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D'opérateur funéraire à chercheur en NeuroIS : le parcours inspirant de Samuel Maurice

Samuel Maurice lors du lancement officiel de la Zone d’excellence numérique et du NeuroTechno Lab.
Samuel Maurice lors du lancement officiel de la Zone d’excellence numérique et du NeuroTechno Lab.
Photo : Michel Caron - UdeS

À première vue, peu de choses prédestinaient Samuel Maurice à étudier les mécanismes cognitifs entourant l’usage de l'intelligence artificielle. Or, c’est précisément dans ce champ de recherche qu’il a trouvé sa voie.

Étudiant à la maîtrise en administration, concentration stratégie de l'intelligence d'affaires, Samuel vient d'obtenir deux distinctions importantes pour soutenir ses travaux de recherche : une bourse d'appui à la relève de l'Observatoire international sur les impacts sociétaux de l'IA et du numérique (OBVIA) ainsi qu'une bourse de la Fondation Arbour, basée sur l’excellence académique et l’impact dans des domaines clés pour l’avenir du Québec.

« Je suis fier, mais surtout soulagé d’avoir la possibilité de poursuivre ma recherche sur un sujet qui me passionne, sans me soucier de l’aspect financier », confie Samuel. « L’obtention de ces bourses vient légitimer la pertinence de mon projet ainsi que les retombées concrètes qu’il pourrait avoir sur nos organisations et notre société. »

Un parcours hors des sentiers battus

Avant d'entreprendre des études supérieures, Samuel a connu une trajectoire atypique. En quête de sens, il prend tout d’abord une année sabbatique pour faire du bénévolat avant d’explorer une carrière professionnelle dans le domaine funéraire. Il entreprend ensuite des études en support managérial puis en commerce international avant de retourner sur le marché du travail. Des expériences, sur le papier, éloignées mais qui convergent pourtant toutes vers une même aspiration : mieux comprendre l’humain et les enjeux qui façonnent les organisations.

Animé par un rêve d'expatriation et par l'envie de relever de nouveaux défis, il choisit de s'installer au Québec :

« Je pense que c’est vraiment le destin qui m’a amené ici. Plus jeune, je n’aimais pas beaucoup l’école car ce que j’apprenais ne me semblait pas utile dans ma vie de tous les jours. Plus tard, pendant mes études supérieures, j’ai été frustré par le peu de liberté que j’avais pour explorer les sujets qui me passionnaient. Je voulais aller au fond des choses et exploiter pleinement mon potentiel intellectuel afin de mieux comprendre la gestion des organisations. »

Cette détermination l'amène aujourd'hui à évoluer dans un domaine qu'il ne connaissait pratiquement pas à son arrivée, mais dont le potentiel s’est rapidement imposé à lui.

Une recherche novatrice aux retombées concrètes

Depuis l'automne 2025, Samuel travaille comme auxiliaire de recherche au NeuroTechno Lab de l'École de gestion sous la supervision des professeurs Elaine Mosconi et Olivier Caya.

Nous sommes fiers de Samuel et très heureux pour lui, car il allie excellence et passion dans son parcours d'étudiant-chercheur à l'École de gestion. Ces deux bourses prestigieuses lui permettront de poursuivre ses objectifs en toute sérénité, et nous avons déjà hâte de lire les conclusions de son étude novatrice sur l'intelligence artificielle générative.

Olivier Caya, professeur au Département des systèmes d'information et méthodes quantitatives de gestion, responsable de la Zone d’excellence numérique (ZEN)

Samuel Maurice explique à Diane Fontaine l'analyse de la trajectoire du regard sur un site transactionnel avec l’oculométrie, épaulé par la professeure Elaine Mosconi.
Samuel Maurice explique à Diane Fontaine l'analyse de la trajectoire du regard sur un site transactionnel avec l’oculométrie, épaulé par la professeure Elaine Mosconi.
Photo : Michel Caron - UdeS

Lors de ma première entrevue avec Samuel, j’avais perçu chez lui une curiosité intellectuelle et un très haut potentiel. Depuis, il ne cesse de confirmer cette première impression et de dépasser nos attentes par la qualité de son travail, son autonomie et son engagement. Je suis particulièrement fière de le voir recevoir aujourd’hui ces distinctions, qui reconnaissent pleinement son excellence et la pertinence de ses travaux sur la collaboration entre l’humain et l’intelligence artificielle.

Elaine Mosconi, professeure au Département des systèmes d'information et méthodes quantitatives de gestion, responsable du NeuroTechno Lab

À l'intersection de la gestion et de la psychologie cognitive, les travaux de Samuel visent à mieux comprendre la façon dont les individus prennent des décisions lorsqu'ils utilisent des outils d'intelligence artificielle générative. Quels facteurs influencent mon niveau de confiance ou de méfiance envers ces technologies et comment cette perception façonne mes choix? Sa réflexion s'étend également à la notion de responsabilité : dans quelle mesure je me sens imputable d'une décision lorsque je m'appuie sur les recommandations d'un outil d'intelligence artificielle?

Pour répondre à ces questions, l'équipe recrute des participants volontaires qui prennent part à différentes mises en situation assistées par l’intelligence artificielle. Leurs réactions sont monitorées à l'aide de capteurs physiologiques qui mesurent la conductance cutanée ainsi que par un oculomètre qui permet de suivre les mouvements du regard. Samuel analyse ensuite les réactions des participants et récolte ainsi des données précieuses sur les mécanismes qui influencent leur comportement.

À l’heure où l’intelligence artificielle est adoptée à un rythme effréné, les retombées de sa recherche pourraient se faire sentir à tous les niveaux. Que ce soit pour tirer les meilleures pratiques en gestion d’entreprise, cartographier les profils des employés ou encore permettre à la communauté universitaire de mieux se former en vue de son intégration sur le marché du travail.

Mais Samuel voit déjà plus loin. D’ici quelques années, il rêve de poursuivre sa recherche au doctorat, enseigner ou encore devenir consultant :

« Dans un contexte où la plupart des entreprises québécoises sont des PME, j’aspire à mieux outiller les gestionnaires dans leur façon d’intégrer l’IA dans leurs méthodes de travail et ainsi mieux accompagner leurs équipes. Je pense qu’une approche personnalisée est le meilleur moyen de les aider dans cette transition numérique qui soulève nombre de préoccupations éthiques et sécuritaires, notamment en lien avec la cybercriminalité. C’est ma façon de redonner à la société et de remercier ma province d’accueil à travers des retombées concrètes pour le secteur professionnel. »

La force de l’interdisciplinarité à l’École de gestion

Le parcours de Samuel met en lumière l’une des grandes forces de l’École de gestion : sa capacité à favoriser les collaborations au-delà des frontières disciplinaires. À la croisée de la gestion, de l’intelligence artificielle, des neurosciences et de la psychologie, ses travaux illustrent comment la rencontre entre différents champs d’expertise peut faire émerger des innovations porteuses et contribuer à répondre aux grands enjeux de notre époque.

Antoine Gervais, vice-doyen à la Recherche, École de gestion

Au-delà des distinctions obtenues, le parcours de Samuel témoigne que la recherche peut naître de chemins inattendus et mener à des retombées bien concrètes. Grâce à son travail, il contribue aujourd'hui à mieux comprendre l'une des grandes transformations qui façonneront les organisations de demain : la collaboration entre l'humain et l'intelligence artificielle.