Nouvelle parution - L'envers du monde. Anne Hébert, Georges Bataille, de Mélanie Beauchemin

Mélanie Beauchemin. L'envers du monde. Anne Hébert, Georges Bataille, Éditions Nota bene, 2021.
Mélanie Beauchemin. L'envers du monde. Anne Hébert, Georges Bataille, Éditions Nota bene, 2021.

En librairie depuis le 13 janvier 2021, L'envers du monde. Anne Hébert, Georges Bataille, de Mélanie Beauchemin. 

Dans un monde où l’interdit mène à un questionnement moral, la raison est une maladie. La perception pure, l’obligation de la maintenir, enfièvre celui qui redoute la possibilité d’un autre monde et l’intrusion malicieuse de ses «créatures». Chez Georges Bataille, les femmes incarnent cette dimension insidieuse, elles qui jouissent, prédatrices comme des louves, la fente velue comme des bêtes. Simone, Dirty et Hélène reprennent le langage corporel des désaxés pour mettre en péril la conscience et la vie. Si cette férocité se manifeste de manière moins drastique chez Anne Hébert, toujours est-il que les héroïnes y sont possédées par l’angoisse. L’outrance – sous les manifestations de la frustration et des pulsions sexuelles – fait de ces femmes des étrangères auxquelles on assigne les noms de diable, de folle, de sorcière. Ainsi ponctuent-elles le récit, orientant le scandale vers la lumière pour mieux révéler la désagrégation de leur existence. On les croirait alors venues d’un ailleurs où le corps malade – en voie de se débarrasser des idéologies – est par lui-même un «envers du monde» laissant soudainement transparaître sa phénoménalité.

Lien pour télécharger un extrait : https://www.leslibraires.ca/livres/l-envers-du-monde-anne-hebert-melanie-beauchemin-9782895187400.html 

Titulaire d’un doctorat en études littéraires de l’Université de Sherbrooke, Mélanie Beauchemin s’intéresse à la marginalité des figures féminines dans la littérature. Coordonnatrice du Centre Anne-Hébert, elle est coauteure, avec Lori Saint-Martin et Lucie Guillemette, du troisième tome des Œuvres complètes d’Anne Hébert (2014, Presses de l’Université de Montréal) consacré aux romans de la période 1975-1982. Son premier ouvrage, Le désir monstrueux. Transgressions et métamorphoses dans les récits d’Anne Hébert, a paru en 2016 aux éditions Triptyque. Elle est codirectrice de rédaction des Cahiers Laure (Éditions les Cahiers, France) depuis 2017.