l'institut Tshakapesh, très actif en éducation. Cet enjeu mobilise désormais des acteurs de tous les milieux, mais c’est sans contredit par la collaboration et l’éducation que nous concrétiserons les changements de fond dont nous avons besoin. »

De g. à d. : Les Aînés Guy Sioui Durand et Nicole O'Bomsawin, les Pres Constance Lavoie, Sabrina Moisan et Jo-Anni Joncas, l'artiste Christine Sioui-Wawanoloath, la conseillère pédagogique en éducation autochtone et doctorante en éducation Patricia-Anne Blanchet, et la Pre Lynn Thomas.
De g. à d. : Les Aînés Guy Sioui Durand et Nicole O'Bomsawin, les Pres Constance Lavoie, Sabrina Moisan et Jo-Anni Joncas, l'artiste Christine Sioui-Wawanoloath, la conseillère pédagogique en éducation autochtone et doctorante en éducation Patricia-Anne Blanchet, et la Pre Lynn Thomas.
Photo : Michel Caron, UdeS

Un nouveau cours coréalisé avec les peuples autochtones
Durant le trimestre d’été 2021, un premier groupe de 26 étudiantes et étudiants en enseignement de la Faculté d’éducation a vécu l’expérience d’un tout nouveau cours intitulé Perspectives autochtones en éducation, coréalisé selon une approche innovante. « Les trois modules du cours sont le fruit d’une démarche inédite du comité M8wwa ᒪ ᒧ mamu, qui œuvre à l’intégration de l’histoire et de la culture autochtones dans les programmes de formation en enseignement, explique Patricia-Anne Blanchet, doctorante en éducation et chargée de cours, qui a appuyé la professeure Constance Lavoie dans sa conception. « La création et la réalisation du cours ont mobilisé de nombreuses personnes issues des organisations scolaires autochtones : le Grand Conseil de la Nation W8banaki, l'Institut Kiuna, le Conseil en Éducation des Premières Nations et la Commission Scolaire Kativik. Notre premier groupe a suivi un parcours réflexif guidé d’un genre unique qui les a amenés à se positionner, s’outiller et s’engager face aux réalités autochtones en milieu scolaire. C’est le début d’un processus pérenne dont les bénéfices ne tarderont pas à se matérialiser. »

Les étudiantes et les étudiants du cours Perspectives autochtones en éducation ont impressionné le public par la qualité de leurs démarches et de leur engagement face aux réalités autochtones en milieu scolaire.
Les étudiantes et les étudiants du cours Perspectives autochtones en éducation ont impressionné le public par la qualité de leurs démarches et de leur engagement face aux réalités autochtones en milieu scolaire.
Photo : Michel Caron, UdeS

La première cohorte d'étudiantes et d'étudiants qui a suivi le cours fut ensuite invitée à présenter le fruit de ses démarches et de ses apprentissages dans le cadre d'une exposition dans les couloirs et les aires communes de la Faculté, qui a attiré de nombreuses personnes venues les découvrir.

La cérémonie de dévoilement de l'oeuvre s'est conclue par une prestation du groupe de tambour traditionnel The Flying Sturgeons, d'Odanak.
La cérémonie de dévoilement de l'oeuvre s'est conclue par une prestation du groupe de tambour traditionnel The Flying Sturgeons, d'Odanak.
Photo : Michel Caron, UdeS

Collaboration et recherche pour intégrer l’histoire et la culture autochtones dans les formations à l’enseignement
Depuis quelques années, plusieurs membres de la Faculté s’activent à mieux considérer les savoirs, les perspectives et les réalités autochtones dans la formation à l’enseignement et à la recherche. Par ses activités de sensibilisation et ses actions concrètes, le comité M8wwa ᒪ ᒧ  mamu joue en ce sens un rôle fondamental. « Le comité M8wwa ᒪ ᒧ  mamu est né du désir d’agir ensemble pour enrichir la formation initiale des futures enseignantes et enseignants, poursuit Patricia-Anne Blanchet. Les travaux des professeures Lavoie, Moisan et Joncas sont au cœur de ses démarches, mais plusieurs étudiantes et étudiants au doctorat mènent également d'importantes recherches pour aborder de front les causes mêmes de l’oppression et de la marginalisation dont les Premiers Peuples continuent de souffrir. » 

Un sujet qui s'impose de plus en plus auprès des jeunes chercheuses et chercheurs
Les enjeux qui entourent la réalité autochtone au Québec et au Canada occupent un espace grandissant dans les choix de thématiques de recherche en éducation, particulièrement à l'UdeS. C'est notamment le cas de la doctorante Aude Maltais-Landry, récipiendaire de la prestigieuse bourse d'études supérieures du Canada Vanier, qui travaille à l’inclusion de perspectives autochtones dans les cours d’histoire du Québec et du Canada, et de Patricia-Anne Blanchet (Boursière CRSH-BESC et FRQSC), qui prépare une thèse sur les enjeux relatifs aux femmes autochtones à travers une approche en éducation artistique. D'autres comme Kara Edwards et Marc-Antoine Charrette s'intéressent au potentiel pédagogique de la littérature autochtone au primaire et au collégial, respectivement.

Création d'un poste de conseillère pédagogique en éducation autochtone

La chargée de cours et doctorante en éducation Patricia-Anne Blanchet, qui est également membre du comité M8wwa mamu, occupera le poste récemment créé de conseillère pédagogique en éducation autochtone.
La chargée de cours et doctorante en éducation Patricia-Anne Blanchet, qui est également membre du comité M8wwa mamu, occupera le poste récemment créé de conseillère pédagogique en éducation autochtone.
Photo : Michel Caron, UdeS

En continuité avec ces efforts, la Faculté d’éducation a récemment annoncé l’embauche d’une personne qui jouera un rôle clé dans le développement des actions réalisées avec ses partenaires. Cette autre innovation permettra de pérenniser et de continuer à développer les actions menées de concert avec les partenaires autochtones de la Faculté d'éducation. C’est la doctorante et chargée de cours Patricia-Anne Blanchet qui jouera ce rôle névralgique.