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Prix facultaire pour la reconnaissance de la qualité de l’enseignement universitaire

Un membre de l’AlgoLab se démarque

Maxime Dion qui reçoit son prix en compagnie du doyen à la faculté des sciences, Armand Soldera, le recteur de l'Université de Sherbrooke, Pierre Cosette et la vice-rectrice aux études et aux relations internationales, Christine Hudon.
Maxime Dion qui reçoit son prix en compagnie du doyen à la faculté des sciences, Armand Soldera, le recteur de l'Université de Sherbrooke, Pierre Cosette et la vice-rectrice aux études et aux relations internationales, Christine Hudon.
Photo : Michel Caron - UdeS

La faculté des Sciences de l’UdeS a remis son prix facultaire Reconnaissance pour la qualité de l’enseignement universitaire 2024, à Maxime Dion, développeur en informatique quantique à l’AlgoLab et chargé de cours. Cette distinction vise à reconnaître une personne enseignante dont l’enseignement, l’engagement, l’accompagnement et l’amélioration de la pédagogie universitaires sont remarquables. Le prix a été décernée à la suite d’une recommandation de la faculté, et des nombreux commentaires élogieux des personnes étudiantes au baccalauréat en sciences de l’information quantique (BSIQ).

Le principal intéressé se dit surpris et visiblement touché par cette reconnaissance : « J’enseigne de manière intuitive avoue Maxime. C’est validant en quelque sorte que mon approche pédagogique résonne avec les étudiants et étudiantes du BSIQ.» Sa curiosité scientifique pour le monde qui l’entoure est évidente pour ceux et celles qui le côtoient: « Je veux partager ce sentiment d’avoir une compréhension profonde des choses, une certaine maîtrise. L’enseignement, c’est la meilleure manière de faire ça. »

Faire le saut en enseignement

Cette même curiosité se manifeste dès son jeune âge. Son premier contact avec la science se produit à huit ans lors d’une journée pluvieuse au camp de jour « les Salines » à St-Hyacinthe, « sur le bord de l’autoroute 20, se souvient Maxime. Mon moniteur de l’époque m’a fait faire une expérience simple de transfert de liquide à l’aide de papier, du colorant bleu et des verres en carton. Je me souviens encore du sentiment de découverte à cet âge. »

Ce goût pour les sciences va se poursuivre tout au long de ses études universitaires au département dephysique à l’UdeS : Il chemine au baccalauréat, puis aux études graduées. Son premier contact avec l’enseignement se fait à la maitrise à travers des charges d’exercices. Son implication en enseignement se poursuit au doctorat et un concours de circonstance l’amène à offrir une première charge de cours avant la fin de ses études. « C’était pour moi un privilège de pouvoir enseigner et c’était extrêmement valorisant de recevoir du même coup des commentaires positifs de la part des étudiants et des étudiantes. J’ai aussi rapidement compris que donner un bon cours ça prend beaucoup de préparation! »

En juin 2020, il est le premier à se joindre à l’équipe naissante en programmation quantique de l’AlgoLab. Avec ses collègues, il s’investit dès lors dans le développement de plusieurs ateliers en informatique quantique pour les cégeps. « On a vite constaté que c’était possible d’introduire les jeunes à l’informatique quantique plus tôt dans le parcours scolaire. Ces ateliers et le travail que j’ai fait dans différents projets de recherche en programmation quantique m’ont apporté une certaine perspective sur les connaissances minimales requises pour aborder et enseigner le domaine. »

Outiller la prochaine génération en informatique quantique

Au même moment, le nouveau programme en sciences de l’information quantique est en cours de création. Maxime saisi l’occasion de mettre ses nouvelles connaissances à profit et on lui confie, avec son collègue Karl Thibault, la création et le charge de deux cours pour la première année du baccalauréat en 2022.

« Tout était à monter, souligne Maxime. Le programme devait offrir des approches pédagogiques innovantes. On avait le mandat, mais aussi l’opportunité d’utiliser une approche expérientielle. Je ne savais pas trop ce que ça voulait dire, mais Karl le savait! »

Au final, son approche pédagogique est un mélange de cours magistraux et de projets structurants qui permettent de mettre les apprentissages en pratique. Il insiste pour offrir un environnement d’apprentissage à la fois ouvert, stimulant et amusant pour maintenir l’intérêt :« Quand je pose une question en classe, j’attends souvent laisser monter [un peu] le malaise du silence avant que les gens répondent, avoue Maxime », sourire en coin. « Quand personne ne connait la réponse, quelqu’un fini toujours par tenter quelque chose basée sur ses connaissances actuelles. Ça provoque généralement des discussions et c’est souvent là que l’apprentissage commence, et toute la classe en bénéficie. »

« C’est satisfaisant de voir quelqu’un comprendre. Le contact, l’interaction avec les personnes étudiantes et bâtir un rapport, surtout dans un domaine nouveau comme l’informatique quantique où les échanges sont essentiels. Parfois, les étudiants et les étudiantes vont te surprendre avec une question qui n’a pas encore de réponse. Je n’ai pas peur de montrer les limites de ce que je sais et ce que je ne sais pas. »

Du même souffle, il souligne l’importance d’outiller les jeunes pour prendre en main leur parcours scolaire: « Un des défis pour les personnes qui arrivent à l’université c’est de s’approprier les apprentissages et leur propre cheminement. Le BSIQ permet de développer des outils applicables à d’autres domaines au-delà des connaissances scientifiques, notamment la rigueur, la curiosité, l’élan entrepreneurial et surtout, de l’agilité face à un domaine en constante évolution.»

Malgré son implication dans différents projets de recherche, notamment avec Nord Quantique, l’enseignement occupe une place particulière : « Pour moi l’enseignement reste encore un privilège. J’espère avoir d’autres opportunités d’enseigner dans les années à venir. »