Aller au contenu

Les Grandes conférences de la FASAP

L’éducation physique et à la santé (EPS) : quelles perspectives pour le “S”?

14 octobre 2026, 16 h 30 à 18 h 30

  • En personne, à l'Amphithéâtre de la FASAP (Campus principal, local A8-334)
  • En ligne : le lien vous sera transmis par courriel quelques jours avant l'événement

S'inscrire pour participer

Une collaboration étroite entre la Faculté des sciences de l’activité physique (FASAP), le Réseau en éducation physique et à la santé ainsi que la Section étudiante EPS Canada de la FASAP.

Le « S » de l’EPS, celui de la Santé, n’a jamais été aussi central qu’au cours des dernières années. Encore récemment, il a été, en quelque sorte, notre « salut ».

Il a servi de catalyseur de notre rôle, de notre impact et de notre pertinence sociale. Il a aussi ouvert un dialogue inédit avec la population et les décideurs, en mettant en lumière l’éducation physique comme un véritable facteur de protection, particulièrement dans un contexte d’isolement et de sédentarité imposée.

Au-delà de cette réponse à court terme et d’une vision parfois utilitaire de l’éducation physique, le « S » de l’EPS s’inscrit dans une logique beaucoup plus vaste : celle de l’éducation à la santé.

Éduquer en EPS, ce n’est pas seulement de rendre les élèves actifs momentanément ; c’est leur donner les repères, les connaissances et le désir d’être actifs toute leur vie de façon autonome. C’est former des individus capables de comprendre les effets de leurs choix, d’exercer leur jugement et de prendre en charge leur santé de façon autonome, bien au-delà des murs de l’école.

En ce sens, l’éducation à la santé n’est pas différente des autres apprentissages scolaires. Nous n’enseignons pas les mathématiques uniquement pour résoudre des équations à l’école, ni la lecture seulement pour réussir des examens. Nous enseignons ces savoirs parce qu’ils permettent aux élèves de mieux comprendre le monde et d’y agir avec compétence. L’éducation à la santé répond à la même logique : elle vise le développement de connaissances, de compétences et d’habitudes qui influencent durablement les choix de vie.

Ainsi, la contribution de l’EPS ne devrait pas être évaluée uniquement à partir du nombre de minutes d’activité physique réalisées à l’école, ni même du temps d’engagement moteur des élèves dans nos cours, mais aussi à partir de sa capacité à développer une véritable littératie physique et de santé. Notre ambition n’est pas seulement de faire bouger davantage les élèves aujourd’hui, mais surtout de les outiller pour qu’ils puissent faire des choix éclairés durant les décennies à venir.

C’est là que ce même « S » pose un défi.

Avec un temps d’intervention limité, face à une diminution préoccupante de la condition physique des jeunes, et dans un environnement où les habitudes de vie sont en pleine transformation vers une sédentarité accrue, ce « S » peut devenir une épée de Damoclès. Sommes-nous en mesure de répondre à cette ambition? Et surtout que voulons-nous qu’il représente demain?

Parce que ce « S » peut être bien plus qu’un simple « Santé ». Il peut aussi incarner le Sport, la Science, le Succès, la Société, la Socialisation et même une vision de Santé durable. La conférence vise donc à explorer une question fondamentale pour notre profession :

Comment le « S » de l’EPS peut-il devenir un moteur de transformation ou d’évolution de notre profession et de la société?

Les panélistes

Photo Jean-Claude Drapeau

Jean-Claude Drapeau

Jean-Claude Drapeau a obtenu un baccalauréat en éducation physique de l’université Laval en 1971. Il débute l’enseignement au Cégep de Rimouski à cet automne et termine en 2009. En 2010, il devient enseignant en éducation physique et à la santé au Club 50 ans et + du Centre Claude-Robillard, à Montréal. Il ne prendra pas de retraite, étant allergique à cette idéologie de vie, pas plus qu’il n’a de téléphone intelligent… 

Il encadre aussi un groupe de 65 à 85 ans qui se solidarise depuis 15 ans pour maintenir un mode de vie physiquement actif et contrer ainsi l’âgisme intrapersonnel (nous sommes notre pire ennemi… de là le besoin d’une éducation physique et à la santé tout au long de la vie) et celui social qu’il y a lieu de dénoncer davantage publiquement.

Jean-Claude est un innovateur qui s’inspire de la complexité de l’être humain et de son unicité. Il a présidé plusieurs organisations en loisir et sports, et la FÉÉPEQ. L’université de Sherbrooke vient de lui décerner le titre de docteur d’honneur en sciences de l’activité physique.

Photo Pierre Lavoie

Pierre Lavoie

Pierre Lavoie est un athlète, conférencier et entrepreneur social reconnu pour son engagement envers les saines habitudes de vie. Originaire de L’Anse-Saint-Jean, il a transformé une tragédie familiale en puissant moteur d’action. Avec sa conjointe, Lynne Routhier, il a perdu deux enfants, Laurie et Raphaël, atteints d’acidose lactique, une maladie héréditaire particulièrement présente au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Déterminé à faire avancer la recherche et à sensibiliser la population, il lance en 1999 le premier Défi Pierre Lavoie, un exploit cycliste visant à recueillir des fonds pour lutter contre la maladie. Son engagement contribue notamment à la découverte du gène responsable de l’acidose lactique et à la mise au point d’un test de dépistage.

En 2008, il crée le Grand défi Pierre Lavoie avec Germain Thibault afin de promouvoir les saines habitudes de vie auprès des jeunes et de leurs familles. Triathlète accompli, il s’est également illustré à plusieurs reprises à l’Ironman d’Hawaï. Cofondateur du Lab-École et auteur de Faut que ça bouge!, il inspire les gens par son parcours exceptionnel, son énergie et sa vision d’une société plus active et en meilleure santé.

Photo Sylvain Turcotte

Sylvain Turcotte

Sylvain Turcotte est professeur titulaire à la Faculté des sciences de l’activité physique de l’Université de Sherbrooke. Il est également cotitulaire de la Chaire de recherche Kino-Québec sur l’adoption d’un mode de vie physiquement actif en contexte scolaire. Chercheur régulier au Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE), ses secteurs d’étude et de recherche concernent l’analyse des conditions d’enseignement-apprentissage, le développement professionnel ainsi que la promotion des saines habitudes de vie et du mode de vie physiquement actif auprès des jeunes. Il mène divers projets de recherche tant dans le domaine des pratiques d’intervention que du développement professionnel des intervenants œuvrant dans l’environnement scolaire. Il s’intéresse aux facteurs contextuels sous-jacents à l’implantation des interventions favorisant l’adoption et le maintien du mode de vie sain et physiquement actif, aux retombées de ces interventions ainsi qu’aux pratiques des intervenants. Il est également responsable de la création du Réseau en éducation physique et à la santé (REPS) correspondant à un partenariat interuniversitaire visant à répondre aux besoins actuels qui nécessitent des solutions concertées. 

Photo Christine Lacroix

Christine Lacroix

Passionnée par l’éducation et profondément engagée auprès des jeunes, Christine Lacroix mets son énergie à créer des expériences qui favorisent à la fois l’apprentissage, le dépassement de soi et le plaisir. Enseignante spécialiste, elle accorde une grande importance aux relations humaines et à la création d’un environnement où chacun se sent accueilli, valorisé et capable de réussir.

Créative et collaborative, elle aime développer des projets rassembleurs qui mobilisent élèves, familles et collègues autour d’objectifs communs. Son parcours lui a permis d’allier leadership, sens de l’initiative et travail d’équipe dans la réalisation d’activités éducatives, sportives et communautaires.

Guidée par des valeurs de bienveillance et d’authenticité, elle croit que chaque occasion d’apprendre est aussi une occasion de grandir, de découvrir ses forces et de contribuer positivement à son milieu. Elle souhaite ardemment faire une différence dans la vie des enfants qu’elle côtoie et outiller les gens afin qu’ils développent et maintiennent de saines habitudes de vie tout au long de leur parcours.


Conférences passées

Vous avez manqué une conférence? Pas de problème! L'enregistrement de cette conférence est disponible en cliquant sur le lien qui se trouve sous son titre (sous réserve de l’accord de la conférencière ou du conférencier).


Il est aujourd’hui largement reconnu que la santé ne repose pas uniquement sur les individus, mais aussi sur les milieux dans lesquels ils évoluent. Des environnements de vie, d’apprentissage et de travail qui favorisent le mouvement, le bien-être et l’adoption de saines habitudes de vie à long terme.

C’est dans cet esprit que nous passons à l’action pour faire de l’activité physique un véritable levier de santé. Inspiré des ouvrages Faut que ça bouge! et La révolution active, ce panel de discussion s’inscrit dans un mouvement plus large visant à soutenir notre système de santé en misant davantage sur la prévention et la promotion de la santé.

À travers cette activité, nous souhaitons sensibiliser la population et les acteurs du milieu aux principes d’une santé durable, tout en rappelant que l’activité physique contribue de manière essentielle à améliorer la qualité de vie, à prévenir de nombreux enjeux de santé et à favoriser le bien-être individuel et collectif. 

Au cœur de cette démarche, les kinésiologues jouent un rôle clé en accompagnant la population vers l’adoption et le maintien d’un mode de vie plus sain et en contribuant à la promotion des saines habitudes de vie.

Les panélistes souhaitent enrichir la réflexion en croisant les perspectives et les expériences, avec un objectif clair : inspirer des actions concrètes et favoriser l’intégration du mouvement au quotidien.

Parce que chaque geste compte, ensemble nous pouvons générer un réel changement!

Une collaboration étroite entre la Faculté des sciences de l’activité physique et l’Association des kinésiologues de la région de l’Estrie.

Les panélistes

  • Jean-Pierre Després, professeur au Département de kinésiologie de l’Université Laval, directeur scientifique de VITAM – Centre de recherche en santé durable et cotitulaire de la Chaire de recherche en santé durable, financée par le FRQS.
  • Mélissa Généreux, médecin spécialiste en santé publique, professeure titulaire à l’Université de Sherbrooke et médecin-conseil à la Direction de santé publique de l’Estrie.
  • Jean-François Harvey, président-fondateur de Spinal Mouvement, formateur auprès des professionnels de la santé et auteur.
  • Marianne Lacharité-Lemieux, vice-présidente à la Fédération des kinésiologues du Québec et directrice des stratégies à M361.

Voir la conférence

Références

  • Lavoie, P. et Harvey, J.-F. (2023). Faut que ça bouge! : une approche du sport différente pour des jeunes en bonne santé. Les Éditions de l'Homme.
  • Després, J.-P. (2023). La révolution active : De la gestion de la maladie à la promotion de la santé. Les Éditions du Journal.

Par Audrey Bergouignan

L’inactivité physique, soit le fait de ne pas atteindre les niveaux d’activité recommandés, ainsi que les comportements sédentaires, comme le temps passé assis, sont associés à un risque accru de maladies métaboliques courantes et de mortalité précoce. Des données récentes suggèrent que des volumes élevés de comportements sédentaires sont nocifs pour la santé métabolique, même en présence d’exercice régulier, c’est-à-dire d’une activité physique d’intensité modérée à soutenue. Cela suggère que les effets des comportements sédentaires sur la santé sont indépendants de ceux de l’exercice.

Cependant, tester cette hypothèse de manière expérimentale est complexe en raison de la difficulté à dissocier les comportements sédentaires et l'activité physique. 

Les études en alitement prolongé, un modèle classique de recherche spatiale, peuvent apporter de nouveaux éclairages. Dans certaines de ces études, des protocoles d’entraînement physique ont été mis en place pour contrecarrer les effets nocifs de l’inactivité. Si l’alitement induit un état à la fois inactif et sédentaire, l’exercice pratiqué pendant l’alitement constitue un modèle unique de personnes sédentaires, mais physiquement actives.

Dans cette présentation, Audrey Bergouignan partagera des données issues d’études menées avec des modèles analogues terrestres de microgravité, afin de mieux comprendre la physiopathologie de l’inactivité physique et des comportements sédentaires. Les résultats d’études cliniques chez l’humain ayant testé des interventions visant à atténuer les effets métaboliques néfastes de la sédentarité seront aussi présentés.

Audrey Bergouignan a obtenu son doctorat en physiologie humaine à l’Université de Strasbourg en 2008, puis a effectué des recherches postdoctorales à l’Université du Colorado (États-Unis) et au Baker IDI Heart & Diabetes Institute à Melbourne (Australie). Elle est actuellement directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), à l’Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien UMR 7178 à Strasbourg, où elle dirige le programme international IRP ACTIMOVE en collaboration avec l’Université du Colorado, visant à étudier la physiopathologie et la prévention des comportements sédentaires et de l’inactivité physique. Elle est également coprésidente du Conseil sur la Sédentarité de l’International Society for Physical Activity & Health (ISPAH) et directrice du GdR Sports & Activités Physiques du CNRS.

Voir la conférence

Par Guy Desrosiers 
Président-directeur général de l'entreprise Capsana

La technologie est présente dans toutes les facettes de nos vies. Cette omniprésence, ainsi que l’hyperconnectivité qui en découle, génère des impacts tantôt positifs, tantôt négatifs, dans de nombreux domaines de nos vies. La santé, l’économie, la démocratie, l’environnement, la culture… rien n’y échappe, et l’accélération fulgurante générée par l’IA nous réserve encore bien des surprises. L’univers du numérique, dominé par quelques géants du Web, exerce une influence mondiale jamais vue auparavant. Ces géants, qui ont longtemps échappé à toute forme d’encadrement, doivent désormais rendre des comptes et faire face à une tentative de rééquilibrage de plus en plus réclamée par de nombreuses juridictions à travers le monde.

Par Christian Vachon

La Fondation Christian Vachon, c’est un montant de près de 10 millions de dollars qui a été amassé pour aider des jeunes dans plus de 200 écoles de l’Estrie, de la Montérégie et de Montréal. Dans la dernière année, c’est plus de 10 000 enfants qui ont été soutenus par la fondation. La réputation de son président et fondateur n’est plus à faire et son cheminement est exceptionnel. Étant un jeune vivant des difficultés d’apprentissage dès son arrivée à l’école primaire, il a débuté un long combat vers la réussite et le dépassement de soi.  

C’est par la course à pied que Christian a redéfini ses propres limites. À travers cette conférence, il aborde la manière dont il a pu se dépasser et devenir cet homme déterminé qui, en 2006, a été le premier coureur à parcourir à la course les 106 kilomètres sur les routes longeant les rives du lac Memphrémagog en une seule journée. Cet exploit, bien que mémorable au plan sportif, a aussi donné lieu à une grande levée de fonds au profit des élèves issus de milieux vulnérables des écoles primaires et secondaires de la MRC de Memphrémagog. Par la suite, il a mis sur pied la Fondation Christian Vachon. Chaque année, la Fondation est en mesure de venir en aide à un nombre de plus en plus important d’enfants dans le besoin et elle travaille sans relâche à la poursuite de sa mission de soutenir financièrement la persévérance, le développement et la réussite éducative en donnant une chance égale à tous les enfants dans le besoin d'avoir accès à cette réussite. 

Par Maxime Allisse
Professeur adjoint
Faculté des sciences de l'activité physique de l'UdeS

Lors de cette conférence, le professeur Maxime Allisse a abordé la manière dont il met en pratique ses principaux intérêts de recherche sur le terrain. En effet, il cherche à concevoir des outils d'évaluation de l'aptitude physique de terrain afin de répondre aux besoins variés de la population tant dans des contextes de performance sportive que dans des situations plus générales liées à la santé. Il a partagé ses réflexions spécifiques au domaine du sport, mettant en avant son approche axée sur le hockey sur glace et ses répercussions sur la prescription d'exercices. Au-delà du hockey sur glace, il a exposé le rôle de tels outils dans le domaine de la santé en soulignant leur utilité dans le suivi des conditions de santé au sein de différentes populations.   

Voir la conférence

Par Mélissa Mollen Dupuis

Membre de la nation Innue d’Ekuanitshit (Mingan), Mélissa Mollen Dupuis est une animatrice, militante autochtone, environnementaliste, comédienne, réalisatrice et maman de deux jeunes enfants. Elle anime présentement entre autres l’émission hebdomadaire Kuei! Kwe! à la chaîne Ici Première de Radio-Canada. Elle est également responsable de la campagne Forêts à la Fondation David Suzuki, est présidente de l’organisme Wapikoni mobile et a co-fondé la branche québécoise du mouvement Idle No More. Elle a obtenu multiples honneurs, dont le prestigieux prix Ambassadeur de la Conscience décerné par Amnistie Internationale en 2017. 

Résumé de la conférence 

Pour l’occasion, Mélissa Mollen Dupuis a partagé ses réflexions quant aux perspectives, aux voix, aux enjeux et aux réalités autochtones en lien avec l’éducation, l’activité physique, le plein air, la santé et le sport. Elle en a par ailleurs profité pour aborder le potentiel d’une meilleure compréhension mutuelle pour surmonter les défis actuels en santé, en éducation, en environnement, etc.  

Lire la nouvelle