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Ouvrir la discussion sur les enjeux de demain

Déjà un an de Dialogues quantiques

Un atelier durant l'une des séances des Dialogues quantiques
Un atelier durant l'une des séances des Dialogues quantiques
Photo : fournie

Les nouvelles technologies éveillent souvent une certaine réticence, voire de la peur. L’inconnu et l’incertitude flottent souvent autour du progrès. Quel impact aura cette nouvelle technologie? Qu'arrivera-t-il si elle tombe entre de mauvaises mains? La solution pour atténuer ces inquiétudes réside dans la communication.

Essentielle à la collaboration, l’ouverture d’un dialogue représente toutefois un défi en soi. Et c’est exactement ce défi que tente de relever l’IQ à travers les Dialogues quantiques.

Un projet appelant à la collaboration 

La science quantique s’implante progressivement dans nos vies. Les applications concrètes sont plutôt rares, leur fonctionnement mal connu et les impacts futurs restent mystérieux. Dans un tel contexte, seules la curiosité et l’ouverture permettent de rester proactif. Écouter, observer, se poser des questions sont des réflexes que cherchent à encourager les Dialogues quantiques. L’idée est de rassembler des parcours et des expériences diverses afin d’arriver à brosser un portrait représentatif et complet de la situation de la quantique. Les Dialogues permettent de favoriser cette collaboration entre la communauté de la recherche, l'entreprise et la société.

Financés dans le cadre du programme STIMuleS du Fonds de recherche du Québec – Sciences et technologies en partenariat avec le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, les Dialogues quantiques sont dirigés par la Pre Isabelle Lacroix, codirigé par le Pr Alexandre Blais et coordonné par Karl Thibault. L'équipe regroupe treize cochercheuses et cochercheurs provenant de deux universités québécoises et d’une université ontarienne. Leurs expertises allant des sciences humaines et sociales aux sciences naturelles, la pluridisciplinarité se situe au cœur du projet.

Lancés à l'automne 2023, les travaux des Dialogues quantiques ont été éclairants sur la nécessité de telles démarches. Cette première année du projet qui s’étalera sur trois ans, a démontré que les obstacles sont nombreux, ce qui constitue une preuve supplémentaire de la pertinence d’ouvrir de tels dialogues.

Une des grandes forces des Dialogues quantiques est leur capacité à rassembler des perspectives variées et complémentaires. Ce croisement d’idées permet de révéler des enjeux qui, autrement, pourraient passer inaperçus, renchérit le Pr Blais.

Un dialogue à plusieurs niveaux


Les participantes et participants aux Dialogues quantiques
Les participantes et participants aux Dialogues quantiques
Photo : fournie

Les effets de l'ordinateur quantique dépendent du contexte et varient en fonction des secteurs d'activité, des échelles géographiques ainsi que des dynamiques sociales et économiques. Cette technologie suscite des préoccupations qui diffèrent selon les points de vue et les enjeux spécifiques, qu'ils soient majeurs ou plus modestes, mais qui doivent toutes être identifiées et prises en compte. Il est crucial de répondre à toutes les interrogations soulevées afin de maximiser les bénéfices de la quantique tout en limitant ses risques. Ainsi, les Dialogues se déroulent à des niveaux locaux, nationaux, scientifiques et entrepreneuriaux.

Le dialogue local regroupe des membres de la société civile, du secteur institutionnel, de la ville de Sherbrooke, et de l’industrie quantique. À l’échelle locale, ce sont les questions sécuritaires et éthiques derrière l’usage du quantique et les impacts communautaires qui sont rapidement devenus les sujets clés lors des périodes d’échanges.

Isabelle Lacroix rapporte que « le grand défi de cette démarche est d’assurer que les personnes participantes voient dans leur contribution une pertinence suffisante pour maintenir leur engagement. Ça leur demande beaucoup de temps. Cette denrée rare dont tout le monde manque. À Sherbrooke, l’engagement est remarquable! »

Dans le cadre du dialogue national, des personnes représentant quatre provinces canadiennes, de même que le palier fédéral, se sont réunies pour une journée de discussions. Parmi eux, on comptait des membres du Cabinet du scientifique en chef du Québec, du Bureau de la conseillère scientifique en chef du Canada et aussi des représentants de la Chambre de commerce du Canada et du Regroupement des Conseils régionaux en environnement. S’ajoutaient aussi des membres issus de l’industrie et de la recherche. Ensemble, ils se sont penchés sur des questions de sécurité nationale et de prospérité économique, comme quoi des échelles de dialogues différentes permettent de mettre en lumières des enjeux différents.

Depuis des décennies les chercheurs et chercheuses en sciences humaines et sociales disent qu’il faut questionner l’impact des technologies AVANT leur développement. Mais sommes-nous vraiment capables de faire cela? Avec les Dialogues quantiques, nous prouvons que oui, c’est possible!, souligne la Pre Lacroix.

Des actrices et acteurs issus des écosystèmes de l'entrepreunariat et de la recherche ont aussi participé à des entrevues individuelles dans le cadre des Dialogues scientifiques. Avec cette approche différente des deux précédents dialogues, l'équipe des Dialogues quantiques a pu obtenir la vision du développement technologique en quantique de chacun de ces deux groupes. Encore une fois, un éventail de profils a été sélectionné pour ces entretiens, afin d’obtenir les opinions des vétérans du milieu autant que celles des personnes étudiantes faisant leur entrée dans le domaine.

Dialoguer pour prendre action

Tous ces dialogues visent la création d’outils de sensibilisation et de formation à des pratiques de recherche et d’innovation responsables. Ce travail nécessitera temps et engagement. Mais, bien que laborieux, ses efforts sont nécessaires à une intégration réussie du quantique en société.

La réponse positive des participantes et participants indique que le dialogue répond à un besoin réel. Cette ouverture ne réduit néanmoins en rien la hauteur du défi. La communication nécessite une grande part d’écoute et, pour un sujet aussi important et complexe, il n'est pas facile d'être sur la même longueur d’onde, surtout lorsque des personnes aux bagages différents conversent. La maitrise d’un vocabulaire commun constitue l'un des obstacles qui devront être surmontés.

Les Dialogues quantiques se poursuivront durant encore deux ans. D’autres séances sont prévues pour chacun des niveaux de rencontres. Après cette première année enrichissante et l’ONU qui vient de déclarer 2025 l’année internationale des sciences et technologies quantiques, la table est mise pour encore bien d’autres dialogues enrichissants et essentiels.