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Portrait de stagiaire

Loin de chez elle, au plus près des réalités humaines

Photo : Fournie

Quitter Sherbrooke pour Sept-Îles, s’installer seule dans une région inconnue et plonger au cœur de réalités et de trajectoires humaines complexes, c’est le pari qu’a pris Lorelie Plante en acceptant un stage sur la Côte-Nord.

Des pas dictés par les valeurs

Animée par un profond désir de justice sociale, l'étudiante en droit coopératif a vite découvert ce qui deviendra le fil conducteur de son parcours : la défense des droits et le maintien des contre‑pouvoirs essentiels à la démocratie. Elle réalise que ses aspirations diffèrent de celles de plusieurs de ses collègues et choisit de s’entourer de personnes qui partagent ses valeurs et ses intérêts.

 L’UdeS, c’est une université qui te permet de garder le focus sur tes valeurs.

Le courage de dire oui!

En entreprenant des démarches auprès d’employeur, Lorelie s’est vu offrir un stage à Santé Québec. Ce n’est que quelques semaines avant le début du stage qu’elle confirme son départ pour la Côte-Nord, où elle passera l’été.

C’était un choix spontané, stressant tout de même, qui me sortait de ma zone de confort, mais ça en vaut vraiment la peine!

Son intégration est facilitée par un logement meublé et mis à sa disposition par l’employeur.

C’est un avantage d’être logée en stage coop et de ne pas avoir à se préoccuper de devoir payer deux logements comme certains de mes amis.

Dès son arrivée, un programme de formations l’attend et elle y découvre une réalité juridique profondément ancrée sur les réalités de son nouvel environnement.

Au cours des premières semaines de stages, Lorelie adopte une posture d’observation qui, bien qu’intimidante au départ, devient une véritable école. Elle assiste à des audiences, accompagne des avocats et avocates en cour et observe l’application du droit sur le terrain.

Au début, c’est déstabilisant. Tu comprends que tu es témoin de décisions qui ont un impact réel sur la vie des gens.

Photo : Fournie

Derrière chaque dossier, des réalités complexes et humaines

Travaillant au sein du contentieux de Santé Québec, elle s’immerge dans des dossiers de protection de la jeunesse, où elle constate une étroite collaboration entre les juristes et les intervenantes et intervenants responsables de l’application des mesures de protection.

Je me considère vraiment privilégiée d’apprendre le droit de la jeunesse. C’est un domaine régi par une loi particulière, la Loi sur la protection de la jeunesse, et relevant d’un régime juridique que je n’ai pas étudié à l’école. C’est un domaine délicat, parfois controversé, qui touche à des réalités extrêmement difficiles.

Santé Québec, c’est aussi le droit de la santé. Lorelie a la chance de participer au processus judiciaire de garde en établissement des personnes présentant un danger pour la santé ou la sécurité d’eux-mêmes ou d’autrui, en raison de leur état mental.

Ça aussi, c’est super intéressant. C’est un processus en trois étapes : la garde préventive, la garde provisoire et la garde en établissement. Il y a un mélange entre les droits fondamentaux de la personne et l’intervention clinique. C’est pour cette raison que les délais sont aussi courts et les règles sont strictes. On ne peut pas garder quelqu’un sans son consentement, ni autorisation judiciaire pour plus de cinq jours.Tout se passe très vite! Les audiences, les procédures. J’ai la chance de monter un dossier et d’avoir le verdict dans une même semaine.

Ce stage représente pour elle un tournant dans sa compréhension du droit. Entre psychiatrie, vulnérabilité et enjeux sociaux, l’émotion est bien présente et le défi humain. Au‑delà des savoirs techniques et des procédures juridiques, c’est le savoir‑être qui prend toute son importance.

La complexité, mais surtout l’humanité derrière chaque situation demande de l’empathie, de la rigueur et une certaine distance professionnelle.

Apprendre à ne pas se laisser submerger est un apprentissage!

Photo : Fournie

S’épanouir en région hors de sa zone de confort

En dehors du travail, Lorelie découvre une qualité de vie qui la surprend.

À Sept‑Îles, tout se fait à pied! Le travail, le gym, la plage. Je me suis fait des amies, je fais de la randonnée, du camping, je m’entraîne. J’ai même joint une équipe de deck hockey. » La joueuse de l’équipe de rugby de l’Université de Sherbrooke maintient sa discipline et son dévouement pour le sport, offrant même des pratiques de rugby à des groupes d’une quinzaine de personnes, en plus de suivre son propre plan d’entraînement.

C’est la première fois que je vis seule, aussi loin de ma zone de confort et j’adore cette liberté! Ça me permet de m’impliquer dans la ville aussi le fait d’être loin de mon entourage. Je participe à des activités organisées par les NordKotières, je m’implique dans du bénévolat. C’est des choses que je ne prends pas nécessairement le temps de faire quand je suis à Sherbrooke.

Ce stage ne fait pas que confirmer son intérêt pour le droit de la jeunesse, il élargit ses perspectives. Elle découvre la complexité des réalités vécues, notamment dans les communautés autochtones, et prend aussi conscience des limites du système.

Malgré tout, elle y voit une occasion unique de faire une différence, dans un milieu où les besoins sont grands et les ressources limitées.

Aujourd’hui, Lorelie est fière du chemin parcouru et cette fierté lui vient du fait qu’elle a su prendre sa place, créer des liens et s’épanouir dans un milieu exigeant.

Son parcours ne fait que commencer, et il promet d’être à la hauteur de ses valeurs!

Photo : Lorelie Plante

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