Souffler sur le brouillard d’une pratique préoccupante

Dévoilement de l’enquête sur les habitudes de vapotage chez les jeunes

L'enquête de santé publique s'est tenue dans le cadre d'un stage en santé communautaire de quatre étudiantes au doctorat en médecine, sous la supervision de la Pre Mélissa Généreux.
L'enquête de santé publique s'est tenue dans le cadre d'un stage en santé communautaire de quatre étudiantes au doctorat en médecine, sous la supervision de la Pre Mélissa Généreux.

Photo : UdeS - Martin Blache

Devant la popularité grandissante du vapotage chez les jeunes et des risques que cela pose pour la santé, quatre étudiantes de la Faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l’Université de Sherbrooke, en collaboration avec la Direction de la santé publique de la région de l’Estrie, ont dressé un portrait des pratiques de vapotage chez les jeunes du secondaire du territoire desservi par le CIUSSS de l’Estrie – CHUS.

L’enquête de santé publique s’est tenue dans le cadre d’un stage en santé communautaire, sous la supervision de Mélissa Généreux, professeure-chercheuse à la FMSS et médecin-conseil à la Direction de santé publique de l’Estrie. Au total, 5 675 jeunes de 19 écoles ont répondu aux 35 questions de l'enquête, permettant ainsi aux étudiantes de dresser un portrait des habitudes de vapotage des jeunes de la région. Fait notable, c’est près de la moitié des élèves des écoles participantes qui ont répondu à l’appel lancé par Laura Chénier, Évelyne Dumas, Myriam Guay et Diana Oprea, finissantes au doctorat en médecine de la FMSS.

Dre Mélissa Généreux, professeure à la FMSS et médecin-conseil à la Direction de santé publique de l’Estrie.
Dre Mélissa Généreux, professeure à la FMSS et médecin-conseil à la Direction de santé publique de l’Estrie.
Photo : UdeS - Martin Blache

Les résultats préliminaires de l’enquête sont préoccupants : le phénomène du vapotage gagne en popularité. Selon l’étude, près d’un jeune sur deux a déjà vapoté, et le tiers des élèves le fait régulièrement. La curiosité (79 %) paraît être la principale motivation des élèves du secondaire, et ces derniers semblent banaliser la pratique occasionnelle. La plupart des consommatrices et des consommateurs s’approvisionnent dans les magasins spécialisés, alors que l’âge légal pour s’en procurer est de 18 ans. Selon 65 % des jeunes ayant répondu au questionnaire, il y a peu de risques liés aux habitudes du vapotage occasionnel.

Pour la professeure Mélissa Généreux, les résultats démontrent qu’il est primordial de mieux informer les jeunes sur les risques associés au vapotage et d’offrir un meilleur encadrement de cette pratique.

« La nicotine, même en petite quantité, est nocive, en particulier pour les jeunes. Elle cause une forte dépendance, similaire à l’héroïne. De plus, la nicotine affecte la mémoire, la concentration et peut nuire au développement cérébral. Il a fallu faire la lutte contre le tabagisme chez les jeunes, il faudra maintenant faire la lutte contre le vapotage », conclut la professeure Généreux.