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Une conférence avec le Pr Lenoir dans le cadre du 20e anniversaire du CREAS : Le processus d’enseignement-apprentissage : une structure dialectique de médiations

Date :
Mardi 10 mars 2026
Heure :
De 9 h à 10 h 
Type :
Conférences et séminaires
Lieu :
Faculté d’éducation, Université de Sherbrooke

Description : L’idée maîtresse qui soutient l’argumentaire de cette présentation réside dans le constat que toute appréhension du savoir (ou, plus généralement, toute connaissance) procède d’un rapport d’objectivation par lequel un sujet établit une distance (rend étranger à lui) un objet dont il doit ensuite surmonter la rupture établie par le biais d’une médiation qui peut être spontanée ou scientifique. De plus, au lieu de concevoir ce concept d’un point de vue uniquement instrumental, ce qui renvoie à des notions de conciliation, d’arbitrage, de négociation ou de résolution de conflits, il est approché d’un point de vue dialectique en étant centré sur les tensions, contradictions et conflits tant cognitifs que culturels que vivent les élèves dans leurs processus d’apprentissage et dans les rapports qu’ils tissent avec leur enseignant. En contexte scolaire, tout processus d’enseignement-apprentissage repose sur un système de médiations qui relève à la fois de l’élève et de l’enseignant dans leurs interactions. Si l’élève établit un rapport au savoir par le biais d’une médiation cognitive en recourant à des démarches d’apprentissage à caractère scientifique (démarches communicationnelle, de résolution de problèmes, conceptuelle, expérimentale, etc.), l’enseignant en tant qu’un intervenant (il vient entre, ce qui fait la spécificité du travail enseignant), se caractérise par l’action médiatrice qu’il porte sur la médiation cognitive de l’élève, la médiation pédagogicodidactique, de manière à planifier, orienter, soutenir et évaluer les apprentissages (POSELA) des élèves. Cette médiation pédagogicodidactique est elle-même la résultante d’une double médiation : la première, à la fois didactique en ce qu’elle porte sur le traitement des savoirs disciplinaires à enseigner, extraits du curriculum, pour les rendre accessibles aux élèves, et épistémique en ce qu’elle caractérise la conception épistémologique du savoir de la part de l’enseignant (un donnée ou un construit) ; la seconde, la médiation psychopédagogique, porte d’une part, sur les dimensions pédagogiques, organisationnelles et affectives et, d’autre part, sur la reconnaissance réciproque de la dimension humaine des différents sujets (enseignant et élèves), reconnaissance qui est au fondement à la fois de l’acquisition de la confiance en soi, du respect de soi et de l’estime de soi, et du désir de savoir chez l’élève, la reconnaissance précédant la connaissance. Enfin, la rencontre entre la médiation cognitive de l’élève et la médiation pédagogicodidactique de l’enseignant qui soulève la question centrale du rapport au savoir dans le curriculum, s’actualise au sein de situations d’enseignement-apprentissage – des situations problématisantes qui deviendront des situations problèmes lorsque les élèves se les seront appropriées – et fait appel à divers dispositifs opératoires, instrumentaux (manuels, Internet, etc.) et procéduraux (facilitateurs pédagogiques, démarches, approche interdisciplinaire, projet, etc.) dans la perspective d’appréhender les pratiques dans leur dynamique évolutive hautement complexe avec pour objectif de favoriser une intégration des processus d’apprentissage et des savoirs chez des sujets apprenants. L’adhésion à ce système dialectique des médiations ou à une autre conception du processus d’enseignement-apprentissage déterminera largement le modèle d’intervention éducative de l’enseignant de même que sa conception des finalités éducatives.

Piece jointe :

Affiche (286.9 ko)