Chaires de recherche du Canada

7,2 M$ pour repousser les limites de la recherche à l’UdeS

Neuf Chaires de recherche du Canada présentes dans quatre facultés voient leur financement confirmé pour au moins cinq ans.
Neuf Chaires de recherche du Canada présentes dans quatre facultés voient leur financement confirmé pour au moins cinq ans.
Photo : Archives - UdeS

Imaginer un robot muni de muscles artificiels capable de jouer du piano. Envisager la préservation de la forêt boréale tout en soutenant la foresterie, un secteur crucial pour l’économie de plusieurs régions. Qu'est-ce qui fait que nous sommes justifiés à croire une affirmation, mais pas une autre? Travailler à réduire les impacts climatiques en créant des véhicules électriques plus performants et autonomes. Puis réduire la pollution sonore des grandes villes en rendant les véhicules moins bruyants.

Ce ne sont là que quelques exemples des recherches qui seront menées par des équipes de l’Université de Sherbrooke au cours des 5 prochaines années. Grâce au prestigieux Programme des Chaires de recherche du Canada (CRC), six professeurs de l’UdeS reçoivent respectivement un financement de 500 000 $ sur cinq ans et trois autres 1,4 M$ sur 7 ans, afin de leur permettre de poursuivre leurs travaux de recherche en génie, en médecine, en philosophie et en sciences.

« Une fois de plus, cette annonce vient confirmer les domaines d’excellence qui font la réputation de nos équipes de recherche. À ce jour, l’Université de Sherbrooke compte plus de 75 chaires de recherche, ce qui en fait une des universités les plus actives en recherche au Canada et au cœur d’un des trois pôles majeurs de recherche au Québec, affirme Jacques Beauvais, vice-recteur à la recherche, à l’innovation et à l’entrepreneuriat. Nos chercheurs ont un réel pouvoir d’attraction au plan national et international. »

Les muscles de la révolution robotique

Jean-Sébastien Plante
Jean-Sébastien Plante

Imaginez un robot capable de jouer du piano, danser la valse, ou encore courir un marathon. Une révolution technologique se dessine par la naissance de machines intelligentes capables d’interagir physiquement avec l’homme. Un défi majeur doit encore être relevé, soit celui du développement de technologies d’actionneurs ou de « muscles » de robots pouvant rivaliser ou même surpasser la performance des muscles animaux.

La recherche proposée par le professeur Jean-Sébastien Plante, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les actionneurs à fluides intelligents, permettra la venue à grande échelle de robots légers, puissants et aux mouvements fluides. En offrant des performances supérieures à des coûts compétitifs par rapport aux technologies existantes, les actionneurs à fluides intelligents ont la possibilité de révolutionner la robotique en rendant technologiquement et économiquement viables plusieurs applications robotiques dans les secteurs de l’aéronautique, médical, des transports et domestique.

Des métaux précieux pour l’environnement

Jean-Philippe Bellenger
Jean-Philippe Bellenger

La forêt boréale est l'un des plus grands écosystèmes terrestres intacts de la planète. Elle supporte la foresterie, qui est une activité économique cruciale au Québec et au Canada. D’ici la fin de ce siècle, la forêt boréale va subir de profonds bouleversements en raison des changements climatiques. Les conséquences de ces perturbations sur la végétation vont fortement dépendre de la disponibilité de certains éléments nutritifs essentiels, en particulier de l’azote, dont la disponibilité influe grandement sur la productivité de cet écosystème.

Le professeur Jean-Philippe Bellenger, dont la Chaire de recherche du Canada en biogéochimie boréale a été renouvelée pour un deuxième mandat, veut élucider les mécanismes fondamentaux contrôlant le fonctionnement des écosystèmes pour renforcer notre capacité de gérer nos ressources naturelles ainsi qu’aider à mettre en place des politiques appropriées pour relever le défi du changement climatique global.

L’épistémologie pratique : la philo pour éclairer les débats de société

François Claveau
François Claveau

L'épistémologie, c'est la branche de la philosophie qui se questionne sur la connaissance. Qu'est-ce qui fait qu'une affirmation est vraie ou fausse? Qu'est-ce qui fait que nous sommes justifiés à croire une affirmation, mais pas une autre? Ceci vaut pour des objectifs individuels, mais également pour des objectifs de société beaucoup plus complexes.

Plusieurs organismes publics, mais aussi des groupes d’intérêt, partagent l'aspiration de produire et de transmettre des connaissances sur des sujets socio-économiques. Citoyens et décideurs sont bombardés par les témoignages, souvent contradictoires, de ces différentes organisations. Comment le profane peut-il s'y retrouver? Est-ce que les diverses organisations sont aussi dignes l'une que l'autre de notre confiance? Les recherches de François Claveau, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en épistémologie pratique, ont pour objectifs de mieux comprendre les caractéristiques épistémiques de ces organisations et de fournir des outils pour les évaluer.

Le futur passe par l'électrification des transports

João Pedro Fernandes Trovao
João Pedro Fernandes Trovao

En 2015, au Québec, le transport routier est responsable d’environ 40 % des gaz à effet de serre et de 75 % de la consommation totale de pétrole. Les impacts sur les changements climatiques, la santé publique et la congestion croissante des villes remettent en question l’évolution de ces modes de transport.

Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l’hybridation du stockage d’énergie dans les véhicules électriques à haut rendement, le professeur João Pedro Fernandes Trovao, du Département de génie électrique et génie informatique, développe des systèmes énergétiques et de propulsion à haut rendement afin de rendre les véhicules électriques plus performants et autonomes que ceux qui sont actuellement sur le marché. Ses recherches portent principalement sur l’autonomie, le vieillissement et le temps de recharge des batteries.

L’union des nanomatériaux en fait leur force

Nadi Braidy
Nadi Braidy

Les nanomatériaux sont désormais omniprésents dans notre quotidien, grâce aux propriétés extraordinaires que leur confère leur petite taille. À l’instar de la nature capable d’assembler protéines, enzymes et autres nano-entités pour en faire des organes, Nadi Braidy, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en nanomatériaux multifonctionnels, assemble les différents nanomatériaux pour en exploiter simultanément leurs propriétés.

Les recherches du professeur Braidy visent à mettre au point des méthodes de synthèse de nanomatériaux hybrides déployables à grande échelle. Le professeur développe également des méthodes innovantes de caractérisation de ces nanostructures à l’échelle du nanomètre. Les matériaux conçus par Nadi Braidy seront applicables dans de nombreux domaines : procédés de transformation des gaz toxiques, bioprocédés pour la filtration des eaux usées, en passant par des revêtements durcissants pour les aubes de turbines.

Mettre en lumière les processus biologiques impliqués dans l’évolution et le contrôle de l’expression des gènes

Aida Ouangraoua
Aida Ouangraoua

Imaginez pouvoir identifier des cibles thérapeutiques par l’observation du rôle des facteurs impliqués dans la modification de la structure et des dysfonctionnements dans les gènes. C’est ce que la chaire de recherche en complexité biologique et informatique de la professeure Aida Ouangraoua tentera de faire.

La biologie dite « computationnelle » permet la découverte de processus biologiques hautement perfectionnés, impliqués dans le contrôle de l'expression des gènes et l’architecture des séquences biologiques. La chaire de recherche se concentre sur le développement de modèles et algorithmes qui permettent de comparer et de classer les séquences biologiques. Les résultats de l'équipe de la professeure Ouangraoua contribueront à enrichir notre connaissance des mécanismes qui dirigent l'évolution et la variabilité des espèces et des individus au niveau des gènes et des génomes.

Explorer la diversité des protéines et leurs mécanismes d’action

Xavier Roucou
Xavier Roucou

Les protéines sont les ouvrières de la cellule et sont impliquées dans toutes les fonctions physiologiques; elles sont donc indispensables à la vie et leurs dérégulations entraînent des maladies aussi diverses que les maladies neurodégénératives, le cancer, les maladies cardiovasculaires. Comprendre la diversité des protéines et leurs mécanismes d’action représente donc un objectif important pour la recherche scientifique et médicale. Xavier Roucou, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en protéomique fonctionnelle et découverte de nouvelles protéines, a mis au point des outils pour détecter ces nouvelles protéines et déterminer leurs fonctions. Il utilise une approche interdisciplinaire combinant la protéomique, la biochimie et biologie cellulaire, la bio-informatique et la biologie structurale.

La recherche de Xavier Roucou sur la découverte de nouvelles protéines a ouvert les yeux sur un aspect complètement nouveau de la cellule. Ses résultats permettront de mieux comprendre les mécanismes moléculaires de la cellule en conditions normales et pathologiques et ouvriront de nouvelles perspectives thérapeutiques.

Mieux contrôler le bruit dans l’industrie des transports

Alain Berry
Alain Berry

L’industrie des transports est très compétitive, notamment sur le plan de la production d'aéronefs civils, et d’automobiles; elle est en particulier en demande d’outils avancés pour mieux identifier et contrôler les émissions sonores des véhicules, dans une double perspective d’amélioration du confort pour les passagers et de réduction du bruit environnemental.

La Chaire de recherche du Canada en vibro-acoustique appliquée au secteur des transports permettra au professeur Alain Berry d’identifier les sources sonores multiples, complexes et étendues, afin d’améliorer la connaissance des systèmes vibro-acoustiques et la mise au point d’outils concrets d’identification et de contrôle du bruit pour l’industrie des transports.

Produire des scénarios de biodiversité pour le futur

Dominique Gravel
Dominique Gravel

Les écosystèmes sont difficiles à étudier en raison de la diversité des interactions entre les espèces et leurs relations complexes avec l’environnement. Pour comprendre l'impact qu’ont les changements globaux sur la biodiversité, il faut appeler des notions de biogéographie, d’écologie des communautés et de fonctionnement des écosystèmes.

Dominique Gravel, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écologie intégrative, démontre que malgré toute la complexité des systèmes biologiques, on y retrouve certaines règles simples qui permettent de mieux comprendre leur organisation et fonctionnement. Ainsi, il œuvre notamment à reconstruire les complexes réseaux d’interactions entre poissons marins à l’échelle du globe, dans le présent et dans le futur. Le programme de recherche de M. Gravel vise ultimement à développer un modèle global de fonctionnement des écosystèmes.