Launch Canada Challenge 2026
Une première canadienne pour l’équipe SIRIUS
« Impossible pour un groupe étudiant au baccalauréat de concevoir un moteur liquide à refroidissement régénératif pour une fusée, c’est trop complexe! » Pourtant, c’est exactement ce que vient d’accomplir le groupe technique SIRIUS grâce à sa fusée Zénith et ce, en seulement deux ans.
Ce lancement vient graver le nom de l’Université de Sherbrooke dans l’histoire de la fuséologie canadienne et a permis au groupe de la Faculté de génie de ramener à la maison un trophée remporté lors de la compétition étudiante canadienne de fuséologie Launch Canada 2026, en août dernier.
Réunissant plus de 30 équipes étudiantes et amateures venues mettre à l’épreuve leurs technologies de propulsion, l’édition 2026 de la compétition s’est déroulée à Timmins, en Ontario, en partenariat avec la Première Nation Mattagami.
Au terme d’une semaine où l’excellence en ingénierie, l’innovation et la capacité à relever des défis techniques ont été mises à l’épreuve, SIRIUS s’est illustré en remportant la première position dans la catégorie Advanced. Après deux jours d’exposition et d’inspection de leurs fusées, la fenêtre de lancement avait lieu du 17 au 22 août pour les équipes participantes; dans un environnement exigeant où chaque étape du développement devait être démontrée sur le terrain.
Une première historique
Pour SIRIUS, cette première place vient couronner un projet particulièrement ambitieux : le vol de la toute première fusée canadienne propulsée par un moteur liquide à refroidissement régénératif, qu’elle a baptisé Pyros II.
Cet accomplissement technologique notable, réalisé en parallèle de leurs études en génie, témoigne de la volonté des 22 membres de l’équipe de se dépasser et de repousser les limites.
On s’est simplement demandé : pourquoi ne pas prouver, comme groupe étudiant, comme équipe canadienne, qu’on peut y aller avec le nouveau standard de l’industrie aérospatiale et performer dans ce contexte de cycle de développement rapide.
Charles-William Lambert, étudiant au baccalauréat en génie robotique.
Quand chaque détail compte
Dans la catégorie Avancée, la performance en vol ne constitue qu’une partie de l’évaluation. Le travail d’ingénierie représente à lui seul 40 % des points, ce qui place la conception, les analyses, les essais et la rigueur de la démarche au cœur de la compétition.
Les équipes sont notamment évaluées sur place sur leur capacité à démontrer le fonctionnement et l’opération de leur système, ainsi que sur ses performances. Pour SIRIUS, cette approche a permis de mettre en valeur tout le travail réalisé en amont du lancement : de la conception du moteur et de la fusée jusqu’aux simulations et à la validation des choix d’ingénierie.
Il n’y a qu’un seul lancement, une seule chance. Il n’y pas de vols de tests possibles. Ces quelques dizaines de minutes où la fusée est réellement dans les airs témoignent de milliers d’heures de travail investies. C’est ce qui caractérise le défi de cette industrie, mais aussi ce qui la rend si spéciale.
June Young Park, étudiant en génie robotique
Et quand on arrive enfin au moment décisif, le décollage?
C’est un moment tellement difficile à décrire. Il y a de l’euphorie, il y a du soulagement : tu n’as plus le droit à l’erreur et en même temps, tu as devant toi le résultat de tous les efforts de tes coéquipiers et coéquipières.
Cassiopée Jalbert, étudiante au baccalauréat en génie électrique.
Repousser les limites, une étape à la fois
Au-delà de la performance finale en compétition, le vol de Zénith constitue pour SIRIUS une occasion unique de confronter ses données de tests et ses simulations à des résultats concrets à des kilomètres d’altitude.
L’objectif n’était pas simplement de faire voler une fusée, mais de développer un système capable d’être compris, analysé et amélioré. Les données et observations recueillies lors de la compétition permettront ainsi à l’équipe de poursuivre le développement de ses technologies de propulsion.
Cette victoire récompense à la fois les résultats obtenus sur le terrain et tout le travail accompli en amont par l’ensemble des membres de SIRIUS.
Il y a deux ans, je me suis fait dire que c’était impossible pour des personnes au baccalauréat de réaliser un tel projet. Pour notre équipe, c’était toutefois bien clair : on va le faire. Rien n’est impossible.
Guillaume Béland, étudiant au baccalauréat en génie robotique.
Et si cette première position marque une étape importante pour l’équipe, ses membres tiennent à souligner l’apport des employées et employés du Studio de création – Fondation Huguette et Jean-Louis Fontaine : sans le Studio, tout ceci aurait été impossible. Un vrai impossible.
Une industrie à la croisée des chemins
Cet accomplissement s’inscrit dans un moment charnière où convergent deux phénomènes : la montée des ambitions canadiennes en matière de lancement spatial et l’avènement de technologies modernes telles que l’impression 3D métallique. Dans leur sillage, des groupes d’étudiantes et d’étudiants aux quatre coins du pays repoussent les limites de ce que l’on croyait encore inaccessible il y a à peine dix ans.