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Rencontre avec M. Bernard Coupal, esprit vif et homme de vision

Pionnier du génie chimique à l’Université de Sherbrooke

Photo prise à la Collation des grades 2006 au cours de laquelle Bernard Coupal a reçu un doctorat honoris causa en génie de l’Université de Sherbrooke
Photo prise à la Collation des grades 2006 au cours de laquelle Bernard Coupal a reçu un doctorat honoris causa en génie de l’Université de Sherbrooke
Photo : Archives UdeS

Bernard Coupal est un homme passionné par le génie chimique et, par le récit de son vécu, il nous transmet cette passion. Une simple rencontre avec lui et on veut changer de carrière pour suivre ses traces. C’est avec une immense gentillesse qu’il nous a accordé de son temps pour nous parler de ses expériences et des raisons pour lesquelles il trouve important de donner pour les étudiantes et étudiants de la Faculté où il a passé de nombreuses années à titre de professeur.

Un professeur remarquable, une carrière d’exception

Comment peut-on décrire un homme qui a vécu tant de chose en si peu de mots? C’est tout simplement impossible. Pourtant, c’est le défi qu’on s’apprête à relever pour cet homme de vision doté d’une immense sagesse. Entendre Bernard Coupal se raconter, c’est écouter un homme passionné par le génie chimique. Son parcours professionnel est impressionnant. En 1965, alors qu’il était tout juste diplômé du doctorat en génie chimique de l’University of Florida, il a été recruté comme professeur à l’Université de Sherbrooke, où il y est demeuré jusqu’en 1986. Durant ces années, il a fondé le Département de génie chimique, puis il en a été le directeur durant trois ans, soit de 1971 à 1974. On peut dire qu’il a été un homme déterminant pour l’évolution de la Faculté de génie de l’Université de Sherbrooke.

Pour lui, l’Université de Sherbrooke est comme une deuxième maison. Lorsqu’il en parle, il se remémore d’excellents souvenirs. C’est avec fierté qu’il nous raconte certaines des recherches qu’il y a effectuées avec ses étudiants. Il nous confie également qu’une des grandes forces de l’ingénieur chimique est l’immense spectre de connaissances que ce dernier acquiert. Ainsi, grâce à sa formation, il a eu le privilège d’accomplir de nombreux projets dans des domaines variés.

Des années passées à l’Université de Sherbrooke, Bernard Coupal souligne l’ambiance qui se dégageait de la communauté universitaire. La jeune université de l’époque présentait un caractère unique de recherche partenariale et de formation axées sur les réalités de la société. Il se rappelle notamment, avec une certaine émotion, des étudiants qu’il a supervisés au doctorat, chacun ayant réalisé un projet appliqué sur des problématiques soulevées en industrie.

En plus de participer à la formation universitaire des étudiants, il désirait mettre en place un programme de recherche qui pourrait générer des retombées industrielles importantes pour le Québec. C’est ainsi que, avec un collègue chimiste, Dr Jean-Marc Lalancette, il a développé de nouvelles utilisations industrielles pour la tourbe, une ressource naturelle en abondance au Québec. Ensemble, ils ont mis au point un absorbant hygiénique avec la multinationale Johnson & Johnson ainsi que des procédés permettant de retirer les métaux lourds des eaux usées industrielles. Ses recherches et sa carrière lui ont valu plusieurs prix, dont le Prix du Québec Lionel-Boulet en 2000. Puis, en 2005, le Gouvernement du Québec le nommait officier de l’Ordre national du Québec.

En 1986, monsieur Coupal devient le directeur général de l’Institut de recherche en biotechnologie de Montréal, une institution dans le giron du Conseil national de recherches du Canada. Il oriente l’Institut vers des applications industrielles et encourage les jeunes chercheurs à bâtir leur entreprise.

En 1990, il cofonde la première entreprise de capital de risque québécoise nommée BioCapital. Cette dernière se spécialise dans l’investissement technologique.

S’ensuit en 1992 la mise sur pied de la Société Innovatech du Grand Montréal, un fonds de 350 millions $ également dédié à des investissements dans le domaine des technologies.

Et enfin, en 1997, monsieur Coupal cofonde et préside T2C2, une firme de capital de risque qui a permis la création d’une quarantaine d’entreprises dans les domaines de la biotechnologie et des technologies de l’information.

Une famille de philanthropes

Pierrette et Bernard Coupal, accompagnés d’un de leurs fils, Jean-François, lors de l’inauguration du Studio de création – Fondation Huguette et Jean Louis Fontaine, lequel abritera bientôt l’Usine-école Siboire
Pierrette et Bernard Coupal, accompagnés d’un de leurs fils, Jean-François, lors de l’inauguration du Studio de création – Fondation Huguette et Jean Louis Fontaine, lequel abritera bientôt l’Usine-école Siboire
Photo : Maxime Picard

La famille Coupal est d’une immense générosité. Au fil des ans, monsieur Coupal s’est fait un devoir de donner à son prochain et surtout d’investir dans ce qu’il croit. Son épouse et lui ont d’ailleurs soutenu de nombreuses causes, dont des fondations hospitalières. De plus, depuis quelques années déjà, ils contribuent annuellement à La Fondation de l’Université de Sherbrooke afin de soutenir deux initiatives en génie.

Dans un premier temps, une contribution significative est versée à l’Usine-école Siboire de l’Université de Sherbrooke. Un lieu de formation et de recherche qui traduit bien sa vision de la formation en génie chimique et génie biotechnologique. Puis, dans un deuxième temps, un fonds de bourse capitalisé sera créé afin de financer de façon pérenne la bourse Famille Pierrette et Bernard Coupal. Cette dernière soutiendra financièrement des étudiantes et étudiants persévérants en génie chimique et génie biotechnologique à l’Université de Sherbrooke. En tout, ces engagements représentent une valeur totale de plus de 350 000 $. Des gestes honorables que nous tenons à souligner et qui auront un impact sur les générations d’étudiants et étudiantes du Département fondé par le professeur Coupal.

Pour Bernard Coupal, l’Usine-école Siboire est la suite logique de ce qu’il a développé lors de son passage comme professeur à la Faculté de génie. « L’Usine-école, c’est une opportunité extraordinaire d’investir dans le savoir. » C’est la raison pour laquelle il a choisi de contribuer à ce projet, lequel offrira à la communauté étudiante la chance d’appliquer les connaissances acquises tout au long de leur formation universitaire en plus de les mettre en contact avec des acteurs de l’industrie.

Monsieur Coupal mentionne que c’est l’une des grandes forces de la Faculté de génie de l’Université de Sherbrooke. Étant branchés directement sur l’industrie, les étudiants peuvent ainsi acquérir une expérience de grande qualité.

Un mot pour les étudiants

En repensant à son propre parcours d’ingénieur chimique, monsieur Coupal souligne que la communauté étudiante vivra de très nombreux changements et fera face à toutes sortes de situations aussi différentes les unes que les autres. Selon lui, grâce à la formation à l’Université de Sherbrooke, les diplômées et diplômés en génie seront prêts à anticiper toute situation. Mais il rappelle du même souffle que cette génération devra affronter d’immenses défis environnementaux, de santé publique, de construction d’infrastructures et d’énergie.

Ainsi, les étudiantes et étudiants en génie chimique ont une chose à retenir : « Le Québec est en position fantastique pour affronter les défis de demain, et les étudiants en génie chimique ont le potentiel d’avoir un impact colossal sur la société, » conclut monsieur Coupal.