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Nouveautés autour du projet Kazoza

Transformer des vies à Nakivale

Les professeurs Hassane Squalli et Laurent Theis, accompagnés d'élèves de l'école secondaire communautaire Rubondo au camp de Nakivale.
Les professeurs Hassane Squalli et Laurent Theis, accompagnés d'élèves de l'école secondaire communautaire Rubondo au camp de Nakivale.
Photo : Fournie

Depuis son dévoilement à la communauté universitaire en avril 2024, le projet Kazoza a grandement progressé. Un an plus tard, la Faculté d’éducation présente fièrement les avancées significatives ainsi que les prochaines étapes qui façonneront l’avenir de ce projet novateur d'éducation internationale.

La mission du projet Kazoza est de contribuer à construire un avenir meilleur pour les jeunes réfugiés vivant dans le camp de réinstallation de Nakivale, en Ouganda.

Immersion étudiante : un premier séjour porteur de changement

Du 22 septembre au 23 décembre 2024, une équipe de cinq étudiantes et étudiants, encadrés par le Groupe coopération internationale de l’Université de Sherbrooke (GCIUS) et supervisés par les professeurs Jean Gabin Ntebutse et Nathalie Roy, a séjourné au camp de Nakivale. L’objectif principal de leur voyage était de faire une analyse écosystémique des besoins au campement. L’analyse menée sur le terrain a permis de cerner quatre besoins prioritaires : la construction de dortoirs sécurisés, la mise en place de services de soutien psychosocial, le renforcement de la persévérance scolaire et le développement d’infrastructures numériques.

En compagnie du directeur de l'école secondaire communautaire Rubondo, M. Mukasa Edmond, voici l’équipe étudiante : Anthony Desrochers, étudiant au baccalauréat en géomatique et directeur général du GCIUS, Léopold Sharangabo, étudiant à la maitrise en science de l’éducation, Jade Barrette, étudiante à la maitrise en développement international et action humanitaire, Christian Audet, étudiant au baccalauréat en génie civil, et Simon Courchesne, étudiant au baccalauréat en génie civil.
En compagnie du directeur de l'école secondaire communautaire Rubondo, M. Mukasa Edmond, voici l’équipe étudiante : Anthony Desrochers, étudiant au baccalauréat en géomatique et directeur général du GCIUS, Léopold Sharangabo, étudiant à la maitrise en science de l’éducation, Jade Barrette, étudiante à la maitrise en développement international et action humanitaire, Christian Audet, étudiant au baccalauréat en génie civil, et Simon Courchesne, étudiant au baccalauréat en génie civil.
Photo : Fournie par Anthony Desrochers

Le Rapport Kazoza 2024 offre un regard approfondi sur ce séjour et ses retombées. Une lettre d’appréciation émouvante reçue des parents illustre bien l’impact du séjour : « Ayant été déplacés de nos pays d’origine par la guerre et les conflits, nous pensions ne jamais retrouver la paix, l’amour, l’amitié et la fraternité, mais les étudiants de l’université nous ont fait réaliser qu’il est possible de vivre la fraternité et l’amitié même loin de chez nous.»

L’histoire de deux didacticiens des mathématiques en Ouganda

En mars 2025, les professeurs Laurent Theis et Hassane Squalli ont prêté main forte aux écoles du camp de Nakivale. Malgré un contexte difficile, ils retiennent avant tout l’extraordinaire esprit de communauté qui règne dans le campement, une source d’inspiration profonde, bien plus marquante que les défis rencontrés.

Le directeur général de l’École secondaire communautaire Rubondo m’a profondément marqué. Il n’est pas lui-même réfugié, mais il œuvre depuis plus d’une décennie pour cette communauté avec une énergie exceptionnelle.

Le professeur Laurent Theis

Les professeurs Hassane Squalli et Laurent Theis lors d'un atelier de formation destiné aux personnes enseignantes en mathématiques.
Les professeurs Hassane Squalli et Laurent Theis lors d'un atelier de formation destiné aux personnes enseignantes en mathématiques.
Photo : Fournie

Les deux didacticiens des mathématiques ont entamé leur séjour par une première semaine de rencontres avec les directions et les personnes enseignantes. Les trois semaines suivantes ont été consacrées à l’observation en classe, à l’accompagnement pédagogique et au coaching du personnel enseignant. Chaque samedi, ils ont animé des ateliers de formation destinés à l’ensemble des personnes enseignantes en mathématiques. En complément de ces activités, ils ont également proposé des activités ludiques autour des mathématiques, incluant des jeux éducatifs et des démonstrations de mathémagie, afin de stimuler l’intérêt et l’engagement des élèves. Ces expériences ont été marquantes pour les professeurs Theis et Squalli.

J’ai été ému par un réfugié congolais, enseignant en français, qui a créé sa propre école. Il loue des locaux et enseigne comme il peut. Sa détermination est admirable.

Le professeur Hassane Squalli

Prochaines étapes : bâtir des fondations solides

L’analyse menée à l’automne a mis en évidence les besoins les plus cruciaux. La construction d’un premier dortoir débutera en mai 2025, une avancée qui améliorera directement la sécurité des élèves, leur persévérance et leur fréquentation scolaire, particulièrement chez les filles. Des démarches sont en cours pour structurer un soutien psychosocial durable, favoriser la persévérance scolaire et améliorer l’infrastructure numérique.

Photo : Fournie par Anthony Desrochers

Un nouveau séjour étudiant est prévu à l’automne 2025, tel qu’annoncé lors du Congrès annuel du GCIUS tenu le 28 mars dernier. L’équipe, composée de Samuel Grenier, Jérémy Roy, Catherine Laperle, Delphine Perreault et Jean-Raphaël Poulin, se donne pour mission d’accroître l’accès à l’éducation de niveau secondaire pour les jeunes du camp de Nakivale. Le groupe entend également mener des recherches universitaires sur divers aspects de l’éducation afin de nourrir les connaissances dans ce domaine et d’inspirer d’autres initiatives. Enfin, ils souhaitent contribuer à la mise en place d’une école communautaire autonome sur le plan financier, offrant une éducation de qualité, favorisant la rétention des élèves et répondant aux besoins éducatifs de la communauté.

Les étudiants qui participent à ce projet seront changés à jamais. Je trouve qu’avec ce projet, nous actualisons la mission de former des acteurs qui vont changer le monde.

Le professeur Jean Gabin Ntebutse

Grâce à vous, l’avenir prend forme

Le projet Kazoza ne serait pas possible sans la générosité de ses donatrices et donateurs. Chaque contribution, petite ou grande, aide à transformer des vies, tant celles des jeunes réfugiés que celles des personnes étudiantes qui s’impliquent.

Kazoza, en bref

Voici quelques chiffres qui illustrent l’ampleur de la situation :

  • Créé en 1958, le camp abrite aujourd’hui près de 173 000 personnes, dont 58 % sont des jeunes.
  • Seuls 12 % des jeunes atteignent l’école secondaire, un taux qui diminue à 7,5 % chez les filles.
  • Le camp ne dispose que de deux écoles secondaires, où le ratio peut atteindre 200 élèves par personne enseignante.
  • La pandémie a exacerbé les problématiques sociales, accélérant les besoins déjà criants.

Le projet Kazoza réunit les facultés d’Éducation et de Génie ainsi que plusieurs partenaires : Groupe coopération internationale de l’Université de Sherbrooke (GCIUS), Carrefour de solidarité internationale (CSI), Architecture Sans Frontières Québec (ASFQ), Finn Church Aid (FCA), Cebuna, Rubondo Community Secondary School et bien d’autres.


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