Nouvelle percée en hydratation et performance sportive

Une étude confirme que se fier à sa soif est une stratégie efficace chez les coureurs à pied

Tommy Dion s’intéresse depuis longtemps à l’hydratation. Il a toujours voulu en savoir plus et découvrir comment maximiser sa performance.

Tommy Dion s’intéresse depuis longtemps à l’hydratation. Il a toujours voulu en savoir plus et découvrir comment maximiser sa performance.


Photo : fournie

À cette période de l’année, plusieurs se préparent en vue de la dernière course de la saison et se questionnent toujours : faut-il planifier la consommation de liquides et boire même quand la soif ne se fait pas sentir pour maximiser sa performance? Contrairement à cette croyance populaire, se fier uniquement à sa soif pour s’hydrater n’aurait aucune incidence négative sur la performance. C’est ce qu’a prouvé Tommy Dion, étudiant à la maîtrise en sciences de l’activité physique, sous la direction du professeur Éric Goulet.

Un projet novateur rattaché à une méta-analyse qui avait ébranlé les recommandations

Cette étude a été réalisée dans le contexte d’une précédente méta-analyse du professeur Goulet, laquelle révélait que les athlètes d’endurance n’auraient pas besoin de programmer leur prise de liquides pendant l’exercice pour s’assurer d’une performance optimale. Rappelons que l'idée de ne pas attendre la soif pour boire parce que la déshydratation est déjà bien installée et la performance en déclin, est largement répandue et profondément enracinée chez les sportifs. Ainsi, il est actuellement recommandé de boire avant d'avoir soif et de planifier la consommation de liquides de façon à ne pas perdre plus de 2 % du poids corporel, sinon la performance sera diminuée.

Dans cette même méta-analyse, le professeur Goulet notait qu'encore aucune étude n'avait évalué les effets de la prise de liquides selon la soif lors d'exercices en course à pied. Vu la grande popularité de ce sport, une telle étude était donc justifiée. C’est à cette étape que s’inscrit le projet de maîtrise de Tommy Dion, qui avait pour objectif d'évaluer, dans des conditions contrôlées de laboratoire, l'effet de la prise de liquides selon les signaux de soif lors d'un demi-marathon.

«Non seulement l’étude est novatrice parce qu’elle révolutionne une approche établie depuis de nombreuses années, mais c'est également la toute première du genre à être réalisée exclusivement lors d'un exercice en course à pied», souligne Tommy Dion.

Boire à sa soif s’avère efficace et beaucoup moins compliqué

Tommy Dion a donc demandé à 10 coureurs entraînés de faire quelques demi-marathons à 30 oC. Le groupe «hydraté» devait boire de façon à limiter sa perte de poids corporel à 1 %, tandis que le groupe «soif» devait boire seulement lorsqu’il percevait le signal de la soif. Bien que le groupe «hydraté» ait consommé près de quatre fois plus de liquide que le groupe «soif», aucune diminution de la performance n’a été constatée chez ce groupe, et ce, malgré que les athlètes aient perdu plus de 3 % de leur poids corporel par déshydratation.

L’étude a donc permis de démontrer que pour un effort en course à pied de moins de deux heures, boire à sa soif est une stratégie aussi efficace et beaucoup moins compliquée qu’une stratégie d’hydratation programmée.

Il est important de mentionner qu’une déshydratation de 3 % de son poids corporel n’est pas dommageable pour la santé. L’étudiant rappelle cependant que «si l’athlète termine sa course en présentant un niveau de déshydratation sensiblement élevé et qu’il a une autre course le lendemain, il sera important qu’il adopte une stratégie de réhydratation plus "agressive"».

Une référence dans le domaine de l’hydratation

Plusieurs universités s’intéressent au rapport entre la performance et diverses autres spécialités comme la nutrition, la physiologie, les méthodes d’entraînement, etc. Par contre, seules quelques-unes se penchent sur son lien avec l’hydratation. «Avec les récents travaux du professeur Goulet ainsi que l’étude que nous venons de réaliser, l’équipe de chercheurs de la Faculté d’éducation physique et sportive se positionne certainement comme étant une référence dans le domaine», affirme Tommy Dion.

Un sujet de recherche tout indiqué pour un grand sportif

Bien qu’il s’agisse d’un sujet de recherche peu commun, Tommy Dion a commencé à s’intéresser au lien entre l’hydratation et la performance dès sa première année universitaire. «À ce moment, je commençais à courir de manière plus rigoureuse, puis j'ai développé une véritable passion pour la course à pied et le triathlon, dit-il. Je lisais de plus en plus sur la nutrition et l’hydratation et je me suis rendu compte que ces facteurs avaient une incidence directe sur la performance. Depuis ce temps, j’ai toujours voulu en savoir plus et découvrir comment maximiser ma propre performance grâce à la nutrition et à l’hydratation. Maintenant que je suis un expert en la matière, j’ai hâte de transmettre mes connaissances à d’autres athlètes!»