Évaluation des soins de soutien de base pour Ebola

Les Pr François Lamontagne et Pre Christine Loignon obtiennent 250 000 $ pour élaborer les lignes directrices internationales

Le Pr François Lamontagne au retour de sa deuxième mission humanitaire au cœur du foyer épidémique en septembre 2014.
Le Pr François Lamontagne au retour de sa deuxième mission humanitaire au cœur du foyer épidémique en septembre 2014.
Photo : Robert Dumont

Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) continue de dresser différents bilans de l’épidémie du virus Ebola, la plus grave depuis l'apparition du virus en 1976, François Lamontagne, M.D., intensiviste à l’installation CHUS du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, professeur-chercheur à la FMSS et au CRCHUS, Christine Loignon, professeure adjointe au Département de médecine de famille et de médecine d’urgence, et leur équipe de recherche obtiennent une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) de 250 000 $ pour un an. Cette subvention leur permettra de mener un projet d’évaluation des soins de réanimation de base prodigués pendant la crise et d'identifier les obstacles et les mesures facilitantes dans le but de développer les lignes directrices destinées à la communauté médicale internationale. Son mandat repose donc sur l’établissement de stratégies pour permettre le déploiement de soins de base adéquats dans des contextes exceptionnels.

Leur projet Delivery of supportive care during an Ebola outbreak: defining minimal requirements and identifying barriers and facilitators towards creating international guidelines s’appuie sur les connaissances de leur groupe dont plusieurs membres ont participé activement sur le terrain à lutter contre le virus Ebola.  « Durant la crise, plusieurs intervenants humanitaires et locaux critiquaient les soins dispensés, souligne le professeur du Département de médecine de la FMSS, François Lamontagne. Cette crise a permis de mesurer les conséquences des failles dans la coordination du travail des intervenants sur le terrain ».

S’organiser pour vaincre les épidémies

Durant ses séjours en Afrique de l’Ouest, le Pr Lamontagne a constaté qu’il était possible de soigner des patients souffrant du virus Ebola en prodiguant des soins qui ne sont pas spécifiques à cette maladie. Ces interventions, appelées « soins de base », sont utilisées quotidiennement dans le monde entier pour traiter plusieurs maladies mortelles.

Le Pr Lamontagne se désole que trop de patients soient morts sans recevoir les soins de réanimation de base comme des solutés par voie intraveineuse. « Sur le terrain, il y a eu plusieurs ajustements et de belles améliorations des équipes médicales déployées, souligne le médecin. Par contre, nous avons également rencontré plusieurs barrières et plusieurs personnes atteintes du virus Ebola n’ont pas obtenu les soins nécessaires ».

Pour y arriver, l'équipe des Prs Loignon et Lamontagne collaborera avec les représentants des groupes et organismes chargés de la prestation des soins de santé au cours de l'épidémie d'Ebola, comme l’OMS, Médecins sans frontières, les gouvernements en place, etc. À terme, ils visent à définir, par consensus, les exigences minimales pour les soins de base dans de tels contextes ainsi que des recommandations pour permettre leur mise en place malgré les contextes parfois difficiles.

L’efficacité des soins : un cheval de bataille

Rappelons que le Pr Lamontagne dirige la Chaire de recherche axée sur le patient et les soins hospitaliers aigus qui s’intéresse, entre autres, au bon soin au bon moment pour de meilleures pratiques médicales. D’ailleurs, Pr Lamontagne n’a pas hésité à utiliser sa Chaire comme levier pour obtenir les fonds nécessaires à la mise en place de son projet pour Ebola.

Ebola dans le monde

Dans son dernier bilan du 10 mars 2015, l'OMS évalue à dix mille morts dues à l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola en Afrique de l'Ouest. Au total, dans les neuf pays concernés, 24 350 personnes ont été affectées par cette épidémie. La Guinée, la Sierra Leone et le Liberia sont les trois pays d'Afrique de l'Ouest les plus touchés. Ces pays n’ont d'ailleurs enregistré aucun nouveau cas d'Ebola depuis des mois.