MBA - cheminement en gestion des entreprises

Des parcours d’ailleurs pour nous amener ailleurs

Les premières personnes étudiantes internationales admises au cheminement coopératif en gestion des entreprises et mentorat du MBA ont terminé leur formation en décembre 2020.
Les premières personnes étudiantes internationales admises au cheminement coopératif en gestion des entreprises et mentorat du MBA ont terminé leur formation en décembre 2020.
Photo : Michel Caron - UdeS

Ils se prénomment Magnoudéwa et Jean-Fidèle, et viennent respectivement du Togo et du Cameroun. Elle s’appelle Solenne et est originaire de la Belgique. En décembre dernier, ils ont marqué l’histoire de la maîtrise en administration des affaires (MBA) en devenant, dans le cadre d'un projet pilote, les premiers diplômés internationaux du cheminement en gestion des entreprises avec stage coopératif et mentorat.

Le cheminement en gestion des entreprises de la maîtrise en administration de affaires, qui s’échelonne sur une période intensive de 16 mois, comprend un stage coopératif rémunéré d’une durée de 4 mois. Depuis 2019, dans le cadre d'un projet pilote, quelques personnes internationales peuvent y être admises.

Directeur du programme de MBA, le professeur Yves Trudel souligne le caractère exceptionnel du parcours de cette professionnelle et de ces professionnels en exercice dans leur pays, qui ont choisi de tout quitter pour entreprendre des études supérieures dans un système universitaire nord-américain inédit, duquel ils ne connaissaient absolument rien.

Non seulement c’est bon pour nos candidats internationaux, mais c’est extraordinairement précieux pour nos propres étudiants, d’être confrontés à des façons de faire qui sont différentes. Admettre d’ailleurs permet d’amener ailleurs.

Professeur Yves Trudel, directeur du programme de MBA

Le beau risque de Magnoudéwa

Magnoudéwa Tangou
Magnoudéwa Tangou
Photo : Michel Caron - UdeS

Lorsqu’il termine la présentation finale en classe qui le mènera à l’obtention de son MBA, Magnoudéwa Tangou est alors loin de se douter qu’il obtiendra, tout juste 30 minutes plus tard, un emploi d’analyste à la Corporation de développement de l’entrepreneuriat collectif de Sherbrooke (CDEC).

Il s’agit d’une véritable consécration pour celui qui, porté par de grandes ambitions professionnelles, a quitté le poste qu’il occupait dans la fonction publique togolaise pour tenter de décrocher un diplôme dans une université réputée d’Amérique du Nord.

C’est le plus gros risque que j’ai pris dans ma vie! Mais finalement, il est payant… donc je continuerai à prendre des risques!

Magnoudéwa Tangou

L’adaptation au rythme et à la dynamique universitaire n’a pas été sans embûches pour celui qui quittait l’Afrique pour la toute première fois. À l’instar des étudiantes et étudiants du programme de MBA, il a pu compter sur le soutien d’une mentore issue du milieu des affaires pour l’aiguiller sur le plan des relations interpersonnelles et des réalités du Québec.

Le fait d’être très engagé dans son milieu a aussi favorisé une meilleure intégration pour ce féru d’économie sociale, qui a habité les résidences universitaires pendant ses études. Il y a été responsable de secteur et membre de l’équipe verte, en plus d’être trésorier pour l’association étudiante du MBA et de siéger au conseil d’administration du REMDUS.

S’il n’envisage pas pour le moment de regagner l’Afrique, il espère que son épouse pourra venir le rejoindre à Sherbrooke.

Redonner à l’Afrique, la contribution de Jean-Fidèle

Jean-Fidèle Kaptu Tchutchoua
Jean-Fidèle Kaptu Tchutchoua
Photo : Michel Caron - UdeS

Entrepreneur camerounais ayant fondé un cabinet de conseil en investissement et en promotion des affaires entre l’Afrique et le reste du monde, Jean-Fidèle Kaptu Tchutchoua a beaucoup voyagé avant d’entreprendre son MBA à Sherbrooke.

Il attendait d’ailleurs avec intérêt l’ouverture de cette formation aux candidatures internationales, après avoir rencontré plus tôt le directeur du programme lors d’un déplacement professionnel au Canada. Lorsque le projet pilote a été instauré, le professeur Trudel a pris contact avec le futur étudiant, qui est venu le rencontrer en novembre en vue de son admission… alors que la neige était déjà bien installée à Sherbrooke.

Plus que le climat rigoureux, c’est davantage l’éloignement avec sa famille qui a été le principal défi de Jean-Fidèle ici. En plus de son épouse, ses trois enfants âgés de trois, cinq et huit ans ne l’ont pas vu depuis deux ans :

Quand j'entendais "Là, papa, tu laisses l’école et tu rentres à la maison", c’était difficile.

C'est grâce à l’appui indéfectible de sa famille, avec qui il discutait tous les soirs à la caméra, que l'étudiant a pu mener à bien son projet d’études. Sa relation privilégiée avec son mentor, pratiquement devenu un ami, l’a aussi bien aidé à surmonter les difficultés vécues pendant son parcours au MBA.

Fort du nouveau bagage professionnel et des compétences qu’il a acquises pendant sa formation, Jean-Fidèle envisage maintenant de fonder un cabinet qui pourrait lui permettre de travailler au développement de l’Afrique en se positionnant de ce côté-ci de l’Amérique. Il souhaite vivement que sa famille puisse venir le rejoindre ici.

La mondialisation, l’échange entre les continents, c’est très important pour le rééquilibre économique… l’Afrique peut enseigner des choses ici, et des choses ici peuvent être enseignées là-bas.

Jean-Fidèle Kaptu Tchutchoua

Solenne conjugue passions et compétences au Québec

Solenne Visart De Bocarmé
Solenne Visart De Bocarmé
Photo : Michel Caron - UdeS

Juriste belge de formation ayant évolué pendant une dizaine d’années dans le domaine des relations internationales, Solenne Visart De Bocarmé rêvait de nouveaux défis professionnels et… de grands espaces. Ce fut sans peine qu’elle troqua le béton de Bruxelles pour les montagnes et les rivières caractéristiques de Sherbrooke :

Pouvoir partir en ski après une journée de boulot, c’est assez unique!

Allumée par les défis et les voyages, elle a été d’emblée séduite par le Québec. Les paysages, l’ambiance conviviale, la qualité de vie et l’ouverture des gens ont eu tôt fait de lui plaire. Son engouement l’a même amenée à devenir… propriétaire d’une maison!

Venir étudier ici, en français en plus, c’est une chance rare et incroyable d’ouvrir ses horizons.

Solenne Visart De Bocarmé

Solenne souligne qu’elle a particulièrement apprécié l’approche pratique de la formation, qui s’est avérée complètement différente de ce qu’elle avait connu en Europe, où le cadre d’apprentissage était plus théorique.

Sa passion pour l’escalade a par ailleurs trouvé écho dans le cadre du stage en milieu de travail qu’elle a réalisé pendant son MBA. Son profil unique, alliant connaissances du sport, relations internationales et gestion, lui a permis d’œuvrer pour une PME chargée de construire des murs d’escalade.

Les nouvelles compétences qu’elle a pu acquérir en gestion s’ajouteront à celles qu’elle a pu développer dans son ancienne vie professionnelle, où elle avait à user de sens politique pour négocier des accords de coopération dans des contextes particuliers. C’est avec enthousiasme qu’elle entrevoit sa nouvelle vie professionnelle ici.

Résolument pratique, intégrateur et ancré dans le milieu, le programme de MBA permet assurément de développer des compétences hautement recherchées sur le marché de l’emploi. Pour ces deux étudiants et cette étudiante du programme provenant de l’international, qui ne souhaitent pas repartir pour le moment dans leur pays, nul doute que cette expérience enrichissante annonce des perspectives des plus intéressantes pour l’avenir.