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Raconter le terrain seigneurial par les terriers (XVIIe-XIXe siècles)

Date :
Mardi 24 mars 2026
Heure :
De 16 h à 17 h 30
Type :
Conférences et séminaires
Public :
Ouverte à toutes et à tous
Lieu :
Espace Anne-Hébert (A3-330), Faculté des lettres et sciences humaines, Campus principal
Coût :
Activité gratuite

Description : Raconter le terrain seigneurial par les terriers (XVIIe-XIXe siècles)

  • Emmy Bois, 3e cycle (Département d'histoire)
  • Philippe Lambert, 3e cycle (Département d'histoire)
Emmy Bois et Philippe Lambert vous proposent une incursion sur le terrain seigneurial dans la vallée du Saint-Laurent par l’entremise du terrier. Et non, on ne parle pas ici du refuge souterrain du lapin, mais plutôt d’un manuscrit relié de grand format, une pièce d’archive encore peu exploitée par les historiennes et les historiens. Doté d’une valeur légale, le terrier – aussi appelé « papier terrier » – consigne les déclarations et reconnaissances des tenanciers d’un fief ainsi que leurs redevances envers le seigneur. Document central des administrations seigneuriales, il offre un accès privilégié à la manière dont les sociétés rurales percevaient leurs rapports à la terre ainsi que les liens hiérarchiques qui unissaient les seigneurs à leurs censitaires.

L’utilisation du terrier dans la vallée du Saint-Laurent n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit en continuité des pratiques d’écriture et de pouvoir propres aux sociétés de l’Occident médiéval. Elle est circonscrite dans le temps et indissociable de l’implantation de la seigneurie sur le territoire au XVIIe siècle, de ses transformations aux XVIIIe et XIXe siècles, puis de son abolition en 1854. Encadrée par la Coutume de Paris, la confection des papiers terriers débute dès le XVIIe siècle et s’insère progressivement dans les usages des seigneurs laurentiens au cours du XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, dans le contexte d’une transition amorcée vers une économie basée sur le capitalisme industriel, le recours aux terriers devient massif et généralisé.

La confection du terrier nécessite beaucoup de temps et de ressources. Elle soulève pour l’historienne et l'historien des enjeux qui touchent à la fois à la matérialité de l’objet écrit et aux modes de pouvoir dans la seigneurie. Ce sont à ces enjeux qu'ils proposent de réfléchir : comment le terrier était-il confectionné? Qu’est-ce que sa fabrication impliquait pour les tenanciers? Sous quelle forme le terrier se présente-t-il au fil des siècles?

Cette activité est organisée dans le cadre de la Semaine de la recherche 2026 de la Faculté des lettres et sciences humaines. D'autres conférences auront lieu durant cette plage horaire, consultez la programmation pour avoir tous les détails.