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Semaine de la recherche 2026

Raconte-moi ton terrain

23 au 27 mars

La recherche en arts, en lettres ainsi qu'en sciences humaines, sociales et géomatiques prend de multiples formes. Les sujets sont souvent surprenants, les méthodes et les approches sont des plus originales et innovantes.

Afin de mieux faire connaître ses projets et les personnes qui y travaillent, la Faculté des lettres et sciences humaines organise une semaine de la recherche en mars, placée sous le thème « Raconte-moi ton terrain ». À travers la programmation, le comité organisateur a voulu mettre en valeur l'originalité de ces projets, mais aussi la richesse de la relation entre les étudiantes, les étudiants et le personnel enseignant, des relations qui se tissent à tous les cycles en matière de recherche. 

Toutes les activités auront lieu à l'Espace Anne-Hébert (A3-330).

Entrée libre

  • Philippe Apparicio, professeur au Département de géomatique appliquée
  • Yannick-Georges Bokoyo Massamba, candidat au doctorat en philosophie pratique
  • Anne-Sophie Bordeleau, candidate à la maîtrise en service social et corécipiendaire du Prix Thérèse-Audet 2025
  • Audrey Brassard, professeure au Département de psychologie
  • Benoît Grenier, vice-doyen à la recherche et aux études supérieures
  • Isabelle Lacroix, vice-doyenne au développement et à l’international
  • Marie-Pier Luneau, professeure au Département des arts, langues et littératures
  • Fanie St-Laurent, adjointe à la direction
  • Victoria Vieira, candidate à la maîtrise en service social et corécipiendaire du Prix Thérèse-Audet 2025

Pour nous écrire : recherche.flsh@USherbrooke.ca

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Lundi 23 mars

12 h à 13 h | SÉANCE 1

Quand « Team Inuit » accueille « Team Qallunaat » – Regards croisés sur les impacts de la dégradation du pergélisol dans une communauté du Nunavut

  • Pr Frédéric Bouchard (Département de géomatique appliquée)
  • Stéphanie Coulombe (Savoir Polaire Canada)
  • Loek Pascaud, 3e cycle (Département de géomatique appliquée)
  • Céline Verchère (IRL LN2)

Comment mieux comprendre les impacts de la dégradation du pergélisol et ses effets sur le territoire, en intégrant de multiples points de vue, dont le savoir local des communautés autochtones (Inuit)? C’est l’angle favorisé par une petite équipe multidisciplinaire de « socio-géo-scientifiques » enthousiastes qui passera du temps auprès de la communauté Inuit d’Iqaluktuuttiaq (Cambridge Bay) au Nunavut entre décembre 2025 et mars 2026, situé en plein cœur du passage du Nord-Ouest dans un majestueux décor parsemé de lacs et de rivières à perte de vue. 

Au-delà des approches classiques (entrevues, observation participante) organisées par l'étudiant présent sur place tout au long de la démarche (L. Pascaud), l'équipe organise en février 2026 un atelier autour de la cartographie participative, démarche originale en termes de méthodologie puisqu’elle puisera à la fois dans la discipline des sciences de la Terre et celle des sciences humaines et sociales. Cet atelier intégrera la participation de plusieurs membres de la communauté (personnes aînées, trappeurs, etc.). 

Cette présentation vise donc à mettre en lumière une bonne partie de ce terrain, en explicitant les méthodologies mises en œuvre et les savoirs mobilisés, dont une grande partie proviendra du savoir local. À travers ce terrain, les personnes présentatrices souhaitent faire écho aux préoccupations de cette communauté : qu’observent concrètement les gens sur place? Quelles sont leurs inquiétudes, leurs préoccupations face aux changements dans leur environnement? Comment cela se traduit-il dans leurs manières d'habiter le territoire, de se nourrir, de s'approvisionner? Enfin, pouvons-nous nous inspirer de la résilience climatique bien connue des Inuits pour en tirer des leçons, ici, plus au « Sud »?

Résumés biographiques

Frédéric Bouchard est professeur au Département de géomatique appliquée de l’Université de Sherbrooke depuis septembre 2021. Il est géologue de formation, puis spécialisé dans plusieurs domaines de la géographie physique (climatologie, géomorphologie, hydrologie, paléolimnologie) avec un intérêt particulier pour les milieux nordiques. Ses projets de recherche concernent les impacts de la dégradation du pergélisol en réponse aux changements climatiques, plus spécifiquement la formation et l’évolution des lacs de « thermokarst » (dégel) dans les régions arctiques et subarctiques (Nord du Canada, Sibérie) et leurs émissions de gaz à effet de serre (CO2, CH4) vers l’atmosphère. Avant d’arriver à l’Université de Sherbrooke, il était chercheur spécialiste du pergélisol au laboratoire GEOPS de l’Université Paris-Saclay en France, dans le cadre du programme Make Our Planet Great Again. Il est l’auteur du livre Ici la Terre – Dix aventures scientifiques qui ont changé notre image du monde, publié en 2022 aux Éditions MultiMondes.

Loek Pascaud est étudiant au Département de géomatique appliquée de l’UdeS. Boursier du FRQNT, il débute une thèse de doctorat à l’hiver 2026 sur les impacts de la dégradation rapide du pergélisol riche en glace, en collaboration étroite avec les membres de la communauté d’Iqaluktuuttiaq (Cambridge Bay) au Nunavut. Il utilise des images satellites à très haute résolution, des observations de terrain et des analyses environnementales pour documenter l’évolution des lacs, des rivières et des zones affectées par l’érosion des sols gelés. Il s’intéresse particulièrement à la façon dont ces transformations influencent l’habitat de l’omble chevalier et les activités qui y sont associées. Il participe également à des initiatives de vulgarisation scientifique, notamment par la création d’ateliers communautaires et d’une bande dessinée destinée à rendre la recherche accessible.

Céline Verchère est docteure en sociologie et diplômée en science politique. D'abord experte au sein du groupe Usages et expérience utilisateur (UX) du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives, sur le campus MINATEC à Grenoble, en France, elle s'installe en 2014 au Canada, où elle s'est activement impliquée au sein de l'Institut interdisciplinaire d'innovation technologique (3IT) de l'Université de Sherbrooke. Elle occupe actuellement le poste de directrice associée de l'IRL LN2 (Laboratoire Nanotechnologies et Nanosystèmes) et est coresponsable de l'axe Impacts, usages et mise en société. Le travail de Céline Verchère implique une approche multidisciplinaire et un engagement à aborder les aspects éthiques, environnementaux et sociétaux liés aux technologies et à l'innovation. Céline Verchère est également coresponsable du groupe Arts et Sciences de Labos1.5, une organisation qui s'engage dans des discussions sur le rôle de la science et des scientifiques dans la transition écologique, notamment à travers le prisme des arts. Cela témoigne de son intérêt pour l'exploration d'approches créatives et innovantes pour relever les défis technologiques à l’ère du changement climatique.

Stéphanie Coulombe est docteure en géographie de l’Université de Montréal. Scientifique experte du pergélisol, elle travaille depuis 2017 à Savoir Polaire Canada (POLAR), notamment à la station de recherche du haut Arctique (CHARS) basée à Iqaluktuuttiaq (Cambridge Bay) au Nunavut, où elle a vécu plusieurs années. Depuis 2023, elle collabore avec le Département de géomatique appliquée de l'UdeS, où elle est professeure associée. 

Le programme Horizon : évaluer l'INA en partenariat avec les milieux

  • Pre Véronique Parent (Département de psychologie)
  • Zachary Rancourt-Tremblay, 3e cycle (Département de psychologie)

Les interventions en contexte de nature et d’aventure (INA) représentent une avenue clinique novatrice et prometteuse considérant les bénéfices relevés dans la littérature scientifique actuelle. L’INA regroupe une variété d’interventions (éducatives, développementales ou psychothérapeutiques) et revêt ainsi un caractère interdisciplinaire, alliant notamment la psychologie, la psychoéducation, la santé et l’éducation. Le programme HORIZON – une INA – a été développé par des personnes intervenantes du CISSS de la Montérégie-Centre afin de répondre aux besoins de leur clientèle adolescente présentant des problématiques de santé mentale et bénéficiant difficilement des services dits traditionnels.  

Afin de circonscrire les effets du programme HORIZON auprès d’adolescentes et d'adolescents en regard du bien-être et du fonctionnement général, de même que sur des variables spécifiques propres au programme (anxiété, sentiment d’autoefficacité, satisfaction des besoins psychologiques fondamentaux et habiletés sociales), et sous invitation des gestionnaires et des personnes professionnelles des milieux de pratique, les présentatrices et le présentateur ont mené une étude réalisée auprès de 91 jeunes répartis en deux groupes : expérimental (n = 57) et témoin (n = 34). De façon exploratoire, une place importante est aussi donnée à la « voix » des jeunes et des personnes intervenantes impliqués dans le programme afin de documenter leur expérience en lien avec HORIZON. Le projet s’appuie sur un devis mixte à groupe comparatif, alliant la richesse des données quantitatives à celle des données qualitatives. Il utilise des questionnaires auto et hétérorapportés et des entretiens semi-structurés.

La présentation décrira les étapes de réalisation du projet, en mettant l’accent sur (1) le processus collaboratif avec les milieux de pratique et (2) les défis liés à la conduite d’une recherche-action auprès d’adolescentes et d'adolescents aux prises avec des problématiques de santé mentale. 

Résumés biographiques

Véronique Parent est psychologue et professeure au Département de psychologie de l’Université de Sherbrooke. Elle a travaillé pendant plusieurs années à la Clinique surspécialisée des troubles de l’attention de l’Hôpital Rivière-des-Prairies, en plus d’exercer en pratique privée auprès d’enfants présentant des troubles d’apprentissage ou d’adaptation. Ses intérêts de recherche portent sur l’évaluation de l’implantation et de l’efficacité d’interventions novatrices, dont des interventions de rééducation cognitive. Elle s’intéresse également aux troubles cognitifs liés aux troubles d'apprentissage et d'adaptation.

Zachary Rancourt-Tremblay est étudiant au doctorat en psychologie (recherche et intervention) de l'Université de Sherbrooke. Il s’intéresse à l’impact des programmes d’intervention par la nature et l’aventure (programme Horizon) sur l’engagement des adolescents dans leur démarche de soutien thérapeutique. Son projet vise à comprendre cette influence à partir des perceptions des jeunes eux-mêmes et de leurs intervenants. Fort d’une double formation en psychologie clinique et en recherche, il développe une approche qui allie rigueur scientifique et pertinence pratique. 

La cybersécurité lors des Jeux olympiques de Paris 2024

  • Sylvana Al Baba Douaihy (Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents)
  • Pr Hugo Loiseau (École de politique appliquée)
  • Pr Pierre Martin Tardif (École de gestion)

La présentation consiste à exposer la méthode de recherche et les résultats d'une étude sur la cybersécurité lors des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 (JOP). Elle découle d’un partenariat entre une équipe de recherche du Québec et la Direction de la technologie et des systèmes d’information du comité organisateur des JOP de Paris 2024. 

L'équipe a réussi à négocier l’accès à un terrain d’observation unique au monde : le cœur de la cybersécurité de l’événement planétaire que sont les JOP. Il s’agit d’une première mondiale en termes d’observation scientifique des pratiques et des politiques de cybersécurité d’un grand événement. L’accès à ce type de terrain d’observation est habituellement très difficile, car la cybersécurité touche l’ensemble des actifs informationnels vitaux de l’organisation. Or, ce partenariat a ouvert les portes pour une observation in situ en profondeur en trois temps : avant, pendant et après les JOP de Paris 2024. 

Cette étude enrichit donc la réflexion sur la question de la cybersécurité lors des grands événements. Elle permet, par ailleurs, de documenter les pratiques de cybersécurité et de donner accès à une documentation scientifique en français à ce sujet. Durant la présentation, l'équipe s'attardera particulièrement au terrain d’observation privilégié auquel elle a eu accès, aux méthodes et limites de leurs observations, puis aux résultats de leur enquête.

Résumés biographiques

Hugo Loiseau est professeur titulaire à l'École de politique appliquée et directeur Collaboration avec les acteurs publics de l’Obvia. Il est aussi chercheur au Pôle d'expertises en cybersécurité Intact de l'Université de Sherbrooke et membre associé au Laboratoire interdisciplinaire sur les risques et les crises (LIRIC).

Sylvana Al Baba Douaihy est consultante en cybersécurité pour la Direction de la sécurité nationale et des infrastructures critiques des Laboratoires nucléaires canadiens et coordonnatrice générale de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents (UNESCO-PREV). Elle a été stagiaire post-doctorale sous la supervision du professeur Loiseau de 2023 à 2025.  

Pierre-Martin Tardif est professeur agrégé et directeur du Département des systèmes d’information et méthodes quantitatives de gestion de l'École de gestion de l'Université de Sherbrooke. Il est aussi chercheur au Pôle d'expertises en cybersécurité Intact de l'Université de Sherbrooke et membre associé au Laboratoire interdisciplinaire sur les risques et les crises (LIRIC). 

16 h à 18 h | SÉANCE 2

Allocutions :

  • Pre Anne Lessard, vice-rectrice à la recherche et à l’international, UdeS
  • Pre Anick Lessard, doyenne, Faculté des lettres et sciences humaines, UdeS
  • Pr Benoît Grenier, vice-doyen à la recherche et aux études supérieures, Faculté des lettres et sciences humaines, UdeS

Cocktail

L’usage de l’IA dans le contexte des négociations climatiques internationales
Lancement de la Chaire de recherche en diplomatie scientifique climatique

  • Pre Annie Chaloux (École de politique appliquée)
  • Pre Amélie Favreau (Université Grenoble-Alpes)
  • Claude Bruderlein (AI Negotiation Challenge)
  • Pr Julien Pierre (Département de communication)
  • Éloïse Roy, 2e cycle (Centre universitaire de formation en environnement et développement durable)
  • Mathilde Germain, 2e cycle (Centre universitaire de formation en environnement et développement durable)

Panel portant sur l’usage de l’IA dans le contexte des négociations climatiques internationales, animé par le Pr Olivier Champagne-Poirier (communication).

  1. Présentation générale des négociations climatiques, de l’enjeu d’iniquité dans les COP entre les pays en développement et développés sur leur capacité à négocier
  2. Quelles précautions juridiques prendre en amont de l’utilisation de l’IA pour des négociations internationales?
  3. Dans des négociations complexes comme celles-ci, comment l’IA peut potentiellement soutenir les négociateurs
  4. Comment réfléchir à une IA par et pour les pays en développement
  5. Observations terrains à la COP30 : comment les pays en développement francophones perçoivent l’avènement de l’IA dans les négos
  6. Les simulations comme outils de renforcement des capacités 

Résumés biographiques

Annie Chaloux est professeure agrégée à l’Université de Sherbrooke et cotitulaire de la Chaire de recherche en diplomatie scientifique climatique. Spécialisée en politiques climatiques et en paradiplomatie environnementale, elle est également directrice du Climatoscope 360 ainsi que de la revue Le Climatoscope. Elle a obtenu de nombreux financements de recherche pour ses travaux, notamment du CRSH, des Fonds de recherche du Québec et de divers ministères et organismes. Elle a dirigé plusieurs ouvrages collectifs et publié de nombreux articles scientifiques sur les politiques climatiques, la gouvernance environnementale et l’action internationale des États fédérés. Participant activement aux débats publics sur ces questions, elle est régulièrement invitée à intervenir dans les médias à travers le pays.

Amélie Favreau est professeure des universités en droit à l’Université Grenoble Alpes et cotitulaire de la Chaire de recherche en diplomatie scientifique climatique. Spécialiste de la régulation des technologies émergentes − notamment l’intelligence artificielle, les technologies quantiques et la blockchain − et de leurs impacts sociaux, environnementaux et politiques, elle dirige la Fédération de recherche Innovacs ainsi que le programme IDEX TIQuA. Elle conduit et coordonne de nombreux projets de recherche internationaux, en collaboration avec des partenaires européens et nord-américains, et a obtenu d’importants financements compétitifs pour ses travaux. Autrice de nombreuses publications scientifiques et régulièrement invitée à participer à des conférences et événements internationaux, elle s’intéresse plus particulièrement aux enjeux de gouvernance, de souveraineté technologique et de justice dans les transformations numériques contemporaines.

Olivier Champagne-Poirier est professeur adjoint au Département de communication de l’Université de Sherbrooke et directeur adjoint du Climatoscope 360, un projet de vulgarisation scientifique consacré aux changements climatiques. Titulaire d’un doctorat en communication de l’Université du Québec à Trois-Rivières, il a réalisé un stage postdoctoral à l’Université de l’Ontario français et est membre du Laboratoire de recherche sur les publics de la culture. Spécialiste des méthodes qualitatives, il s’intéresse aux dimensions sociales et culturelles des crises sanitaires, industrielles et environnementales, ainsi qu’aux freins à la démocratisation culturelle. Ses travaux, financés notamment par le FRQSC, le CRSH et les IRSC, ont été publiés dans divers ouvrages collectifs et revues scientifiques, dont Qualitative Health Research, Les Cahiers du journalisme et International Journal of Environmental Research and Public Health.

Claude Bruderlein est un expert en négociation humanitaire et diplomatique, fort de plus de vingt ans d’expérience au sein de l’Université Harvard et du Comité international de la Croix-Rouge. Titulaire d’une maîtrise en droit de Harvard et avocat au barreau de New York, il a occupé des fonctions clés auprès des Nations Unies, notamment comme conseiller spécial du Secrétaire général. Fondateur du Centre de compétence en négociation humanitaire (CCHN) à Genève et de Frontline Associates, il se consacre aujourd’hui à la formation en négociation de crise et à l’intégration de l’intelligence artificielle dans les processus décisionnels complexes. Concepteur du AI Negotiation Challenge, il collabore avec les universités de Sherbrooke, Harvard et Genève pour faire progresser les pratiques de négociation assistée par IA.

Mathilde Germain est étudiante à la maîtrise en environnement, recherche interdisciplinaire, à l’Université de Sherbrooke, où ses travaux portent sur les risques climatiques transnationaux et la vulnérabilité du système agroalimentaire québécois. Chargée de projet pour le AI Negotiation Challenge, elle conçoit et coordonne des simulations diplomatiques inspirées de contextes multilatéraux complexes, explorant le potentiel de l’intelligence artificielle pour appuyer la prise de décision. Auxiliaire de recherche auprès de la Pre Annie Chaloux, elle contribue à des projets sur l’intégration de l’IA dans les négociations climatiques et à la création de contenus pédagogiques de vulgarisation. Détentrice d’un baccalauréat en relations internationales et droit international de l’UQAM, elle a représenté l’Université de Sherbrooke à la COP29 et collaboré à plusieurs travaux publiés au PIRESS.

Éloïse Roy est candidate à la maîtrise de recherche interdisciplinaire en environnement à l’Université de Sherbrooke et gestionnaire des partenariats chez Frontline Associates Training Center. Titulaire d’un baccalauréat en écologie, d’un DESS en conservation des milieux naturels et d’un microprogramme de 2e cycle en négociations climatiques internationales, elle se spécialise dans l’utilisation de l’intelligence artificielle en diplomatie climatique. Son projet de recherche porte actuellement sur les perceptions d’acteurs du Sud global envers l’utilisation de l’intelligence artificielle pour le renforcement des capacités dans les négociations climatiques, dans une perspective de justice climatique. Engagée dans les luttes sociales et environnementales, elle fait partie de plusieurs réseaux jeunesses internationaux et a participé à plusieurs sommets à travers le monde. Elle est co-autrice de deux notes de recherche publiées par le PIRESS sur les pertes et préjudices et les synergies entre les conférences climatiques et de biodiversité.

Mardi 24 mars

12 h à 13 h | SÉANCE 3

La musique spatialisée augmentée : une rencontre entre technologie et narration instrumentale

  • Arzhel Morel (École de musique)

Ce projet de recherche et de création musicale vise à offrir une expérience où le mouvement du son devient un vecteur narratif à part entière. En intégrant la spatialisation sonore comme paramètre central de l'écriture instrumentale, l'œuvre (et sa recherche préalable) explore une nouvelle manière de raconter, d'émouvoir et de connecter la musique aux technologies émergentes.

La recherche pour ce projet concerne l'impact de la spatialisation sur le discours narratif et, donc, sur la réception de la personne auditrice. Lors de la présentation des résultats, certains éléments de recherche en lien avec la pièce finale seront encore manquants, mais toutes les recherches effectuées sur des groupes plus petits, à titre de tests, seront disponibles. Le présentateur a enregistré plusieurs musiciens et musiciennes afin de naviguer dans les possibilités de la spatialisation.

Il s'agira principalement de présenter l'idée derrière la recherche, les résultats des tests effectués au début de 2026 ainsi que quelques exemples. Une démonstration de ce qu'est la spatialisation sonore aura lieu durant la présentation. Le sujet de la recherche étant encore relativement nouveau, peu de documentation est disponible à ce sujet et il s'agit ici de découvrir de nouvelles possibilités de créations sonores instrumentales. 

Résumé biographique

Compositeur franco-québécois établi à Sherbrooke, Arzhel Morel travaille depuis plusieurs années sur une démarche musicale sensible, rigoureuse et actuelle. Fortement inspiré des musiques modernes, électroniques et des explorations contemporaines, son travail s’inscrit dans une volonté d’innovation tout en valorisant une écriture à la fois complexe, expressive mais aussi accessible…

Originalement issu d'un parcours en interprétation (piano, harmonica) pour finalement étudier la composition, Arzhel débute la musique autour de 7 ans et jouera la majeure partie de son enfance. Une passion qui lui permettra d'être plus tard formé en composition et arrangement jazz au Cégep Saint-Laurent et de terminer aujourd’hui son baccalauréat universitaire en composition à l’Université de Sherbrooke. Il collabore activement à des projets interdisciplinaires liant musique, technologies et recherche pratique. Il est notamment le compositeur principal et responsable d’un projet de musique immersive.

Son activité de création témoigne d’une volonté claire : se faire entendre et créer au sein du paysage musical québécois avec une approche marquée par un équilibre entre complexité formelle, richesse musicale et impact émotionnel. 

Histoire du sucre au Moyen Âge tardif

  • Pre Geneviève Dumas (Département d'histoire)
  • Dominik Lagacé, 2e cycle (Département d'histoire)

Dominik Lagacé travaille sur l'histoire du sucre au Moyen Âge tardif dans les compositions médicales comme dans la cuisine. Il aimerait, avec la Pre Geneviève Dumas, préparer quelques recettes d'électuaires et de confitures selon les sources qu'il utilise : des recettes médicales et culinaires. Ce serait une bonne façon d'introduire les méthodes de recherche en histoire médiévale, en histoire de la médecine et en histoire de l'alimentation. 

Résumés biographiques

Geneviève Dumas est spécialiste de l’histoire des sciences, des techniques et de la santé autour de la Méditerranée au Moyen Age. Ses recherches sur la transmission des savoirs entre Orient et Occident se placent dans le courant de l’histoire sociale des concepts et des idées dans une perspective pluridisciplinaire. Elle travaille présentement, grâce à une subvention du CRSH, sur l'environnement, l'espace et le climat à Montpellier. Elle enseigne l'histoire du Moyen Age occidental et l’histoire des civilisations musulmanes avec une préférence pour les questions d'histoire sociale et culturelle.

Dominik Lagacé est étudiant à la maîtrise en première année, il s'intéresse à l'histoire de l'alimentation. 

16 h à 17 h 30 | SÉANCE 4

Bonifier les sciences humaines par l’apport de l’interdisciplinarité : le cas de l’interaction entre santé publique, migration et changements climatiques

  • Jacob Fontaine, 2e cycle (École de politique appliquée)
  • Clara Calosi, 1er cycle (École de politique appliquée)
  • Pr Gabriel Blouin Genest (École de politique appliquée)
  • Natalia Torres Orozco (Centre interdisciplinaire en développement international en santé)

La complexité grandissante des problématiques sociopolitiques vécues par les populations demande un travail qui décloisonne les secteurs et disciplines. L’interdisciplinarité permet d’établir un dialogue entre les expertises, d’accéder à une compréhension plus globale des phénomènes, d’unifier les savoirs et d’innover sur les plans méthodologique et conceptuel. Ces avancées repoussent les frontières de la recherche, répondent mieux aux défis sociaux et facilitent les échanges entre les milieux académiques et les autres secteurs d’activités. Ils ne sont toutefois pas exempts de défis.

Le projet « Triple Nexus : changements climatiques – santé publique – migration », développé par le Centre interdisciplinaire de développement international en santé de l’UdeS (CIDIS), se trouve à ce carrefour de différentes disciplines et savoirs. En souhaitant dresser un portrait de l’impact sanitaire des enjeux liés au climat pour les personnes issues de la migration se trouvant sur le sol québécois, ce projet s’ancre dans une démarche interdisciplinaire entre le droit, la santé, les sciences politiques et les sciences du climat. 

En répondant à la question « Comment peut-on bonifier les approches analytiques des sciences humaines par l’apport de l’interdisciplinarité, plus spécifiquement dans l’interaction entre santé publique, migration et changements climatiques? », cette communication vise à utiliser le projet Triple Nexus, dirigé par le Pr Gabriel Blouin-Genest (École de politique appliquée), en partenariat avec des collègues de la FMSS et de la Faculté de droit, pour illustrer concrètement une démarche de décloisonnement des savoirs. La présentation exposera la construction de l’ancrage conceptuel et méthodologique du projet ainsi qu’une cartographie thématique exploratoire des politiques, programmes et actions touchant le Triple Nexus au Québec et ailleurs, en mettant l’accent sur l’apport et les défis de l’interdisciplinarité au cours de ces étapes de recherche. La présentation sera également l’occasion de valoriser l’apport de personnes étudiantes au projet. 

Résumés biographiques

Jacob Fontaine est étudiant à la maitrise et auxiliaire de recherche dans le cadre du projet Triple Nexus. Son projet de mémoire souhaite mesurer l’adaptation des systèmes de santé aux enjeux convergents des changements climatiques et de la migration, notamment la migration liée au climat. Son engagement scientifique et social s’inscrit dans le désir de rechercher des solutions innovantes pour l’atteinte d’une justice sociale et environnementale.

Dans ses travaux passés, il a exploré l’impact de phénomènes contemporains sur les systèmes humains essentiels. Au sein du Centre interdisciplinaire de développement international en santé (CIDIS), il a notamment exploré la relation entre numérisation et santé ainsi que l’interrelation entre changement climatique, migration et santé publique. Un autre projet, mené avec la Pre Annie Chaloux, lui a permis d’étudier l’impact des changements climatiques sur la production agricole et la sécurité alimentaire. Ses recherches s’enrichissent d’implications militantes réalisées majoritairement auprès des mouvements étudiants et environnementaux.

Clara Calosi étudie au premier cycle en études politiques appliquées, cheminement en relations internationales. Elle est récipiendaire de la bourse Loran 2025-2028. Clara est également auxiliaire de recherche pour le Centre interdisciplinaire de développement international en santé (CIDIS), où elle travaille sur le projet Triple Nexus. Ses intérêts de recherche sont les iniquités en santé, la justice sociale et environnementale et les politiques publiques. Avant son arrivée à l’université, Clara étudiait en sciences humaines au Cégep de Rimouski, où elle faisait notamment partie du conseil exécutif de l’association étudiante en tant que responsable des affaires sociopolitiques et environnementales. Lors de son passage au cégep, elle a complété un stage de recherche sur le projet « Prendre soin des personnes soignantes » porté par le Laboratoire d’expérimentation pour améliorer les conditions de travail du care, dans le cadre de la bourse d’initiation à la recherche du collégial du FRQ.

Gabriel Blouin-Genest est professeur agrégé à l’École de politique appliquée et fondateur du Centre interdisciplinaire de développement international en santé (CIDIS), dont il assure la direction scientifique pour la Faculté des lettres et sciences humaines. Titulaire d'un doctorat de l'Université d'Ottawa et d'un postdoctorat de l'Université de Montréal, il a également enseigné à Virginia Tech. Il est spécialiste des politiques globales et du développement international en santé. Ses récentes recherches se dédient au développement d'approches intégrées pour faciliter la mobilisation de données probantes dans la prise de décision politique, la conception d'interventions et la mise en œuvre de programmes dans différents secteurs de la santé. Il est également expérimenté dans la gestion de projets de recherche impliquant des relations partenariales avec le terrain, la recherche-action, l'élaboration de politiques et le plaidoyer. Pr Blouin-Genest mobilise ses expériences pour appuyer les communautés, notamment en siégeant sur le conseil d’administration d’Oxfam-Québec.

Natalia Torres Orozco est avocate de formation en Colombie et titulaire d’une maîtrise en droit international et politique internationale appliqués de l’Université de Sherbrooke. Elle conjugue recherche appliquée et action sociale autour de grands enjeux contemporains tels que l’environnement, les migrations, la santé et les droits humains.

Au sein du Centre interdisciplinaire en développement international en santé (CIDIS), elle coordonne le projet Tejiendo Puentes en Salud au Pérou, axé sur la santé communautaire et l’équité de genre, ainsi que le projet Triple Nexus au Québec, qui explore les liens entre changements climatiques, mobilité humaine et santé publique. Animée par une conviction profonde en la justice sociale, elle privilégie des approches participatives et interdisciplinaires qui favorisent l’équité et la justice sociale et environnementale, tant localement que globalement. 

Raconter le terrain seigneurial par les terriers (XVIIe-XIXe siècles)

  • Emmy Bois, 3e cycle (Département d'histoire)
  • Philippe Lambert, 3e cycle (Département d'histoire)

Emmy Bois et Philippe Lambert vous proposent une incursion sur le terrain seigneurial dans la vallée du Saint-Laurent par l’entremise du terrier. Et non, on ne parle pas ici du refuge souterrain du lapin, mais plutôt d’un manuscrit relié de grand format, une pièce d’archive encore peu exploitée par les historiennes et les historiens. Doté d’une valeur légale, le terrier – aussi appelé « papier terrier » – consigne les déclarations et reconnaissances des tenanciers d’un fief ainsi que leurs redevances envers le seigneur. Document central des administrations seigneuriales, il offre un accès privilégié à la manière dont les sociétés rurales percevaient leurs rapports à la terre ainsi que les liens hiérarchiques qui unissaient les seigneurs à leurs censitaires.

L’utilisation du terrier dans la vallée du Saint-Laurent n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit en continuité des pratiques d’écriture et de pouvoir propres aux sociétés de l’Occident médiéval. Elle est circonscrite dans le temps et indissociable de l’implantation de la seigneurie sur le territoire au XVIIe siècle, de ses transformations aux XVIIIe et XIXe siècles, puis de son abolition en 1854. Encadrée par la Coutume de Paris, la confection des papiers terriers débute dès le XVIIe siècle et s’insère progressivement dans les usages des seigneurs laurentiens au cours du XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, dans le contexte d’une transition amorcée vers une économie basée sur le capitalisme industriel, le recours aux terriers devient massif et généralisé.

La confection du terrier nécessite beaucoup de temps et de ressources. Elle soulève pour l’historienne et l'historien des enjeux qui touchent à la fois à la matérialité de l’objet écrit et aux modes de pouvoir dans la seigneurie. Ce sont à ces enjeux qu'ils proposent de réfléchir : comment le terrier était-il confectionné? Qu’est-ce que sa fabrication impliquait pour les tenanciers? Sous quelle forme le terrier se présente-t-il au fil des siècles?

Résumés biographiques

Emmy Bois est doctorante en histoire à l’Université de Sherbrooke, sous la direction du Pr Benoît Grenier (UdeS) et du Pr Jean-Philippe Garneau (UQAM). Spécialiste de l’histoire du Québec préindustriel, Emmy est récipiendaire d’une bourse d’études supérieures du Canada Vanier pour la réalisation de son doctorat. Ses recherches portent sur les pratiques de gestion seigneuriale et sur la régulation juridique des rapports seigneuriaux laurentiens. Son mémoire de maîtrise était consacré à l'étude de la pratique des papiers terriers dans la vallée du Saint-Laurent entre 1632 et 1854. Il a retenu l’attention du jury de la 22e édition des Prix du livre politique de l’Assemblée nationale du Québec en 2024, en se classant comme finaliste de la catégorie « mémoire de maîtrise ». Sa thèse de doctorat, en cours d’élaboration, s’intitule « Une réaction féodale laurentienne? La régulation juridique des rapports seigneuriaux au Canada, 1764-1854 ».

Philippe Lambert est doctorant en histoire à l’Université de Sherbrooke, sous la direction du Pr Benoît Grenier et du Pr Arnaud Montreuil (Université du Québec à Chicoutimi). Après avoir complété un mémoire de maîtrise en histoire médiévale à l’Université Laval (2024), il se tourne désormais vers la seigneurie laurentienne comme principal objet d’étude et propose de la situer dans la longue histoire du système de domination propre à la civilisation de l’Occident médiéval. Ses recherches doctorales bénéficient de l’appui financier du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada. Son projet de thèse, intitulé « Écrire, administrer et dominer la seigneurie chez les Jésuites à Québec, Trois-Rivières et Montréal (1626-1800) », porte sur la nature de la domination seigneuriale dans la seigneurie laurentienne, sa reproduction dans le temps long et la place de l’écriture dans la fixation des rapports de pouvoirs entre seigneurs et censitaires. 

Propulser le leadership municipal : efficacité du codéveloppement auprès de cadres intermédiaires et de premier niveau

  • Anne-Sophie Lacelle, 3e cycle (Département de psychologie)
  • Pre Marie-Claude Lallier Beaudoin (Département de psychologie)
  • Ophélie Larocque, 3e cycle (Département de psychologie)

Sous forme de conférence vulgarisée, des membres du Labo Psy-CO vous présenteront le protocole de recherche du projet partenarial « Propulser le leadership municipal : efficacité du codéveloppement auprès de cadres intermédiaires et de premier niveau ».  

Œuvrant à la jonction entre les équipes, la direction et l’appareil politique, les gestionnaires municipaux jouent un rôle critique pour l’atteinte des objectifs stratégiques et la concrétisation des priorités citoyennes. Comment favoriser le développement de leur leadership dans un contexte d’exigences croissantes?

Le Labo Psy-CO fait le pari que le codéveloppement, une approche d’apprentissage en groupe proposant un processus en six étapes (Champagne, 2021), peut constituer une méthode appropriée. Malgré qu’il s’agisse d’une méthode répandue dans les municipalités québécoises, l’efficacité du codéveloppement pour soutenir le développement des cadres intermédiaires et de premier niveau demeure toutefois à établir.  

Ainsi, à l’automne 2025, 128 gestionnaires ont été recrutés dans huit municipalités québécoises afin d’être répartis en 16 groupes de codéveloppement qui se rencontreront six fois d'ici la fin du printemps 2026. L’objectif est (1) d’examiner l’efficacité du codéveloppement sur le sentiment d’efficacité personnelle, le leadership transformationnel et le bien-être psychologique au travail, et (2) d’identifier les facteurs affectant son implantation et ses effets dans le contexte municipal.  

Pour ce faire, les gestionnaires et la personne animatrice remplissent des questionnaires quantitatifs (préintervention, mi-parcours, postintervention et six mois après la fin du programme). Les données des gestionnaires seront comparées à celles d’un groupe contrôle équivalent. En complément, 20 entrevues semi-structurées seront menées auprès des gestionnaires participants et de la personne animatrice.

Lors de cette conférence, Anne-Sophie, coordonnatrice de recherche, et Ophélie, animatrice des groupes de codéveloppement, partageront leur expérience. Du recrutement à l’intervention, en passant par la collecte de données, ce projet partenarial a été parsemé de défis et de succès qui méritent d’être partagés. 

Résumés biographiques

Étudiante en première année au doctorat en psychologie du travail et des organisations, Anne-Sophie Lacelle occupe le rôle de coordonnatrice de recherche au sein du Labo Psy-CO. Passionnée par les dynamiques humaines, elle a décidé de s’intéresser dans le cadre de sa thèse à l’effet de la personnalité sur l’efficacité du codéveloppement, en explorant le rôle du climat de groupe et les facteurs qui le façonnent. Forte de son expérience de leadership et d’implication dans la communauté étudiante, elle aspire à contribuer au développement de milieux de travail plus collaboratifs, humains et stimulants.

Actuellement étudiante de cinquième année au doctorat en psychologie du travail et des organisations, Ophélie Larocque est auxiliaire de recherche et d’enseignement auprès du Département de psychologie de l’Université de Sherbrooke ainsi qu’auprès du laboratoire CESAR, affilié au CRIUSMM et à l’Université de Montréal. Appuyés par des bourses d’études supérieures du CRSH, ses travaux de thèse portent principalement sur le leadership inclusif, ainsi que sur l’expérience de stress et d’épuisement professionnel auprès de populations minoritaires. Portée par la mission de soutenir des milieux de travail sains, inclusifs et mobilisants, elle adopte une approche d’accompagnement humaine axée sur la collaboration et la consolidation des compétences individuelles et collectives. Son internat en psychologie du travail, réalisé en partenariat avec l'Université de Sherbrooke, l'amène notamment à animer des groupes de codéveloppement professionnel auprès de gestionnaires municipaux.

Marie-Claude Lallier Beaudoin est professeure au Département de psychologie de l’Université de Sherbrooke et psychologue du travail. Ses travaux de recherche se centrent sur la pratique de la consultation organisationnelle, en explorant notamment les facteurs individuels, relationnels et contextuels susceptibles d’en affecter l’efficacité, et sur le phénomène de l’imposteur. Elle dirige le Laboratoire sur la psychologie de la consultation organisationnelle (Labo Psy-CO) et ses recherches sont financées par le FRQSC et le CRSH. Ayant à cœur de contribuer à l’épanouissement de la population étudiante universitaire, elle s’implique activement dans l’Observatoire sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur (OSMÉES), où elle agit à titre de responsable de l’Axe M5 – Collaborations nationales et internationales. Avant d’amorcer sa carrière académique, elle a œuvré comme chargée de cours en Australie (University of Wollongong et Australian Catholic University) et comme consultante dans les champs du développement organisationnel, du développement des compétences et du coaching. 

Mercredi 25 mars

12 h à 13 h | SÉANCE 5

Cultiver la résistance : l’écoanarchisme et la littérature comme imaginaire collectif

  • Leea Rebeca Ruta, 2e cycle (Centre universitaire de formation en environnement et développement durable)
  • Pre Isabelle Lacroix (École de politique appliquée) 

Cette table ronde propose une exploration interactive de l’écoanarchisme à travers le prisme de l’imaginaire littéraire utopique. Plutôt qu’une présentation traditionnelle, la séance prendra la forme d’un espace participatif où les personnes participantes réfléchiront collectivement aux dimensions écologiques, éthiques et esthétiques de la pensée anarchiste dans la littérature et la vie quotidienne. S’appuyant sur le mémoire de maîtrise de Leea Rebeca Ruta, qui analyse la manière dont certaines œuvres littéraires traduisent les principes écologiques anarchistes (tels que l’entraide, l’autonomie et l’autoorganisation communautaire), la discussion invitera les participantes et participants à envisager comment la fiction reflète et inspire des formes concrètes de résilience collective.

La séance débutera par une brève introduction par Isabelle Lacroix qui expliquera l'approche interdisciplinaire et la bidisciplinarité de l'encadrement du mémoire. Après, Leea Rebeca Ruta introduira les fondements intellectuels de l’écoanarchisme et ses croisements avec les études littéraires et empiriques de son mémoire, par le biais d'un aperçu du sujet qui se concentre sur la question suivante : comment les utopies littéraires imaginent-elles des mondes décentralisés et durables, en résonance avec des pratiques réelles comme le jardinage communautaire/collectif/solidaire?

Les participantes et les participants seront ensuite invités à une courte activité collaborative, consistant à réagir à un extrait ou à une question tirée d’une œuvre étudiée ou d'une citation d'un jardinier anonyme tirée de des entrevues faites par Leea Rebeca Ruta. Cet échange mettra en pratique l’esprit dialogique et non hiérarchique propre à l’anarchisme, en privilégiant la cocréation des savoirs plutôt que leur simple transmission. Cette table ronde interactive vise à dissoudre la barrière entre conférencières, conférenciers et auditoire pour instaurer une enquête collective fondée sur le soin, la réciprocité et l’échange horizontal.

Résumés biographiques

Leea Rebeca Ruta est étudiante à la maîtrise en environnement au Centre universitaire de formation en environnement, où elle rédige un mémoire interdisciplinaire sur la littérature utopique de science-fiction et sur l’écoanarchisme, complémentée par des entrevues de terrain avec des jardins locaux autogérés. Elle travaille au Centre de langues de l’Université de Sherbrooke et elle est vice-présidente du regroupement étudiant LGBTQ+ UdeS. Ses champs d’intérêts sont la littérature de science-fiction, l’histoire de la Roumanie, les mouvements philosophiques d’écologie radicale, la justice environnementale et autres enjeux interdisciplinaires connexes des sciences humaines environnementales.

La professeure Isabelle Lacroix enseigne à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke. Elle est vice-doyenne au développement et à l’international à la Faculté des lettres et sciences humaines et aussi directrice du Centre de langues. Ses champs d’intérêt sont la politique canadienne et québécoise, le processus décisionnel, les politiques publiques, la gouvernance multijoueur, l’innovation et les représentations politiques et sociales dans la science-fiction. 

Entre géographie, poésie et théorie : le cas du Sahara algérien

  • Rémi Brosseau-Fortier, 1er cycle (École de de politique appliquée)
  • Audrey Tremblay, 2e cycle (École de de politique appliquée)
  • Yacine Hamdi, 2e cycle (École de de politique appliquée)

Sous forme d’une table ronde interactive, cette activité vise à exposer les différentes manières d’envisager un même terrain de recherche, le Sahara des communautés touarègues au cours de la période coloniale. Elle s’ancre dans la programmation de recherche du professeur Adib Bencherif (École de politique appliquée) subventionnée par le CRSH. 

D’abord, Rémi Brosseau-Fortier présentera les résultats de son stage d’initiation à la recherche en sciences humaines portant sur les communautés touarègues de la région de l’Ajjer. Il est question du rôle du territoire sur les dynamiques politiques régionales, notamment des frontières physiques et imaginaires entre les zones occupées par les puissances coloniales. 

L’immersion de Yacine Hamdi dans les récits internes permettra, dans un second temps, d’analyser la manière dont certains Touaregs, peuple à tradition orale, façonnent leur perception du terrain à travers la poésie. Leurs poèmes sont des archives vivantes qui révèlent une historicité enracinée dans la mémoire collective. Ils éclairent les dynamiques du conflit, sa justification, le rôle central des femmes, et la signification de l'honneur. Raconter le terrain par la voix poétique touarègue offre une perspective interne, nuancée, mais surtout essentielle à la compréhension de ce territoire complexe. 

Enfin, Audrey Tremblay abordera les défis liés à la théorisation des données issues de son terrain dans les archives coloniales d’Aix-en-Provence. Cette présentation examinera la question de la théorisation d’un espace d’enquête peu connu et chargé symboliquement par des mémoires conflictuelles. Elle démontrera comment le travail collectif favorise une opérationnalisation théorique plus souple, apte à mettre en lumière l’agentivité des acteurs. 

Cette réflexion d’équipe invite à repenser l’histoire coloniale en la nuançant pour s’éloigner des essentialismes, sans toutefois céder à une lecture romantisée de la résistance.

Résumés biographiques

Étudiant de troisième année au baccalauréat en études politiques appliquées, Rémi Brosseau-Fortier a effectué un stage d’été d’initiation à la recherche au 1er cycle sur les dynamiques politiques au Sahara algérien au 20e siècle sous la supervision du professeur Adib Bencherif. Sa recherche portait plus spécifiquement sur les relations de pouvoir entre les communautés touarègues de la région de l’Ajjer et les puissances coloniales. Cette expérience formatrice a confirmé sa passion pour la recherche, notamment sur les questions sécuritaires. Sa participation à l’École d’été sur l’analyse des risques géopolitiques et transversaux, organisée par le Laboratoire interdisciplinaire sur les risques et les crises (LIRIC), lui a permis de développer des compétences en analyse des risques. Actuellement auxiliaire de recherche à la Chaire UNESCO-PREV, il prévoit poursuivre ses études au 2e cycle en effectuant une maîtrise de type mémoire portant sur la géopolitique des minéraux critiques et stratégiques en Asie.

Étudiante à la maîtrise en études politiques appliquées (cheminement recherche avec mémoire) à l’Université de Sherbrooke, Audrey Tremblay a collaboré à plusieurs projets de recherche portant sur l’évolution des relations entre les Touaregs et l’autorité centrale en Algérie supervisés par le professeur Bencherif. Elle est également analyste en transport maritime au ministère des Transports et de la Mobilité durable du Québec. Ces expériences ont nourri son intérêt pour la mobilité comme objet politique, tant au sein des communautés nomades que des États centralisés. Son mémoire s’intéresse au développement des relations militaires, économiques et politiques entre les Touaregs et les autorités coloniales françaises en Algérie, en mobilisant les notions de mobilité et de territorialité comme cadres d’analyse. 

Étudiant à la maîtrise en études politiques appliquées (cheminement en politiques publiques et internationales avec essai) à l'Université de Sherbrooke, Yacine Hamdi s'intéresse particulièrement aux dynamiques culturelles et politiques des sociétés sahariennes d’Algérie. Sa recherche actuelle vise à démystifier la complexité de la perception de la guerre chez les Touaregs de l'Ahaggar. En se concentrant sur l'analyse de leurs poèmes guerriers, Yacine cherche à faire ressortir comment les Touaregs façonnent et donnent sens aux conflits. Son travail explore également les nuances de la perception de l’adversaire. Il s'agit d'examiner si cette perception varie en fonction de l'origine de l'adversaire, en distinguant notamment les guerres intestines des confrontations avec les puissances coloniales françaises. Cette approche permet de mettre en lumière les constructions identitaires, les justifications des combats et les valeurs sous-jacentes qui animent la vision touarègue, offrant ainsi une lecture plus riche des réalités politiques et sociales du Sahara.  

Le conte littéraire, redoutable dispositif politique 

  • Pre Sarah Rocheville (Département des arts, langues et littératures)
  • Oualid Bachtarzi, 3e cycle (Département des arts, langues et littératures)

Voici la question à laquelle nous aimerions répondre en dépliant, telle la mise à plat d’un dispositif efficace, de multiples replis interprétatifs que contiennent le conte. Pour ce faire, nous concentrons notre analyse sur le conte repris par Leili Avar dans ses Contes de sages persans (2019), « Le Chasseur de serpents ». Notre intervention entend cerner les nouvelles conditions de possibilité du genre en interrogeant plusieurs enjeux philosophiques et politiques que les conditions actuelles soulèvent. 

Après un rappel de la rocambolesque histoire du genre, jalonnée notamment par les conceptions coloniales des XIXe et XXe siècles, nous examinerons les fonctions philosophique et morale réactualisées – tout autant que réactivées – du conte en reprenant, notamment, les hypothèses de Marc Aubaret (Le conte, témoin du temps, observateur du présent, 2011). Afin de considérer toute la mesure de l’élan politique que contient le conte aujourd’hui, nous convoquerons enfin les concepts clés de Weltliteratur et de métamodernisme. 

Résumés biographiques

Oualid Bachtarzi est doctorant en études littéraires et culturelles à l’Université de Sherbrooke. Titulaire d’une maîtrise en littérature et approches interdisciplinaires de l’Université de Constantine (Algérie) et d’un MBA en marketing (Pôle Paris Alternance), il est également animateur au Centre de langues. Ses recherches doctorales interrogent le statut politique et philosophique du conte au XXIe siècle, qu’il explore à travers une approche interdisciplinaire.

Sarah Rocheville est écrivaine et professeure titulaire de littérature au Département des arts, langues et littératures. Elle a notamment fait paraître les romans Tu vis à Paris, je pense (Nota Bene, 2024), Go West, Gloria (Leméac, 2014, prix Alfred-DesRochers) et l’essai Études de voix. Sur Louis-René des Forêts (VLB éditeur, 2009). Elle a été cofondatrice des cahiers littéraires Contre-jour. Ses recherches portent sur les liens entre littérature et éthique. 

13 h 30 à 14 h 30 | Événement spécial

Comment explorer les imaginaires de la transition socioécologique? Trois ateliers issus d'approches terrain dans le cadre du projet EXIT

  • Pr Julien Pierre (Département de communication)
  • Manon Vanbesien, artiste et médiatrice culturelle
  • Félix Baril, 2e cycle (Département de philosophie et d'éthique appliquée)
  • Guillaume Madore, 3e cycle (Département des arts, langues et littératures)

Cet événement est présenté en trois volets.

VOLET 1 - Méthodes affectives pour terrain sensible

Qu'est-ce qui inspire les acteurs de la transition écologique? Selon le contenu des discours inspirants et la manière dont ils circulent dans le milieu des affaires ou dans les milieux communautaires, les conditions de vie au Québec pourraient prendre des trajectoires plus ou moins désirables. L’enjeu de leur analyse est donc crucial. Le projet EXIT (CRSH Développement savoir, porté par le Pr Julien Pierre ) vise à explorer les imaginaires de la transition socioécologique des acteurs de l'économie numérique au Québec. Mais quelles formes prennent ces imaginaires sur le terrain? Comment les observer, les saisir, les interpréter et les restituer? L'équipe souhaite présenter une certaine pratique du terrain, à travers l'ethnographie affective. Cette méthode s'attache aux corps, aux ambiances, aux traces pour saisir les imaginaires en action.

Afin de contextualiser le terrain, elle propose une immersion audiovisuelle (vidéo d’une minute et sélection de discours corporatifs). L'équipe présentera ensuite une version simplifiée des outils mobilisés (écriture autoethnographique des affects, avec la roue des émotions, la roue des ambiances et la matrice des inspirations) en invitant les personnes à qualifier leur ressenti à l'égard de l'expérience vécue. Elle mettra ensuite en perspective ces ressentis avec les objectifs de la recherche.

VOLET 2 - Méthode inductive pour saisir les imaginaires

Ce deuxième volet de cet événement spécial prendra la forme d'un atelier et consistera à une découverte de la méthode inductive et par théorisation ancrée. Pour ce faire, les participantes et participants seront invités à se mettre en petits groupes pour reproduire le travail qui a été fait par l’équipe de recherche. Les organisateurs présenteront la description de la mission, de la vision et des valeurs de certaines entreprises et demanderont aux groupes de tenter d’en extraire une synthèse, des mots-clés et ensuite de catégoriser ce qu’ils ont analysé selon l’une des catégories issues de la recherche faite par les organisateurs.

Dans un second temps, la mise en commun des résultats sera comparée aux résultats de l’équipe de recherche. Cela permettra de présenter ce que la méthode inductive et par théorisation ancrés a permis de dévoiler sur les imaginaires de la transition socioécologique des acteurs de l'économie numérique au Québec. Seront aussi précisées les modalités de l'enquête sur le terrain numérique.

Enfin, cet exercice permettra de mettre en valeur la pertinence de l’approche inductive dans l’analyse des imaginaires et d’explorer les possibilités offertes par cette méthode d’analyse

VOLET 3 - Convergence avec les approches computationnelles

Afin de contextualiser les imaginaires, les participantes et participants auront accès lors de cet atelier à différents lots de mots qui ont été repérés par IraMuTeQ lors de l’analyse d’une infolettre d’un festival qui a pour sujet la transition écologique. Une période de 5 minutes de cocréation sera donnée et la consigne « si vous aviez à présenter un tel événement, comment vous y prendriez-vous avec les mots suivants? Quel type de langage serait au cœur de votre discours? »

Les équipes seront invitées à présenter leurs résultats. Il s’ensuivra une courte présentation du logiciel IraMuTeQ, ainsi que des différents possibles qu’offrent une telle approche. Une brève conclusion fera un retour sur les imaginaires suscités et à savoir si ce qui a été perçu par l’équipe concorde avec les impressions initiales des participantes et participants. 

Résumés biographiques

Julien Pierre, professeur au Département de communication, chercheur principal du projet EXIT. Il s'intéresse aux émotions, aux imaginaires et aux méthodes créatives.

Manon Vanbesien est titulaire d'une maitrise en médiation interculturelle à l'UdeS. Artiste photographe et médiatrice culturelle à Longueuil, elle envisage de poursuivre avec un 3e cycle en recherche-création.

Doctorant en études littéraires et culturelles, Guillaume Madore est aussi un artiste multidisciplinaire. Ses travaux, comme ses créations, s’intéressent plus particulièrement aux mises en récit de soi à partir de matériaux biographiques. 

Félix Baril est candidat à la maîtrise en philosophie. S'intéressant à l'espace public et à l'impact social des technologies, il est auxiliaire de recherche sur Exit et démonstrateur en logique. 

16 h à 17 h 30 | SÉANCE 6

Féministes et lectrices de dark romance? Étude de la réception de Captive sur TikTok

  • Élisabeth Grégoire, 3e cycle (Département des arts, langues et littératures)

On assiste, dans les dernières années, à l’essor de la dark romance. Ce sous-genre ramène en surface une ancienne inquiétude concernant le lectorat féminin : celui-ci serait vulnérable aux contenus subversifs véhiculés par les romans de dark romance et serait peu apte à se distancier des fictions qu’il lit (Bigey et Olivier, 2010). Par conséquent, les lectrices ferventes de dark romance se tournent massivement vers des lieux alternatifs où elles peuvent partager leur passion pour ce sous-genre, en étant soustraites au jugement. 

L’application TikTok, où un microcosme du nom de BookTok s’est développé depuis 2020, incarne l’un des espaces privilégiés pour les amatrices de romances. En ce sens, l’engouement des lectrices pour la dark romance peut être perçu comme une façon de résoudre les contradictions quant à l’inégalité hommes-femmes qui persistent dans leur imaginaire (Illouz, 2014). 

À travers une étude de la réception de la dark romance Captive de Sarah Rivens, Élisabeth Grégoire propose de présenter les résultats de son mémoire, qui a examiné les commentaires de BookTokeuses faisant part de leurs lectures sur l’application. Cette analyse a permis d’invalider les critiques adressées à une production sentimentale qui, publiée dans une période où le féminisme semble avoir des acquis solides, tend à surexposer (voire à « romantiser ») la violence faite aux femmes. 

Loin de former un tout monolithique et passif dans l’acte de lecture, les lectrices de romance ont des opinions arrêtées quant aux caractéristiques des récits, aux styles d’écriture et au paratexte caractérisant la production sentimentale. De plus, elles sont bel et bien en mesure de repérer la violence dans ces récits et développent de multiples stratégies pour s’en distancer, voire la dénoncer. 

Résumé biographique

Élisabeth Grégoire est étudiante au doctorat en études littéraires et culturelles à l’Université de Sherbrooke. Sa thèse, qu’elle réalise sous la supervision de la professeure Marie-Pier Luneau, se penche sur les motivations et préoccupations des lectrices québécoises de dark romance. Elle est également assistante de recherche au Groupe de recherches et d’études sur le livre au Québec (GRÉLQ) depuis 2022 et secrétaire adjointe pour l’Association québécoise pour l’étude de l’imprimé (AQÉI) depuis janvier 2024. 

Construire la fiction en télé-réalité : Occupation Double Chypre et les mécanismes narratifs

  • Océane Héraud, 2e cycle (Département des arts, langues et littératures)
  • Léanne Laprise, 2e cycle (Département des arts, langues et littératures)

En septembre 2025, les diffusions numériques de la nouvelle saison d’Occupation Double Chypre « se sont hissées au premier rang des contenus qui rejoignent le plus de gens au Canada parmi toutes les plateformes numériques de Bell Média, et ce, [en français et en anglais] » (mParticle, Crave; ⁦Noovo.ca⁩; ⁦CTV.ca⁩, septembre 2025). 

L’engouement pour la téléréalité amoureuse fait écho à celui de la littérature sentimentale populaire, qui a connu un succès retentissant ces dernières années (Cantin et Luneau, 12 avril 2024). Dans cette optique, l’article « La téléréalité au prisme de la littérature romanesque : un imaginaire dystopique pour penser les mutations du monde contemporain » (Barrette et Boisvert, 2024) propose d’analyser les représentations littéraires de la téléréalité. Or, la téléréalité, en tant qu’objet culturel et médiatique, peut-elle être étudiée en tant que terrain de recherche littéraire? 

Cette communication propose d’analyser les différents dispositifs et stratégies permettant à Occupation Double Chypre de se positionner en tant que récit de fiction. Nous proposons que la téléréalité présente une version idéalisée et trompeuse de la réalité en créant une fiction qui pose ses assises sur trois grands axes, soit le « filmé », le « raconté » et le « confesser ». 

Dans un premier temps, nous aborderons le processus de tournage et de montage. Cela entraine une scénarisation implicite qui passe par la fabrication d’archétypes (comme la victime, le stratège, le méchant, etc.). Dans un second temps, les stratégies conversationnelles des personnes candidates seront analysées à travers les théories de la performativité et des faces positives et négatives, définies par Catherine Kerbrat-Orecchioni et Penelope Brown et Stephen C. Levinson. Enfin, les confessionnaux permettant une forme de métanarration et de mythologisation de soi dans lesquelles les personnes candidates se présentent sous un jour favorable seront étudiés.

Résumés biographiques

Océane Héraud est étudiante à la maîtrise en études littéraires et culturelles en recherche-création à l’Université de Sherbrooke, ainsi qu'auxiliaire de recherche et d'enseignement. Elle s’intéresse aux espaces intimes et à leur réappropriation chez les femmes dans les récits poétiques contemporains. Sa communication écrite, « ‘‘À force de forger, on devient forgeron’’, à force de travailler, on devient pécheresse : la caractérisation de l’ouvrière dans la littérature populaire de l’après-guerre », réalisée au cours de son stage de premier cycle mené au GRELQ sous la direction de Marie-Pier Luneau, est disponible sur le site du Fonds de recherche du Québec.

Léanne Laprise est étudiante à la maîtrise en études littéraires et culturelles à l’Université de Sherbrooke. Ses recherches portent principalement sur les enjeux de l’écriture inclusive dans le milieu éditorial québécois. Elle est également auxiliaire de recherche au GRELQ, le Groupe de recherches et d’études sur le livre au Québec, et a été panéliste à la table ronde « “ Inspirantes!” 50 ans d’édition féministe au Québec » du Salon du livre de Montréal en 2025.

La médiation culturelle chez les personnes aînées dans une perspective du vieillissement en santé

  • France Jodoin, 3e cycle en gérontologie (École de travail social)

Notre recherche-action s’inscrit dans le contexte du vieillissement en milieu rural estrien et autour du cas paradigmatique Culture aux aînés, présent dans les municipalités régionales de comté du Val-Saint-François et Des Sources. Dispositif novateur interdisciplinaire encadré par une action de médiation culturelle, Culture aux aînés vise à favoriser la participation sociale et réduire l’isolement social des personnes aînées vivant en milieu rural. Pour cela, il mise sur le pouvoir de l'accompagnement dans les arts et la culture. 

Présentant d’abord la problématique et les facteurs de risque de l'isolement social et du sentiment de solitude chez les personnes aînées, cette recherche-action explique ensuite ce qu'est la médiation culturelle et ses deux logiques d'action, la démocratisation et la démocratie culturelle. Afin de répondre à notre question sur la contribution de la médiation culturelle sur le vieillissement en santé, nous présenterons des résultats préliminaires sur l'expérience de la médiation culturelle vécue par 15 personnes aînées participantes à Culture aux aînés, à l'aide d'extraits d'entrevues. Quelles sont les barrières et les facilitants à leur participation culturelle et quel est l'itinéraire (avant, pendant et après) de leur expérience? 

Nous analyserons ensuite cette expérience en formulant des liens hypothétiques entre le vieillissement en santé et les principes de médiation culturelle conçus par Culture aux aînés et la chercheuse observatrice participante présente dans tous les comités et toutes les étapes de ce projet innovateur d'impact collectif. À ce stade préliminaire de notre recherche, nous percevons que l’itinéraire de l’expérience de la médiation culturelle a le potentiel, dans certains cas, de créer des occasions de liens sociaux bénéfiques au bien-être. En plus de créer du lien social, la médiation culturelle a aussi le potentiel d'être une source de transformation sociale chez les personnes aînées en créant des conditions propices à leur autonomie, inclusion sociale et solidarité. L’expérience des participantes et participants à la médiation culturelle a aussi le potentiel de contribuer à leur vieillissement en santé en créant des conditions propices à la participation sociale, à la qualité de vie, aux liens sociaux et au bien-être. 

Résumé biographique

France Jodoin est candidate au doctorat en gérontologie à l’Université de Sherbrooke. Sa recherche-action porte sur l’expérience de la médiation culturelle chez les personnes aînées en milieu rural. Elle a fait des études et a œuvré pendant plus de 25 ans en communication (animation/journalisme à Radio-Canada) et en gestion. Ses champs d’intérêt sont la culture, la santé, la politique, le sport et le vieillissement. 

Jeudi 26 mars

12 h à 13 h | SÉANCE 7

Qu’est-ce que le changement thérapeutique chez les personnes auteures de violence entre partenaires intimes?

  • Maxyme Leblanc, 1er cycle (Département de psychologie)
  • Pre Audrey Brassard (Département de psychologie)

La violence entre partenaires intimes est une problématique sociale importante au Québec et dans le monde, ce qui a mené à l’élaboration de programmes d’intervention visant à faire cesser la violence. L’efficacité des interventions chez les personnes auteures de violence entre partenaires intimes (PAVPI) fait l’objet de plusieurs remises en question, entre autres parce que l’évaluation de leur efficacité repose principalement sur le taux de récidive violente post-traitement. Néanmoins, une telle approche ne permet pas de rendre compte de l’évolution des PAVPI à travers leur suivi thérapeutique. 

Ainsi, il est essentiel de considérer d’autres indicateurs du changement thérapeutique permettant d’appuyer les équipes d’intervention dans leurs recommandations futures. Certaines PAVPI pourraient avoir besoin de poursuivre le suivi au-delà du programme offert, n’ayant pas atteint les cibles du programme. Inversement, d’autres pourraient avoir complété la thérapie avec succès en apportant des changements significatifs quant à leurs attitudes, comportements et capacité de réguler leurs émotions. 

Ce projet de recherche s’inscrit dans une étude partenariale plus large menée en collaboration avec 22 organismes québécois de l’association À cœur d’homme. Il a pour objectif de définir de manière opérationnelle des indicateurs du changement thérapeutique chez les PAVPI en examinant le contenu de groupes de discussion réalisés en ligne avec 12 personnes intervenantes et 14 directions d’organismes communautaires spécialisés. Une analyse thématique a été réalisée avec le logiciel Libre QDA. Huit thèmes initiaux ont été élaborés : responsabilisation de la violence, autonomie, choix de non-violence, engagement envers la démarche, réciprocité de l’aide, réflexivité, mentalisation et manifestations comportementales. À partir de ces thèmes, une grille d’observation des changements thérapeutiques a été développée en collaboration avec l’association À cœur d’homme, qui permettra de guider les personnes intervenantes dans l’ajustement de leurs suivis auprès des PAVPI. 

Résumés biographiques

Maxyme Leblanc a complété un baccalauréat en psychologie à l'Université de Sherbrooke. Iel s'intéresse à la portée clinique de la recherche en psychologie, plus particulièrement à l’amélioration des services offerts aux personnes auteures de violence entre partenaires intimes. Iel s’implique dans le vaste projet partenarial À cœur d’homme du Laboratoire de recherche sur le couple et la sexualité. C’est dans le cadre du Programme de stages d’été d’initiation à la recherche dans une discipline des sciences sociales et humaines que Maxyme a pris part au présent projet de recherche, sous la supervision de la Pre Audrey Brassard, en collaboration avec les organismes partenaires venant en aide aux personnes auteures de violence entre partenaires intimes.

La psychologue Audrey Brassard est professeure titulaire au Département de psychologie de l’Université de Sherbrooke. Elle dirige la Chaire de recherche du Canada sur la détresse relationnelle et la violence entre partenaires intimes, ainsi que le Laboratoire de recherche sur le couple et la sexualité. Ses travaux de recherche portent sur les déterminants de la détresse relationnelle et de la violence entre partenaires intimes, ainsi que sur la prévention et l’intervention visant à réduire la détresse et la violence. Elle est membre chercheuse de l’Équipe SCOUP – Sexualité et Couple et du Centre de recherche interdisciplinaire sur les problèmes conjugaux et les agressions sexuelles (CRIPCAS). 

Quand la recherche rencontre la vraie vie : adapter la gouvernance pour une participation authentique

  • Julie Martin, 3e cycle en gérontologie (École de travail social)
  • Micheline Laverdure, proche aidante

Cette communication, présentée par une proche aidante partenaire et une étudiante au doctorat en gérontologie et travailleuse sociale, propose un regard innovant sur l’inclusion et la participation citoyenne à travers l’expérience du comité de la Vraie Vie. Cette instance participative cocréée a émergé du laboratoire vivant intersectoriel Transilab Laval–ROSA (FRQS–MSSS, 2022-2025), qui réunit chercheurs, cliniciens, gestionnaires et citoyens partenaires autour d’un même objectif : améliorer la trajectoire de soins des personnes vivant avec un trouble neurocognitif et de leurs proches aidants.

Le comité de la Vraie Vie regroupe des personnes proches aidantes ou vivant avec un trouble neurocognitif, une coordonnatrice-facilitatrice ainsi qu’une agente de planification, de programmation et de recherche. Ensemble, ils cherchent à faire entendre la voix de l’expérience dans les décisions du laboratoire et à coconstruire des solutions ancrées dans les réalités vécues.

À travers une démarche réflexive et participative, cette présentation mettra en lumière les conditions gagnantes ayant permis une participation réellement inclusive : l’importance d’un accompagnement soutenu, la mise en place d’outils partagés pour comprendre les enjeux de recherche, l’instauration d’un climat de confiance et la reconnaissance du savoir expérientiel comme savoir à part entière. Les défis rencontrés (ex. : gestion du temps, langage parfois technique, rythme des travaux) seront abordés avec transparence, de même que les apprentissages réciproques qui ont émergé au fil des rencontres.

Au-delà du cadre du projet, cette expérience illustre comment une gouvernance participative peut transformer la dynamique entre chercheurs et citoyens. En conclusion, les présentatrices discuteront des conditions nécessaires pour que de tels comités deviennent de véritables espaces d’innovation partagée, capables d’inspirer d’autres initiatives de recherche collaborative en santé et en services sociaux. 

Résumés biographiques

Micheline Laverdure est proche aidante de sa belle-maman de 100 ans, qui est atteinte de troubles neurocognitifs majeurs (TNCM). Depuis plus de 20 ans, son accompagnement quotidien auprès de sa belle-maman a développé chez elle un désir d'apprendre pour mieux comprendre les enjeux de la maladie. Elle a suivi des formations offertes par des organismes communautaires et des universités. Elle a participé à plusieurs projets de recherche, comités et ateliers qui s'intéressent à l'amélioration des soins et services aux personnes atteintes de TNCM. Depuis 2021, elle agit à titre de cochercheuse citoyenne dans le projet de recherche du Transilab Laval-ROSA. Lorsqu'elle livre son savoir expérientiel, il est souvent accompagné de « c'est comme ça dans la vraie vie »; des chercheuses et des intervenantes ont créé le comité de la Vraie Vie afin de soutenir, développer et encourager la participation citoyenne dans le projet de recherche.

Julie Martin est travailleuse sociale et étudiante au doctorat en gérontologie à l’Université de Sherbrooke. Ses travaux portent sur l’évaluation des effets de la gouvernance participative dans les laboratoires vivants, en particulier sur la cocréation d’innovations sociales et organisationnelles en santé. Elle s’intéresse aux conditions qui permettent une participation citoyenne authentique et durable dans les dispositifs de recherche intersectoriels. Depuis 2022, elle agit également comme coordonnatrice de recherche au laboratoire vivant Transilab Laval-ROSA, où elle soutient la mobilisation des partenaires citoyens et la mise en œuvre du comité de la Vraie Vie. Son expérience conjugue ainsi recherche, coordination et intervention, à l’intersection du travail social et de l’innovation collaborative. Son approche met de l’avant la rigueur scientifique, la réflexivité et la reconnaissance du savoir expérientiel comme levier de transformation sociale et institutionnelle. 

La description littéraire au cœur d’un processus créatif : un projet de mémoire découlant d’un assistanat de recherche[-création] 

  • Alexandra Thibeault, 2e cycle (Département des arts, langues et littératures)
  • Pre Kiev Renaud (Département des arts, langues et littératures)

La présente communication vise à présenter un projet de mémoire issu d’une recherche en cours (FRQSC, soutien à la recherche-création pour la relève professorale, 2024-2027). La professeure Kiev Renaud présentera les grandes lignes de ce chantier portant sur la reconduction des codes de la tradition dans la pratique du portrait littéraire en littérature québécoise actuelle. 

Le projet vise à identifier des pistes de renouvellement de cette forme particulièrement figée et à mettre à l’épreuve chaque stratégie identifiée par des exercices d’écriture ciblés afin d’explorer leurs potentialités et leurs limites. Ce sont ces exercices qui ont mené l’étudiante Alexandra Thibeault à développer son propre projet de mémoire en recherche-création, portant sur le potentiel sémantique de la description dans l’œuvre de l’écrivaine québécoise Catherine Leroux. 

Alors que la description littéraire est souvent perçue en opposition avec la narration – ne devant pas l’interrompre trop longuement, au risque de perdre l’intérêt du lectorat –, Alexandra Thibeault postule que c’est précisément dans ces passages que l’on retrouve en germe tous les enjeux et lignes de force qui traversent chaque roman de Leroux. Ainsi, les descriptions abondantes ne constituent pas de simples pauses narratives, mais des éléments dynamiques qui s’entrelacent au récit et le nourrissent, occupent une place centrale. C’est à des descriptions sursignifiantes que l’étudiante s’adonnera elle-même dans le cadre du court roman accompagnant cette réflexion. 

Résumés biographiques

Kiev Renaud est professeure adjointe en recherche-création à l’UdeS. Ses recherches actuelles portent sur le portrait littéraire et visent à trouver des voies pour déconstruire les codes de la description hérités de la tradition, encore abondamment utilisés en littérature contemporaine. Elle est l’auteure de trois romans publiés chez Leméac, Mes yeux vus (2026), Pratique d’incendie (2021) et Je n’ai jamais embrassé Laure (2016). Elle a dirigé le collectif Selfies. Autoportraits d’enfants du siècle (Le Cheval d’août, 2023), rassemblant 30 auteures et auteurs qui y explorent les possibles et les limites de la description du visage.

Alexandra Thibeault est une étudiante à la maîtrise en études littéraires et culturelles, profil recherche-création, à l’UdeS. Son mémoire porte sur la fonction de la description dans les romans de Catherine Leroux, plus précisément sur la manière dont l’autrice s’en sert pour mettre en valeur les thèmes de ses œuvres. Son projet de création prendra la forme d’un court roman dans lequel les lieux et les personnages seront décrits à travers un lexique étroitement lié aux enjeux du texte. Alexandra a complété un baccalauréat en études littéraires et culturelles à l’UdeS en 2023 et a réalisé une session à l’Université polytechnique Hauts-de-France, à Valenciennes, à l’hiver 2025, dans le cadre de sa première année de maîtrise. 

La voix en littérature québécoise contemporaine : lieu commun ou socle de l’identité?

  • Marie-Frédérique Roy, 1er cycle (Département des arts, langues et littératures)

À travers un stage de 290 heures, s’inscrivant dans le projet de recherche de sa superviseure de stage Kiev Renaud [FRQSC, 2024-2027], Marie-Frédérique Roy a explicité les récurrences des clichés dans la description de la voix humaine en littérature contemporaine, en se basant sur un corpus composé d’une vingtaine d’œuvres québécoises – elle y a relevé toutes les descriptions portant sur la voix humaine, pour ensuite catégoriser ces extraits. Ce travail de recherche était doublé d’un processus créatif, qui visait à dépasser ces mêmes clichés, en proposant des façons novatrices d’écrire la voix – l’écriture de poèmes a permis une exploration formelle, tandis que l’écriture d’une nouvelle a permis d’allier la voix à la trame narrative.

Dans l’optique de raconter cette expérience sur le terrain de la recherche en littérature, Marie-Frédérique Roy prendra le temps d’élaborer sur les objectifs de son projet, car ce sont eux qui ont fixé les balises pour ses lectures et ses créations. Elle voulait d’abord établir la fonction des passages décrivant la voix humaine; ensuite, elle ciblait les clichés parmi ces passages et elle identifiait les pistes d’originalité; simultanément, elle tentait de renouveler et de s’approprier ces descriptions par un processus créatif. De cette manière, sa recherche alimentait sa création, et vice-versa.

Résumé biographique

Marie-Frédérique Roy en est à sa dernière année au baccalauréat en études littéraires et culturelles à l’Université de Sherbrooke. Elle a participé à l’École d’été du GRÉLQ, où elle a travaillé le concept de la voix humaine en littérature, à travers un projet de recherche-création. Elle a reçu, pour la vulgarisation de son projet, le prix de la meilleure affiche à la Journée de la recherche du premier cycle. Elle écrit des poèmes et des

16 h à 17 h 30 | SÉANCE 8

Choix étatiques et construction identitaire : comprendre la politique linguistique d’Haïti face à ses réalités historiques et sociolinguistiques

  • Nazaire Joinville, 3e cycle, (Département des arts, langues et littératures)

Le rapport entre les langues en Haïti, soit le créole et le français, fait l’objet de débat depuis plus de deux siècles. À travers, notamment, les politiques linguistiques de ce pays et, surtout, la position dominante de l’élite intellectuelle, un rapport de domination entre ces deux langues se dessinent, et ce, au préjudice du créole, langue qui définit réellement l’haïtianité. Toutefois, depuis quelques décennies, on assiste à un renversement idéologique en faveur du créole, voire un renversement de stigmate chez les créolophones (Joinville, 2025). 

Comme dirait Léger (2020), le mythe de la francophonie en Haïti devient de plus en plus fragile, en ce sens que nous faisons face à une nouvelle réalité sociolinguistique. Ce faisant, un retour sur les différents choix de l’État haïtien à propos de la langue jusqu’à ce renversement s’avère pertinent pour mieux appréhender toute cette dynamique sociolinguistique. 

C’est dans cette optique que cette communication a pour objectif d’explorer deux dimensions principales : d’une part, l’évolution historique de la politique linguistique en Haïti ainsi que les rapports conflictuels entre le créole, le français et le pouvoir qui en découle et, d’autre part, les écarts entre la politique linguistique officielle et la pratique linguistique réelle de la population haïtienne depuis l’indépendance jusqu’à nos jours. 

Cette communication s’appuiera sur une analyse de documents institutionnels et officiels produits entre le XIXe et le XXIe siècle, dans une perspective diachronique. Dans cette communication, il s’agit également d’illustrer le rôle du créole et du français dans la construction de l’identité individuelle et collective en Haïti, ainsi que les représentations sociales attachées à chaque langue, face à la politique linguistique de ce pays. 

Résumé biographique

Nazaire Joinville est doctorant en sciences du langage à l’Université de Sherbrooke, avec une spécialisation en sociolinguistique. Il est titulaire d’une maîtrise en cultures et espaces francophones (option linguistique) à l’Université Sainte-Anne ainsi que d’un baccalauréat en communication sociale à l’Université d'État d'Haïti. Ses travaux de recherche portent principalement sur les idéologies et représentations linguistiques, les dynamiques de contact de langues dans les contextes francophones et créolophones. Par ailleurs, il s’intéresse à la culture haïtienne, en particulier à la musique, qu’il aborde à travers une approche croisant ethnomusicologie et sociolinguistique. 

Présentation d’une carte numérique des lieux de mémoire en Guinée

  • Pr Patrick Dramé (Département d'histoire)
  • David Bouchard (Départements d'histoire et de géomatique appliquée)

La proposition porte sur la présentation d'une carte numérique intitulée « Sites, traces et lieux de mémoire de Guinée ». Elle est le fruit d'un fastidieux travail de recherche en archive et sur le terrain (en Guinée) et elle permet d'analyser les enjeux de mémoire et de représentation de la période révolutionnaire qui a profondément marqué ce pays d'Afrique de l'Ouest. La présentation de cette carte permettra de souligner la méthodologie à mettre en œuvre dans l'analyse d'archives historiques et de montrer la relation complexe entre présent, passé et futur à travers les enjeux de mémoire de la Guinée coloniale et postcoloniale. 

Résumés biographiques

Patrick Dramé est professeur au Département d'histoire de l'UdeS. Ses champs d'expertise portent sur l'histoire coloniale et de la décolonisation ainsi que sur les enjeux de mémoire en Afrique.

David Bouchard, est titulaire de deux maîtrises (en histoire et en géomatique). Il a notamment participé à plusieurs projets de recherche en histoire qui impliquaient la confection d'une carte numérique devant servir comme outil de vulgarisation scientifique. 

Des mouches plein la gorge : la documentation sur le terrain au cœur d’une démarche en recherche-création

  • Suzanne Champoux-Williams, 3e cycle (Département des arts, langues et littératures)

Depuis les grands textes d’alpinisme comme Annapurna, premier 8000 (1951) de Maurice Herzog et Scrambles Amongst the Alps (1871) de Edward Whymper, la forme du récit d’expédition a très peu changé. Est-il possible – ou bénéfique – de renouveler cette forme? Les recherches doctorales de Suzanne Champoux-Williams portent sur le récit d’expédition extrême contemporain où l’exploration géographique s’éclipse au profit d’une exploration de soi et des limites individuelles perçues, et sur les défis de documentation de telles expéditions.

Au cœur de ce type de récits, il se trouve une expérience intense, parfois traumatique, souvent transformatrice. La récurrence d’histoires en diptyques – racontées sous forme de livre *et* sous forme de documentaire – soulève une hypothèse : les expériences limites dont il est question seraient-elles intraduisibles dans le langage littéraire à lui seul?

Afin de tester cette théorie et dans le but d’écrire son propre récit d’expédition, Suzanne Champoux-Williams a planifié et réalisé un voyage en Écosse où l’objectif était de compléter l’ascension du plus de Munros possible en documentant le processus (les Munros sont les 282 montagnes d’Écosse de plus de 3 000 pieds d’élévation, parsemées sur un territoire d’une superficie de 78 789 km2). L’un des enjeux principaux des récits d’expéditions est la documentation; capturer des traces de tels voyages requiert un investissement de temps et de ressources qui ajoute de la complexité au projet.

Lors de cette communication, Suzanne Champoux-Williams présentera son projet de doctorat en recherche-création en se concentrant sur son séjour de recherche le plus récent sur le terrain : trois mois passés dans les montagnes d’Écosse, au Royaume-Uni. Elle expliquera l’importance de la capture d’informations sur le terrain et présentera les façons dont elle a abordé la documentation avant, pendant et après son voyage afin de mieux intégrer l’expérience et, éventuellement, de la traduire sous forme littéraire. 

Résumé biographique

Suzanne Champoux-Williams est originaire de Québec, ville où elle réside présentement. Son parcours alterne entre les arts visuels et la littérature, jusqu’à sa maîtrise à l’Université Laval où elle explore le mélange des langages créatifs au sein du livre d’artiste. Elle poursuit aujourd’hui ses études doctorales en recherche-création à l’Université de Sherbrooke dans le cadre desquelles elle se concentre sur les récits d’expéditions extrêmes, notamment les récits d’alpinisme, et la traduction d’expériences limites dans le langage littéraire. 

Vendredi 27 mars

12 h à 13 h 30 | SÉANCE 9

Pin Solitaire : du quartier au musée

  • Josianne Bolduc (Département des arts, langues et littératures)

Cette communication aborde le terrain comme espace de recherche et d’expérience incarnée dans le cadre d’une démarche de recherche-création en arts visuels. À partir du projet Pin Solitaire (Musée d’histoire de Sherbrooke, 2025), l'artiste Josianne Bolduc, également responsables des programmes en arts visuels à l'UdeS, explorera comment la présence sur le terrain, c’est-à-dire la marche, l’observation, la rencontre, peut devenir un véritable processus de collecte de données sensibles, de réflexion et de transformation.

Dans sa pratique artistique, ce qui l’anime, c’est observer et documenter ce qu'elle appelle « l’occupation vivante des lieux ». Pour elle, cette expression renvoie au lien sensible, social et affectif que nous entretenons avec les espaces partagés : le quartier, le centre-ville, le musée. S’inspirant de Michel de Certeau pour qui « habiter » signifie investir l’espace en y créant des liens, sa recherche s’ancre dans les lieux qui demandent à être vécus, parcourus et réinventés.

Le projet Pin Solitaire illustre cette approche. La recherche a d’abord pris forme dans son quartier, à travers la marche comme méthode d’enquête et d’immersion. Cette attitude performative, fondée sur la présence incarnée et l’écoute du terrain, l’a menée vers un lieu énigmatique : le rocher au pin solitaire, situé dans la rivière Saint-François. Ce moment de rencontre, né de l’attention au présent, a transformé sa trajectoire de recherche. Cherchant à comprendre la symbolique d’une croix érigée sur le rocher, elle a poursuivi ses investigations au Musée d’histoire de Sherbrooke, où le terrain s’est déplacé vers l’espace d’exposition.

Dans cette continuité, Pin Solitaire propose de penser la recherche artistique comme un processus vivant, où le terrain — physique, social et symbolique — devient le moteur d’une connaissance, nourrie par la présence, le dialogue et la réinvention des lieux. 

Résumé biographique

Artiste interdisciplinaire (arts visuels, commissariat et muséologie), Josianne Bolduc explore la notion de lieu habité et d’exposition envisagée comme une œuvre. Son travail accorde une place centrale à la scénographie dans le domaine des arts visuels.

Diplômée de la maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQÀM, elle expose régulièrement en Estrie depuis 2004. En 2018, son œuvre Danse trajet a été présentée à la Faculté d’arts visuels de l’Universidad Autónoma de Nuevo León (UANL) à Monterrey, au Mexique. Elle a également été invitée à donner diverses conférences et formations dans le milieu culturel. Récipiendaire en 2025 de la Bourse aux artistes de la Ville de Sherbrooke et finaliste au Prix du CALQ – Artiste de l’année en Estrie en 2020, ses œuvres figurent dans plusieurs collections publiques au Québec, au Nouveau-Brunswick et au Mexique. Elle enseigne actuellement à l’Université de Sherbrooke. 

CLIQ-Jeunesse : un corpus de littérature jeunesse québécoise comme terrain de recherche multiple

  • Paméla Vachon (CRIFUQ)
  • Laetitia Chicoine, 2e cycle (Département des arts, langues et littératures)

Les corpus de langue, ces ensembles variés de données reflétant les usages oraux et écrits d’une langue à travers le temps, sont souvent créés pour répondre à un besoin spécifique : étude de la variation régionale du français québécois, analyse de traits phonologiques à une époque donnée, etc. Et si, une fois créés, ces corpus pouvaient enrichir d’autres types de recherche?

C’est ce que nous vous invitons à explorer dans cette conférence à partir du corpus de littérature jeunesse québécoise CLIQ-Jeunesse. D’abord conçu en 2014 à l’instigation de la linguiste Hélène Cajolet-Laganière, en collaboration avec une équipe de conseillères pédagogiques du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec pour élaborer la Liste orthographique destinée au primaire, ce corpus a ensuite contribué à l’enrichissement du dictionnaire Usito, développé à l’Université de Sherbrooke. 

Depuis, il a été bonifié par l’équipe du Centre de recherche interuniversitaire sur le français en usage au Québec dans le cadre du projet de Fonds de données linguistiques du Québec, et regroupe aujourd’hui plus de 370 œuvres littéraires. Plus récemment, il a permis la création d’un sous-corpus sur la thématique du handicap dans le cadre d’une étude portant sur la représentation de l’altérité dans la littérature jeunesse. Le développement de l’interface de gestion de corpus nommée Comète, un outil collaboratif conçu par l’équipe du Service des technologies de l'information de l'UdeS et bientôt offert en logiciel libre, ainsi que le recensement des données littéraires à partir d'un fichier exhaustif de métadonnées ont grandement facilité cette recherche.

En plus de présenter les grandes lignes de cette étude, nous verrons le processus de collecte de données ayant mené à la construction du sous-corpus et du corpus principal. CLIQ-Jeunesse s’avère un terrain de recherche riche et pertinent, dont la méthodologie de création peut inspirer divers champs d’étude, y compris au-delà des sciences humaines. 

Résumés biographiques

Paméla Vachon est coordonnatrice à la recherche au Centre de recherche interuniversitaire sur le français en usage au Québec (CRIFUQ) ainsi que chargée de cours au Département de communication et au Département des arts, langues et littératures de l’Université de Sherbrooke. Ses plus récents travaux portent sur la linguistique de corpus, l’altérité dans la littérature jeunesse, le français québécois dans les dictionnaires et l’enseignement du français langue seconde. 

Laetitia Chicoine est étudiante au 2e cycle au Département des arts, langues et littératures de l'UdeS en sciences du langage ainsi qu'enseignante en littérature au Cégep de Sherbrooke et auxiliaire de recherche au Centre de recherche interuniversitaire sur le français en usage au Québec (CRIFUQ). Ses plus récents travaux portent sur la lexicographie polémique ainsi que sur la variation et les représentations sur le français, les langues premières et l'alternance codique chez les personnes immigrantes.

Les défis de l’intégration et de la rétention de la relève en musique

  • Pre Ariane Couture (École de musique)
  • Marianne St-Pierre, 1er cycle (École de musique)
  • Dominic Baril, 1er cycle (École de musique)
  • Rémi Côté, 1er cycle (École de musique)
  • Tayana Côté, 1er cycle (École de musique)
  • Pr André Cayer (École de musique)

Cette table ronde portera sur le terrain du projet de recherche « Les défis de l’intégration et de la rétention de la relève en musique » qui a pour double objectif d’identifier les obstacles auxquels font face les artistes en musique en début de carrière et d’élaborer des pistes de solutions afin de soutenir la professionnalisation de la relève en musique. Il s’agit de brosser un portrait de la réalité des talents émergents en musique sur la base de leurs définitions des problèmes et de leurs propositions de scénarios d’amélioration.  

L’un des défis rencontrés lors de la collecte de données était de rejoindre cette population moins encline à répondre à de longs questionnaires en ligne. C’est pourquoi de courts entretiens entre pairs ont été intégrés au design de la recherche pour faciliter la prise de paroles et les échanges sur le sujet du début de la carrière en musique.

Marianne St-Pierre a été mandatée au printemps 2025 pour former une équipe d’auxiliaires de recherche chargée d’aller à la rencontre des personnes diplômées d’un baccalauréat en musique. Lors d’une table ronde animée par des membres du corps professoral de l'École de musique, une partie de l’équipe témoignera des hauts et des bas de cette collecte de données, incluant la perte de terrain, l’aménagement des horaires, la formation avec des groupes témoins, le respect des témoignages et la collaboration du milieu.

Puisque l’objet de cette recherche est une réalité à laquelle sera confrontée dans quelques années l’équipe d’auxiliaires engagée pour le projet, il sera particulièrement intéressant de connaître leur point de vue sur le terrain et ce qu’ils et elles en ont retiré sur le plan personnel.

Résumés biographiques

Marianne St-Pierre est étudiante en composition et musique à l’image à l’École de musique de l’Université de Sherbrooke. En plus de s’intéresser à différents styles musicaux comme la musique traditionnelle celtique, la musique baroque et la musique pour chant choral, elle s’investit dans la vie étudiante. Elle est auxiliaire d’enseignement pour plusieurs cours de son programme et travaille comme coordonnatrice du projet de recherche « Les défis de l’intégration et de la rétention de la relève en musique ». Cette année, elle est à la coordination du centre d’entraide en musique après avoir été reconnue pour son engagement étudiant par la Faculté des lettres et sciences humaines en 2025. De plus, elle a été choisie pour participer à un projet de collaboration internationale entre des étudiants en composition de l’École de musique de l’UdeS et des étudiants à la maîtrise en cinématographie de l’Université LABA à Florence en Italie.

Dominic Baril est étudiant en interprétation et création musicale à l'École de musique de l'Université de Sherbrooke. Bassiste depuis plusieurs années, il est passionné par les subtilités du jeu en groupe et se caractérise par une curiosité qui le mène à jouer de tous les styles musicaux. Actif dans le milieu professionnel au sein de plusieurs groupes en tant qu’instrumentiste et en tant que sonorisateur, il espère que sa participation comme auxiliaire au projet de recherche « Les défis de l’intégration et de la rétention de la relève en musique » permettra à davantage de nouveaux diplômés de trouver le succès.

Virtuose de guitare contemporaine fingerstyle, Rémi Côté est un auteur-compositeur-interprète québécois émergent originaire du Saguenay. Il est étudiant au baccalauréat en musique à l’Université de Sherbrooke et diplômé d’un double DEC en musique et en sciences pures. Valorisant la musique instrumentale, il exploite les capacités de la guitare acoustique à travers plusieurs de ses arrangements et de ses compositions. Dans les dernières années, il a perfectionné l’approche contemporaine fingerstyle, dans lequel il combine plusieurs techniques avancées et uniques de la guitare. Âgé de 22 ans, il est aujourd’hui artiste pour les guitares Beauregard et auteur de trois albums solistes. Lauréat de la 2e place au International Guitar Competition 2025 en Pologne, il poursuit le développement de sa carrière grâce à ses nombreuses prestations sur scènes. Rémi continue de se démarquer en développant sa propre perception de la guitare et son propre jeu dans lequel il se différencie des autres.  

Tayana Côté est actuellement étudiante de 2e année au programme d’interprétation et création musicale à l’École de musique de l’Université de Sherbrooke. Elle se spécialise en chant moderne, nourrissant une affection particulière pour la Soul et le RnB, tout en explorant une grande variété de styles musicaux. En 2025, elle participe à l’interprétation de In C de Terry Riley lors de la première performance de l’ensemble électroacoustique Lumi•è•res de l’Université de Sherbrooke, démontrant ainsi sa polyvalence. La même année, elle reçoit la bourse d’attraction et d’excellence Sandra et Alain Bouchard, qui couvre l’ensemble de ses frais de scolarité. Toujours en mouvement, Tayana multiplie les projets musicaux : elle enregistre actuellement la chanson thème d’un jeu de société et travaille parallèlement sur des compositions originales.

André Cayer est professeur titulaire à l’École de musique, où il conjugue recherche-création, gestion de projets créatifs et innovation pédagogique afin de favoriser la professionnalisation des étudiantes et étudiants en musique. Spécialiste du vibraphone, il a développé des approches inédites en interprétation, improvisation et composition. Il explore également de nouvelles perspectives en théorie musicale appliquée dans le but de la rendre plus accessible et opérationnelle pour les musiciennes et musiciens d’aujourd’hui.

Ariane Couture est professeure adjointe de musicologie à l’École de musique. Adoptant un cadre féministe, ses intérêts de recherche incluent la programmation musicale, la musique à l’image, l’entrepreneuriat en musique et l’innovation sociale. Elle est rédactrice en chef francophone d’Intersections : Revue canadienne de musique et siège à plusieurs comités impliqués en culture, dont E27 musiques nouvelles. Elle est l’auteure de La création musicale à Montréal de 1966 à 2006 vue par ses institutions, paru aux PUL en 2019. 

Allocutions

  • Pr Matthieu Petit, vice-recteur adjoint aux études et à la vie étudiante, UdeS
  • Pr Benoît Grenier, vice-doyen à la recherche et aux études supérieures, Faculté des lettres et sciences humaines, UdeS

Remise de prix 

  • Prix de la meilleure thèse 2025 - Faculté des lettres et sciences humaines
  • Prix Thérèse-Audet – Semaine de la recherche 2026

Cocktail de clôture 

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