Santé mentale étudiante
Traverser les hauts et les bas, ensemble
Photo : Michel Caron - UdeS
Les études supérieures représentent une période de vie où la santé psychologique est mise à rude épreuve. Au Québec, une personne aux études sur quatre perçoit sa santé mentale comme mauvaise ou très mauvaise, selon une enquête réalisée par l’Observatoire sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur (OSMÉES). À l’Université de Sherbrooke, on se mobilise pour bâtir une communauté tissée serrée, où chaque personne peut trouver solidarité, réconfort et soutien.
Depuis plusieurs années, la santé mentale étudiante est au cœur des préoccupations de l’UdeS. On pense que prendre soin de la santé mentale ne devrait pas uniquement reposer sur les épaules de chaque étudiante ou étudiant. On considère que c’est une responsabilité collective.
La santé mentale est un pilier essentiel de la réussite étudiante. L’Université de Sherbrooke travaille activement à imaginer des réponses créatives et uniques à cet enjeu prioritaire. Parce qu’apprendre à composer avec les difficultés et à prendre soin de sa santé mentale est indispensable pour les études, mais aussi pour toute la vie.
Isabelle Dionne, vice-rectrice aux études et à la vie étudiante
Des efforts qui portent fruit
Les efforts déployés pour soutenir la communauté étudiante se reflètent dans les résultats des enquêtes, qui placent l’université, à plusieurs égards, dans une posture encourageante par rapport à la moyenne québécoise.
L’enquête de l’OSMÉES révèle que 84,3 % des étudiantes et étudiants de l’UdeS pensent que l’administration est à l’écoute de leurs besoins en matière de bien-être et de santé mentale. 71,5 % ont un fort sentiment d’appartenance et le sentiment de sécurité atteint 98 %.
Malgré ces signaux encourageants, les besoins demeurent importants. L’UdeS poursuit donc sans relâche ses actions pour favoriser le bien-être de sa communauté étudiante.
Tour d’horizon de la situation et des solutions imaginées pour y faire face.
La population étudiante plus vulnérable
Photo : Michel Caron - UdeS
Selon l’OSMÉES, les principaux indicateurs de santé mentale de la population étudiante du Québec sont nettement plus défavorables que ceux observés dans la population générale. L’enquête provinciale confirme que les étudiantes et étudiants rapportent des niveaux beaucoup plus élevés de symptômes d’anxiété et de dépression, une perception plus négative de leur santé mentale, et des niveaux de bien-être psychologique plus faibles.
42,9 % des personnes aux études rapportent des symptômes d’anxiété modérés à sévères, contre 15,3 % pour la population canadienne de 18 ans et plus, selon les données de l’OSMÉES et de Statistique Canada.
Sur le terrain, les associations étudiantes le constatent. Coût de la vie, hausse des loyers, insécurité alimentaire… les préoccupations se multiplient et dépassent le cadre universitaire. La population étudiante fait face à plusieurs facteurs aggravants et les besoins en services en santé mentale sont grandissants.
Photo : Michel Caron - UdeS
S’attaquer au sentiment d’isolement
Christine Girard, de la FEUS, rappelle que la génération qui arrive actuellement sur les bancs d’université a traversé la fin de son secondaire et l’entrée dans la vie adulte pendant la pandémie. « Plusieurs n’ont pas pu pratiquer l’esprit de communauté. C’est important de ramener cela, l’esprit de famille universitaire », ajoute-t-elle.
Aux cycles supérieurs, l’isolement est aussi l’un des plus grands défis, avec les longues périodes de rédaction. Cécile Radosevic Batardy, du REMDUS, constate également une vulnérabilité accrue à l’anxiété chez les étudiantes et étudiants internationaux : « avec la famille à l’autre bout du monde, l’adaptation à une nouvelle culture et à un système éducatif différent ou encore le stress lié aux démarches d’immigration, le risque est décuplé. »
Le sentiment de solitude constitue un vecteur très important de la détresse psychologique. À l’inverse, le fait de briser l’isolement est un grand facteur de protection.
Bruno Collard, directeur de la section psychologie et orientation des Services à la vie étudiante
C’est l’un des leviers sur lesquels l’université a décidé d’agir en priorité. Le défi est immense à l’UdeS alors que 85 % des étudiantes et étudiants viennent de l’extérieur de la région et sont donc loin de leur réseau social naturel.
Photo : Michel Caron - UdeS
Pour briser ce sentiment de solitude, les Services à la vie étudiante, le Bureau de la registraire, les facultés, les services et les associations étudiantes collaborent pour mettre sur pied des ressources et des initiatives novatrices et transversales afin de bâtir un filet social solide pour la communauté étudiante.
Des systèmes d’entraide précieux
À la mi-session du premier trimestre d’étude de nombreux programmes de baccalauréat ou de maîtrise, on reçoit l’appel d’une personne qui a terminé sa première année dans le même domaine que nous et qui prend de nos nouvelles. Ce système d’appels, mis en place par le Bureau de la registraire, permet de détecter celles et ceux qui vivent plus de défis et de les diriger vers des ressources adaptées.
Des questions ou des difficultés en lien avec les contenus de nos cours? Des tutrices et tuteurs bénévoles offrent aussi leur aide dans le cadre des centres d’entraide à l’étude par les pairs.
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS
Il y a aussi la Pair-Mission, projet pensé par une équipe étudiante en psychologie pendant la pandémie. À tout moment durant les études, dès qu’on vit des difficultés, qu’on ne va pas bien et qu’on ne sait pas à qui s’adresser, on peut parler rapidement à une étudiante ou un étudiant bénévole. Ce service assure une présence bienveillante pour accueillir les personnes en détresse et les orienter vers les meilleures ressources.
De l’entraide de qualité en quantité
La veille téléphonique par les pairs a permis de contacter 1480 personnes durant l’automne 2024.
Les tutrices et tuteurs de centres d’entraide à l’étude par les pairs ont pu réaliser pas moins de 5660 consultations dans la dernière année.
Les bénévoles de la Pair-Mission ont accompagné plus de 400 étudiantes et étudiants l’année dernière.
Photo : Michel Caron - UdeS
Aider, accompagner, outiller
« Avec la complexité de tout ce qui se passe dans la vie universitaire, de la charge et du stress inévitables avec lesquels ça vient, il arrive qu’on s’y perde, ou qu’on trébuche, précise Bruno Collard, directeur de la section psychologie et orientation des Services à la vie étudiante. Nos services sont là pour accompagner, offrir un soutien, un traitement et un pas de recul pour aider à prendre du pouvoir sur sa santé. »
Au cœur de la démarche se trouve l’objectif de stimuler l’autonomisation des étudiantes et étudiants rencontrés et de les outiller pour mener à bien leur projet d’études en surmontant les défis auxquels ils font face.
Photo : Michel Caron - UdeS
Agir sur une multitude de facteurs
La santé mentale des étudiantes et étudiants peut être influencée par de nombreux facteurs : stress relié aux études, anxiété de performance, mais aussi difficultés de la vie quotidienne, détresse financière, conflits avec d’autres personnes.
Pour diversifier l’éventail de services offerts, comprenant de la psychothérapie, de l’orientation professionnelle, et des soins infirmiers et médicaux, les Services à la vie étudiante ont déployé en 2021 une équipe d’intervention psychosociale.
Si une étudiante ou un étudiant qui commence ses études traverse une période difficile, en lien avec le fait d’apprendre à vivre seule en appartement et à se construire un nouveau réseau social par exemple, on va l’aider à identifier ses besoins, travailler des stratégies d’adaptation et l’orienter vers des activités propices à la socialisation sur le campus.
Photo : Michel Caron - UdeS
Des actions sur mesure dans les facultés
Pour construire un filet social solide, il faut un engagement collectif, une réponse systémique et transversale.
« En parallèle des consultations individuelles avec les étudiantes et étudiants, l’équipe d’intervention psychosociale accompagne aussi les facultés pour valoriser les initiatives existantes et soutenir le déploiement d’actions de sensibilisation et de prévention », souligne Marie-Pierre Bégin.
Les facultés se mobilisent : quelques exemples
À la Faculté de droit, où les enjeux d’anxiété de performance sont très importants, le cours Devenir juriste, enseigné dès la première année de baccalauréat et unique au Québec, inclut une partie sur les questions de santé psychologique. On y aborde notamment l’autocompassion, le droit à l’erreur, la gestion du stress ou l’anxiété vocationnelle.
À la Faculté d’éducation, on a imaginé la Semaine des petits bonheurs pour partager des stratégies pour prendre soin de soi.
À la Faculté de génie, où le sentiment d’appartenance est une priorité, des étudiantes et étudiants ont créé Espace connexion, une activité hebdomadaire pour tisser des liens et se changer les idées.
Une porte à laquelle on peut toujours frapper
Cette porte, c’est celle des aides à la vie étudiante (AVE). Ces membres du personnel de l’UdeS, comme Marie-Ève Lacombe-Harvey, sont formés pour offrir soutien et écoute en toute confidentialité.
Dans mon bureau, j’accueille régulièrement des étudiantes ou étudiants qui vivent de l’anxiété, qui ont peur de l’échec ou même qui font une crise de panique. Dans ces situations, je sais comment agir et vers quelles ressources les guider rapidement.
Marie-Ève Lacombe-Harvey, aide à la vie étudiante à la Faculté des sciences
Photo : Michel Caron - UdeS
Faire partie du réseau des aides à la vie étudiante lui permet d’avoir des formations concrètes et pertinentes chaque année et d’être ainsi mieux outillée pour accompagner au quotidien les étudiantes et étudiants qui vivent des difficultés.
Des portes comme celle de Marie-Ève, il y en a plus de 150 à l’université. Cette mesure de soutien social, initiée par la Faculté de médecine et des sciences de la santé, et étendue à l’ensemble de l’UdeS depuis 2019, permet d’avoir un vaste réseau de personnes prêtes à offrir du soutien avec bienveillance et efficacité.
Tisser des liens. Bâtir une communauté.
Avec des campus et des espaces pensés pour favoriser le bien-être et le vivre-ensemble, l’Université de Sherbrooke regorge d’initiatives et activités pour que chaque personne puisse faire partie d’un groupe où elle se sent bien. Un facteur de protection essentiel pour la santé mentale.
Du côté des associations et des regroupements étudiants par exemple, il y en a pour tous les profils et pour tous les goûts : cinéma, plein air, zéro déchet, danse, sciences, photo…
Photo : Michel Caron - UdeS
Autre exemple, une cuisine collective vient de voir le jour. Fruit d’un partenariat entre les Services à la vie étudiante et l’organisme sherbrookois Le Blé d’Or, et financé par la FEUS, ce projet agit non seulement sur l’esprit de communauté, mais aussi sur le facteur aggravant du coût de la vie.
Les nombreuses ressources et initiatives déployées ces dernières années témoignent de cette volonté de l’UdeS de faire de la santé mentale étudiante une priorité. De cette proactivité à trouver des idées et des solutions à cet enjeu majeur. De cette mobilisation collective pour prendre soin de chaque membre de cette grande communauté UdeS.
Informations complémentaires
- Trouvez toutes les ressources offertes à l’UdeS pour la santé mentale étudiante
- Consultez l’enquête nationale québécoise sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur de l’OSMÉES
- Découvrez l’histoire de Jessica qui a eu l’aide précieuse de l’équipe de psychologie pendant son parcours
- Lisez l’histoire de Laurie qui a traversé une dépression et une réorientation pendant ses études
