Le cafard de l’été ou avoir les bleus de l'été
L’été, dans l’imaginaire collectif, évoque le soleil, les rires partagés, les vacances au bord de l’eau et les longues soirées sous les étoiles… Les réseaux sociaux se remplissent d’images d’aventures et de moments heureux. Pourtant, derrière cette façade de bonheur universel, certaines personnes vivent une tout autre réalité. Pour celles-ci, l’été n’est pas synonyme de fête, mais plutôt de solitude amplifiée, de souvenirs douloureux ou encore d’un sentiment d’exclusion.
Lorsque l’été s’installe, que les classes et les bureaux se vident et que les activités sociales battent leur plein, les personnes qui traversent un événement de vie difficile, qui n’ont pas de projets en vue ou qui n’ont pas trop l’énergie de se réjouir peuvent ressentir un certain mal être. Le contraste entre l’ambiance festive et l’état intérieur peut ainsi accentuer l’inconfort. L’été avec son soleil et ses jours lumineux peuvent parfois renvoyer à une météo intérieure ombragée et pluvieuse. Or, il est important de faire place à cet univers intérieur, parfois en décalage avec ce qui se passe autour de soi.
L’idée est d’accueillir le vécu, ne pas lutter et lui offrir un espace pour qu’il s’exprime. En se donnant la permission de ressentir des états d’âme qui ne sont pas toujours arrimés avec la température extérieure, se donner le droit d’exister librement et authentiquement.
Comment y faire face?
D’abord, il est important de se rappeler que plusieurs personnes peuvent expérimenter ces moments de déprimes estivales. Il est légitime de ressentir un vide, de l’ennui ou de la peine. Ensuite, il est possible de mettre en place des stratégies pour tenter d’atténuer le décalage ressenti.
Par exemple, il est possible de :
- Choisir des lieux qui sont plus en accord avec notre vécu intérieur : aller marcher en forêt les jours de pluie ou s’installer près d’un étang tranquille.
- Planifier des moments pour s’immerger dans une ambiance, sans se mettre la pression d’y participer activement. Par exemple, se promener dans un parc, marcher dans un festival ambulant, prendre une crème glacée sur une terrasse animée.
- S’organiser des moments pour s’entourer d’autres personnes en toute simplicité, comme participer aux rencontres mensuelles du Village d’été UdeS tous les premiers jeudis du mois.
- Contacter une personne paire-aidante de la Pair-Mission pour obtenir un soutien ponctuel.
Parfois, admettre sa tristesse est la première étape vers un été plus doux. Même s’il ne ressemble pas à ceux qu’on voit sur les cartes postales.
Camille Brière et Héléna Skrotzky-Boisvert, conseillères en intervention psychosociale
Services à la vie étudiante
