Les Éditions Livre Expression : réflexion sur la concentration et la convergence dans le milieu du livre au Québec 

Patrick INTHAVANH

Le milieu du livre québécois assiste, depuis les années 1980, à une concentration progressive de son secteur. Intégré au domaine des médias et des communications, il est un acteur et un spectateur de premier plan des phénomènes de concentration et de convergence qui touchent la majorité des industries contemporaines. Un des cas emblématiques de cette situation demeure la société Québécor qui, entre autres, par le biais de sa filiale Québécor Media, possède 17 maisons d'édition, en plus d'une entreprise de diffusion et de distribution. Comme partout ailleurs sur le globe, la concentration - et la convergence qu'elle permet - suscite la crainte et la critique de plusieurs intervenants du livre. Malgré les appréhensions du milieu, force est de constater que trop peu d'études empiriques ont été entreprises pour corroborer ou valider les idées reçues sur le sujet.

Dans l'optique de combler cette lacune et s'appuyant sur une analyse historique et quantitative, ce mémoire s'intéresse aux enjeux provoqués par les phénomènes de concentration et de convergence dans le domaine de l'édition au Québec. Plus précisément, il tente d'analyser l'émergence et l'évolution de ces phénomènes ainsi que d'en décrire les effets sur la production éditoriale, en partant du cas des Éditions Libre Expression, aujourd'hui filiale du groupe Librex, lui-même partie intégrante de Québécor Media.

Cette étude propose ainsi, en premier lieu, de remettre en perspective l'évolution du milieu du livre québécois, du début du XXe siècle à nos jours, tout en illustrant le contexte de fondation de Libre Expression. Elle expose, en deuxième lieu, l'historique de la maison d'édition, de sa fondation à son intégration au groupe Québécor, et analyse les différents choix commerciaux de l'entreprise. Enfin, la recherche examine la production de la maison et tente de discerner son évolution ainsi que de déterminer les principaux effets engendrés par le rachat de Libre Expression par Québécor.