Budget 2019-2020 de l’Université de Sherbrooke

Un équilibre toujours précaire

Photo : Michel Caron - UdeS

L’Université de Sherbrooke adopte un budget 2019-2020 équilibré, mais comportant un effort non réparti de 4,5 M$ et des dépenses de 437,4 M$, en hausse de 1,88 %.

« Grâce à l’excellente collaboration de toutes les facultés et centres ainsi que de tous les services, nous avons atteint notre objectif. Mais c’est un équilibre encore précaire, obtenu au prix d’importants efforts, de beaucoup d’autodiscipline et d’une retenue dans les initiatives de développement, malgré la pertinence de nombreux projets visant à répondre aux besoins de la société », explique la professeure Denyse Rémillard, vice-rectrice à l'administration et au développement durable.

« L’Université de Sherbrooke demeure confrontée à des défis très importants. Par exemple, la nouvelle formule de financement adoptée en 2018 comporte des réductions majeures du financement des études en génie. Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur s’est engagé à trouver une solution durable pour pallier ce manque, mais elle n’est pas encore connue et en attendant, l’aide transitoire spécifique prévue cette année pour le génie sera à la baisse », ajoute la vice-rectrice Rémillard.

Les nouvelles normes d’agrément des programmes de résidences en médecine génèrent pour leur part des frais supplémentaires qui n’ont pas pu être pris en compte dans les calculs du ministère pour établir le financement des programmes de la Faculté de médecine et des sciences de la santé.

Le récent budget du gouvernement du Québec a certes poursuivi le rehaussement du financement universitaire tel que prévu pour 2019-2020, mais les sommes annoncées ne dépassent pas encore l’impact des coupures faites de 2012 à 2016. Un enjeu d’équité interrégionale s’est ajouté à la fin de la dernière année lorsque le gouvernement a accordé un financement spécifique aux universités situées en région sans prévoir de montant pour les deux universités de l’Estrie. Un premier correctif a été annoncé en mars pour atténuer partiellement cette iniquité.

Le budget 2019-2020 de l’Université de Sherbrooke repose sur les hypothèses suivantes :

  • Hausse des revenus de 0,83 %, pour un total de 433 M$
  • Indexation de la subvention de 0,68 %
  • Rehaussement du financement universitaire prévu de 3,5 M$, dont 1 M$ de l’enveloppe dédiée aux universités situées en région
  • Hausse de l’effectif étudiant de 2,2 %
  • Indexation de 3,6 % des droits de scolarité et des frais institutionnels
  • Hausse des dépenses de 1,88 %, pour un total de 437,4 M$
  • Effort non réparti de 4,5 M$

Pôle unique de développement socioéconomique régional

« Le gouvernement compte de plus en plus sur les universités pour accélérer le transfert technologique et la valorisation de la recherche en collaboration avec les structures de développement économique, mentionne pour sa part le recteur, professeur Pierre Cossette. Cela est au cœur de son projet de création de richesse par l’établissement de zones d’innovation. Dans ce domaine, l’Université de Sherbrooke joue un rôle de pôle unique et exemplaire de développement socioéconomique régional. »

« L’Université de Sherbrooke doit obtenir la reconnaissance et le financement qu’elle mérite. Sa gestion rigoureuse des ressources publiques qui lui sont confiées, sa pédagogie et ses programmes novateurs, la richesse des apprentissages expérientiels qu’elle offre, ses activités de recherche toujours croissantes en réponse aux problèmes de la société et ses partenariats avec le milieu représentent autant d’éléments remarquables de sa contribution unique à la société québécoise » rappelle le recteur Cossette.

Vers la carboneutralité 2030

L'Université de Sherbrooke s’engage dans ce budget de façon très concrète en matière de carboneutralité, dont l’horizon est prévu pour 2030 pour ses émissions directes et indirectes liées à l’énergie. Les mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre et les projets d’efficacité énergétique menés au cours des dernières années demeurent ainsi une priorité.

À titre d’exemple, la rénovation de l’École de musique en 2018 a permis l’installation d’un système de géothermie, ce qui en fait un pavillon alimenté exclusivement de sources renouvelables, soit la géothermie et l’hydroélectricité. À cette priorité accordée à la réduction des émissions, s’ajoute la carboneutralité des nouveaux espaces ainsi que de la flotte de véhicules.

L’Université de Sherbrooke entend également recourir à la compensation visant à progressivement rendre des secteurs et des bâtiments carboneutres. Pour 2019-2020, 10 % des émissions de GES feront l’objet de compensation. Entérinée par le comité énergie et gaz à effet de serre de l’Université de Sherbrooke, cette préoccupation de carboneutralité est en lien avec le plan de développement durable 2018-2020 adopté à l’automne 2018.