Un long métrage au rythme de l’École de musique
Photo : Fournie
Quatre diplômés, deux chargés de cours et une étudiante de première année au baccalauréat en musique signent la bande sonore du film Lydia et le vaisseau des tempêtes, un film d’animation québécois présentement à l’affiche dans plusieurs cinémas.
Cette première participation à la musique d’un long métrage d’animation représente une étape majeure pour l’École de musique de l’Université de Sherbrooke. Depuis plusieurs années, les personnes diplômées en composition contribuent déjà professionnellement à des projets variés pour des compagnies de réalisation reconnues — documentaires, publicités, séries télé et webseries, jeux vidéo — mais composer la musique d’un long métrage d’animation constitue un jalon significatif pour le responsable de programme Thierry Pilote.
Dans ce type de production d’animation diffusée en salle de cinéma, la musique est centrale : elle soutient l’émotion, rythme la narration et reflète l’intériorité des personnages durant toute la durée du film. Elle ne doit surtout pas projeter une image de type générique ou de simple fond sonore ambiant.
Thierry Pilote, responsable de programme du baccalauréat en musique, cheminement en composition et musique à l'image
L’implication d’autant de gens provenant de l’École de musique dans la réalisation de ce projet est une fierté pour l’équipe enseignante qui y voit une preuve que ses programmes ont atteint un haut niveau de professionnalisation. Son approche pédagogique, développée il y a plusieurs années, arrive aujourd’hui à maturité et démontre bien toute sa pertinence et sa capacité à préparer concrètement les étudiantes et étudiants à des carrières dans l’industrie de la musique.
Nous observons une augmentation des opportunités obtenues par nos diplômés et diplômées, à l’intérieur de leurs années d’étude ou dans les mois suivant la fin de leurs formations. Ils décrochent des contrats plus rapidement et diversifient leurs collaborations.
Membres de l'équipe de production provenant de l’École de musique
Composition : Jean-François Racine (diplômé en composition et musique à l’image et chargé de cours)
Clarinette : Gisèle Blanchard-Girardin (diplômé en interprétation et création musicales)
Flûte traversière : Johanna Silberman (diplômée en interprétation et création musicales)
Nyckelharpa et cistre : Alexander Kehler (chargé de cours)
Violon : Lydia Gasse (diplômée en interprétation et création musicales)
Violoncelle : Marie-Philippe Lemay (diplômée en interprétation et création musicales)
Voix : Mia Sasseville (étudiante de première année au baccalauréat en interprétation et création musicales)
Photo : Maison4tiers
Petit guide pour composer la bande sonore d’un long métrage
Bien que l’équipe derrière la bande sonore soit constituée de plusieurs personnes reliées à l’École de musique, c’est Jean-François Racine, diplômé du cheminement en composition et musique à l’image et aujourd’hui chargé de cours à l’École de musique, qui a été à la tête du projet. Un mandat qui s’est échelonné sur plusieurs années.
Contacté par la réalisatrice du film, qui avait vu son travail effectué sur la bande sonore du jeu vidéo Outward, Jean-François a débuté en 2022 la composition de la musique pour le prototype du film Lydia et le vaisseau des tempêtes : une mélodie qui deviendra plus tard le thème d'ouverture. En 2024, il se lance dans la création de la musique instrumentale qui soutient les chants marins et commence à écrire les thèmes principaux des personnages et des lieux importants. Ce n’est qu’en 2025 qu’il reçoit une version initiale du film, ce qui lui permet de se lancer dans le vif du sujet : la composition à l'image.
J'ai pu développer mes thèmes déjà écrits pour épouser le narratif du film. En octobre 2025, la composition était terminée et le processus d'enregistrement des interprètes a débuté. J'ai eu le plaisir d'accueillir onze musiciennes et musiciens dans mon studio pour donner vie à ma musique. À la mi-novembre 2025, j'ai remis la version finale de la trame sonore.
Jean-François Racine, compositeur et diplômé du baccalauréat en musique et chargé de cours à l'École de musique
Jean-François explique que contrairement à des productions plus courtes telles que les courts métrages ou de la publicité, le travail musical sur un long métrage s’échelonne sur plusieurs années. Il doit donc être bien planifié et surtout cohérent dans son ensemble, que ce soit au niveau du matériel musical ou de l'instrumentation. Le jeune compositeur est d’avis que cela facilite cependant la composition.
Une fois les thèmes composés, cela me permet de réutiliser le matériel, le modifier, le développer, changer les timbres, le ralentir ou l'accélérer, etc. Il devient donc possible de créer beaucoup de musique avec ce que j'ai déjà, ce qui me facilite le travail tout en donnant une cohésion dans la musique. Là est l'art du développement.
Mais toutes ces démarches et cette préparation ne servent à rien si un élément clé de la recette n’est pas au rendez-vous : le son. Pour Jean-François, un compositeur ou une compositrice se doit d'avoir aiguisé son art afin d’offrir une expérience sonore impeccable au public et d'entrer en contact avec leurs sens et leurs émotions.
Comme je dis souvent à mes cohortes étudiantes, la maîtrise de la fugue à quatre voix ne vous assurera malheureusement pas toujours un emploi en composition à l'image, mais un mixage réaliste et puissant vous donnera définitivement une chance de percer dans le milieu.
Diplômé en 2017, Jean-François Racine soutient que son passage à l'École de musique de l’Université de Sherbrooke l'a transformé et lui a permis de prendre son envol en tant que compositeur professionnel.
Mon baccalauréat m'a offert un apprentissage approfondi du langage musical, mais c’est également durant mes études que j’ai pu forger mon attitude en tant que travailleur dans le milieu de la musique. Il m'a donné tous les outils nécessaires pour réaliser seul et avec confiance un travail colossal comme la composition d'une musique de film ou la trame sonore d'un jeu vidéo.
Jean-François se dit privilégié de faire partie aujourd’hui de l'équipe enseignante de l'École de musique afin de transmettre, à son tour, son expérience et ses connaissances aux futurs professionnels et professionnelles de la musique.