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Retour sur le 3e Congrès biennal de la SQER : un succès retentissant

Photo : Maxime Picard
Photo : Maxime Picard

Le 3e Congrès biennal de la Société Québécoise pour l’Étude de la Religion (SQER) s’est tenu du 13 au 16 mai au Campus principal de l’Université de Sherbrooke, autour de la thématique « Religions en temps de crises ». Organisé par le SoDRUS, il a réuni près de 110 participants d’universités québécoises (85), canadiennes (9), européennes (9), et autres (10), avec une forte participation de chercheures et chercheurs de la relève : 10 post-doctorantes et post-doctorants, plus de 50 participants étudiants étaient présents. 16 panels répartis en 27 sessions ont permis d’entendre plus de 90 communications et laissent présager de collaborations à venir, ainsi que de publications communes.

Plusieurs temps forts ont rythmé ce Congrès. La conférence d’ouverture a été donnée par le professeur Robert-Falcon Ouellette (Université d’Ottawa). Lui-même originaire de la nation Crie de Red Pheasant en Saskachewan, le professeur Robert-Falcon Ouellette a proposé un retour sur sa trajectoire l’ayant conduit à devenir le premier gardien du savoir autochtone au sein des Forces armées canadiennes. Outre le partage de son expérience unique, le professeur Ouellette a proposé à l’ensemble des participantes et participants une cérémonie de purification, conduite avec son fils également présent à l’événement.

En partenariat avec l’Association française de sciences sociales des religions (AFSR), une table-ronde réunissait experts, chercheurs et professionnels des médias sur la question des violences sexuelles au sein de l’Église catholique québécoise et l’absence de recherches indépendantes d’ampleur sur le sujet. Animée par Frédéric Barriault, doctorant à l’UQAM, la table-ronde a croisé les perspectives proposées par François Gloutnay, journaliste chez Présence-Info : le suivi systématique qu’il fait depuis plusieurs années sur le sujet lui permet de dresser le panorama des différentes sources disponibles et des chantiers à développer pour comprendre le phénomène. Josselin Tricou, maître-assistant à l’université de Lausanne, présent au titre du partenariat avec l’AFSR, a participé aux travaux de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église en France (CIASE), qui sont venus porter un regard inédit et d’ampleur, documentés de manière rigoureuse par les chercheures et chercheurs y ayant contribué. La professeure Marie-Andrée Roy, professeure au département des sciences des religions à l’UQAM, chercheure à l’Institut de recherche et d’étude féministe, co-fondatrice du collectif L’Autre parole, a montré comment les dénonciations demeurent une démarche complexe pour les personnes qui ont été victimes de telles violences, spécialement les femmes. Ce constat appelle à des actions concrètes. Enfin, le professeur Jean-Guy Nadeau, de l’Institut d’études religieuses de l’Université de Montréal, revient sur les phénomènes qui permettent aux abus sexuels d’être perpétrés en toute impunité et sur une période aussi longue, en relevant plusieurs mythes créant une chappe de plomb sur ces questions.

Photo : SoDRUS
Photo : SoDRUS

Enfin, la professeure Véronique Altglas, de la Queen’s University (Belfast), revient sur quelques-uns des résultats tirés de son ouvrage Religion and Conflict in Northern Ireland. What  Does Religion Do ? (Palgrave, 2021). À travers l’analyse des travaux sur le conflit, elle souligne que l’enjeu religieux agit parfois comme une explication auto-suffisante, au détriment de dynamiques de classe, de genre, de sécularisation. Elle rattache également sa réflexion à l’article séminal de Pierre Bourdieu, Sociologues de la croyance et croyances de sociologues (1987), dont les conclusions sont valides au-delà du seul cercle de la sociologie des religions : les postures scientifiques ne sont pas toujours à l’abri de positions politiques. En contexte conflictuel, notamment en période d’atteinte à la liberté académique, rappelle la professeure Véronique Altglas, de telles conclusions sont autant de garde-fous pour la recherche.

Photo : SoDRUS
Photo : SoDRUS

Outre les conférences et table-ronde plénières, la SQER a remis les prix des meilleurs travaux à David Renault (Université Laval) pour sa maîtrise portant sur « Des herméneutiques du rire à la vision d’un crise écothéologique : retours d’un parcours de recherche en Jonas », et à Isabelle Kostecki (Université de Montréal, Université de Fribourg) pour sa thèse : « De la Mort-Fin à la Mort-Vie : Portée relationnelle des rites de fin de vie émergeant en soins spirituels dans les institutions de santé québécoises ».