Semaine de la vérité et de la réconciliation à l’UdeS
Des voix et des perspectives pour ouvrir le dialogue
Photo : Michel Caron - UdeS
Colombie-Britannique, 1973. À six ans, la petite Phyllis Webstad entre au pensionnat, vêtue d’une belle chemise orange offerte par sa grand-mère. On la lui enlève dès son arrivée. Des années plus tard, ce vêtement confisqué deviendra le symbole d’une histoire qui ne doit jamais être oubliée.
À l’Université de Sherbrooke, cette mémoire se fait entendre et se transmet du 28 septembre au 2 octobre, dans le cadre de la Semaine de la vérité et de la réconciliation. Cet événement, proposé par l'équipe engagée dans l'autochtonisation à l'UdeS, est organisé en collaboration avec le Pôle régional en enseignement supérieur de l'Estrie (PRESE).
Marche commémorative, rencontres, activités culturelles et moments de partage offrent à la communauté universitaire l’occasion de découvrir différentes perspectives et réalités des Premiers Peuples et d’ouvrir le dialogue autour de la vérité et de la réconciliation.
Trois regards sur les Premiers Peuples
La Semaine de la vérité et de la réconciliation s'ouvrira sur une rencontre avec la professeure innue Julie Rock, du Département de pédagogie de la Faculté d'éducation, le lundi 28 septembre. À partir de son expérience, elle abordera les liens entre éducation, transmission et réconciliation et invite à réfléchir aux traces du passé ainsi qu'aux chemins à ouvrir vers une meilleure compréhension et un véritable dialogue.
Photo : Fournie
L'art s'avère aussi une porte d'entrée vers la mémoire et la transmission. L'artiste multidisciplinaire inuk Niap, qui s'impose parmi les voix marquantes de l'art inuit contemporain, sera à l'Agora de la Bibliothèque Roger-Maltais, le jeudi 1er octobre.
Elle y partagera les thèmes qui nourrissent sa démarche et prendra part à une discussion sur sa pratique et sur les perspectives contemporaines de l'art inuit. Son travail, qui explore le territoire, la mémoire et la transmission, a été présenté dans plusieurs institutions majeures au Canada, dont le Musée des beaux-arts de Montréal, le Musée McCord Stewart et le Musée d'art contemporain de Montréal.
Photo : Fournie
Toujours le 1er octobre, Christian Coocoo, coordonnateur des Services culturels au Conseil de la Nation Atikamekw, proposera, avec Au-delà des mots : penser la réconciliation d'un point de vue atikamekw, une réflexion ancrée dans l'histoire, les savoirs et les réalités de sa nation. Depuis près de 30 ans, l'anthropologue contribue à la valorisation et à la transmission de la culture, notamment par des projets de documentation, de recherche et de rayonnement. Sa présentation permettra d'aller au-delà des discours généraux pour mieux comprendre les perspectives atikamekw sur la réconciliation.
Photo : Fournie
Des lieux pour se rencontrer et créer des liens
La réconciliation se construit aussi dans les espaces où les personnes peuvent se retrouver, échanger et tisser des liens.
Le lancement de la démarche Premiers peuples en génie, le lundi 28 septembre au Studio de création, marquera la création d'un nouvel espace de rencontre au sein de la Faculté de génie. La démarche vise notamment à favoriser la présence, la visibilité et le rapprochement avec les Premiers Peuples auprès de la communauté facultaire.
À la Bibliothèque Roger-Maltais, l'inauguration du nouveau local des étudiantes et étudiants autochtones, le vendredi 2 octobre, viendra également souligner l'importance de disposer d'un espace rassembleur et culturellement sécurisant. Pensé pour favoriser les rencontres et les échanges, ce lieu sera consacré à la communauté étudiante autochtone.
Une marche commémorative le 30 septembre
Le personnel et la communauté étudiante de l'UdeS qui le souhaitent sont invités à prendre part à la grande marche « Chaque enfant compte », organisée en collaboration avec l'Université Bishop's, à l'occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, le 30 septembre.
Selon l'équipe des Premiers Peuples au Rectorat :
Cette journée invite à la réflexion, à l'éducation sur l'histoire coloniale du Canada et à un engagement concret envers les peuples autochtones.
Le chandail orange sera au cœur de la commémoration de cette journée. Porté en mémoire des enfants autochtones qui ont fréquenté les pensionnats et des personnes qui en ont survécu, comme la petite Phyllis Webstad, il rappelle une histoire qui continue de marquer les générations.
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS
« Porter la couleur orange lors de cette journée permet de reconnaître les traumatismes intergénérationnels causés par l'assimilation forcée et de se souvenir de celles et ceux qui ont souffert ou péri », rappelle l'équipe des Premiers Peuples.
Elle précise aussi que le message « Chaque enfant compte » indique la valeur de chaque enfant autochtone touché par ce système.
Du souvenir au dialogue, la Semaine de la vérité et de la réconciliation invite ainsi la communauté universitaire à prendre le temps d'écouter, d'apprendre et de mieux comprendre les réalités et les perspectives des Premiers Peuples.
Photo : Michel Caron - UdeS
Des chandails orange et des épinglettes confectionnés par une artiste innue de Mashteuiatsh seront disponibles en quantités limitées dans des points de vente au Campus principal. Les fonds amassés serviront à soutenir des initiatives liées aux Premiers Peuples sur nos campus.
Semaine de la vérité et de la réconciliation dans nos bibliothèques
Les bibliothèques de l’Université de Sherbrooke possèdent de nombreux ouvrages, en versions imprimée et électronique, sur les thèmes des pensionnats, de la vérité et de la réconciliation, ainsi que sur les histoires, les perspectives et les expériences des Premiers Peuples. Il est possible d’emprunter ou de consulter ces ouvrages, quel que soit votre campus d’attache.