Aller au contenu

Développement durable

S’allier à une influenceuse pour changer les choses

Peut-on vraiment changer le monde pendant ses études? Amina Wazoumi et Andrée-Anne Guesthier, doctorantes à l’École de gestion de l’UdeS, démontrent qu’il est possible de conjuguer recherche et impact concret.
Peut-on vraiment changer le monde pendant ses études? Amina Wazoumi et Andrée-Anne Guesthier, doctorantes à l’École de gestion de l’UdeS, démontrent qu’il est possible de conjuguer recherche et impact concret.
Photo : Michel Caron - UdeS

Écoanxiété, désinformation, sentiment d’impuissance face aux crises environnementales et sociales : on peut ressentir un certain découragement et penser que nos petits gestes ne sont qu’une goutte dans l’océan. Amina Wazoumi et Andrée-Anne Guesthier, doctorantes à l’Université de Sherbrooke, veulent nuancer ce constat. Leur idée? S’allier à Vikie Pedneault, influenceuse, pour mobiliser les jeunes adultes et rappeler que les petites actions sont essentielles!

Le projet, lancé le 27 avril, a d’ailleurs valu aux deux doctorantes un financement du programme Regards-ODD du Fonds de recherche du Québec. Elles sont la seule équipe lauréate de la province pour l’année 2025 de ce programme qui lutte contre la désinformation entourant les objectifs de développement durable (ODD) auprès des jeunes de 18 à 30 ans.

Contribuer à changer le cycle des choses

Au départ, Andrée-Anne et Amina ne se connaissent pas. Elles sont toutes les deux en pleine rédaction de leur thèse, lorsque le coordonnateur du Centre Lemaire en gestion responsable de l’École de gestion de l’UdeS les contacte.

On leur propose alors de mettre en commun l’expertise d’Amina en développement durable et les talents de communicatrice d’Andrée-Anne pour soumettre un projet au programme Regards-ODD.

C’est un « oui » immédiat! « L’université nous invitait à participer à quelque chose de signifiant, à créer une mouvance chez les jeunes. Même si ce n’était pas en lien direct avec nos projets de recherche respectifs, on a voulu s’investir pour contribuer à changer les choses », explique Andrée-Anne.

En ciblant les 18-30 ans, on s’adresse à celles et ceux qui vont amener le changement, qui pourront prendre de bonnes décisions pour l’avenir.

Amina Wazoumi, doctorante à l’UdeS

Au croisement de la science et des médias sociaux

Andrée-Anne et Amina partent alors des travaux de recherche du professeur Sofiane Baba et de son livre 30 idées reçues sur le développement durable. « Nous avions fait une première sélection de sept idées reçues du livre, avec l’objectif d’en déconstruire une auprès des jeunes adultes », précise Andrée-Anne.

Puis, une recherche documentaire leur permet de mieux comprendre la perception des jeunes en lien avec le développement durable : « on a ainsi cerné leurs préoccupations, leurs inquiétudes, pour trouver la bonne manière d’amener notre message », complète Amina.

Qu’est-ce que les ODD? 
En 2015, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a lancé le Programme de développement durable à l’horizon 2030. Ce plan mondial a établi 17 objectifs de développement durable (ODD) et 169 cibles pour guider les actions en faveur d’un avenir plus équitable et responsable.

La collaboration avec Vikie Pedneault, biologiste, vulgarisatrice scientifique, humoriste et influenceuse, prend alors forme. Animatrice de la série Drôlement Débrouillards à Télé-Québec, fondatrice d’un festival de sciences et d’un projet de sensibilisation pour protéger le Saint-Laurent, Vikie est suivie par plusieurs dizaines de milliers de personnes sur TikTok, Instagram et Facebook. Elle cherche à rassembler les gens à travers des récits mobilisateurs.

Vikie Pedneault est venue à l’Université de Sherbrooke pour tourner une vidéo de sensibilisation, dont la réalisation a été confiée à une équipe étudiante de l’agence-école de l’UdeS.
Vikie Pedneault est venue à l’Université de Sherbrooke pour tourner une vidéo de sensibilisation, dont la réalisation a été confiée à une équipe étudiante de l’agence-école de l’UdeS.
Photo : Fournie

« En échangeant avec Vikie, nous avons finalement choisi de vulgariser et déconstruire l’idée reçue selon laquelle les petits gestes sont dérisoires », poursuit Andrée-Anne.

Dans la courte vidéo partagée à sa communauté, Vikie Pedneault nuance d’entrée de jeu : « Je ne pense pas qu’on va changer le monde en utilisant un gobelet réutilisable, mais le faire chaque jour aide à ancrer notre posture ».

Pour elle, les petits gestes constituent un premier pas indispensable vers l’acceptation de changements plus importants. « Quand un geste te fait plaisir et te donne un sentiment d’efficacité, tu as envie de le poser, même si les effets à long terme te semblent lointains. Et le fait de te sentir ainsi engagé permet ensuite d’accepter plus facilement les changements systémiques, parfois plus exigeants. »

Petites actions et récits positifs, puissants leviers de transformation

En complément des vidéos de sensibilisation réalisées avec l’influenceuse Vikie Pedneault, Andrée-Anne et Amina ont également développé un partenariat de contenu avec Radio-Canada pour élargir la portée du message. L’article commandité met en lumière l’importance de notre engagement collectif.

Face à l’urgence de la crise climatique et aux enjeux environnementaux et sociaux, une réponse systémique et globale est indispensable. Mais les petits gestes ont aussi un rôle à jouer.

« Trier nos déchets, choisir le vélo plutôt que la voiture ou encore sensibiliser nos proches… on peut avoir l’impression que le faire à une sphère individuelle ne va pas changer le monde. Mais, en réalité, si chacune ou chacun de nous le fait, ça peut amener un changement plus global », explique avec enthousiasme Amina.
« Trier nos déchets, choisir le vélo plutôt que la voiture ou encore sensibiliser nos proches… on peut avoir l’impression que le faire à une sphère individuelle ne va pas changer le monde. Mais, en réalité, si chacune ou chacun de nous le fait, ça peut amener un changement plus global », explique avec enthousiasme Amina.
Photo : Michel Caron - UdeS

Lorsqu’elles sont coordonnées ou permettent de se rassembler, les petites actions ont un effet psychologique clé : elles peuvent motiver, donner du sens, nourrir l’optimisme. Et cette dimension collective des petits gestes peut favoriser des changements sociaux d’envergure.

Pour Vikie, « c’est important d’entretenir des récits positifs sur le développement durable et de multiplier les modèles. Plus il y en a, plus il y a de chances qu’un modèle nous ressemble! »

Le développement durable, plutôt que d’être moralisateur, doit être porté par un discours d’espoir. On a déjà changé la donne à l’échelle de la société et on est encore capable de le faire si on est assez nombreuses et nombreux à y croire.

Vikie Pedneault, influenceuse et vulgarisatrice scientifique

En alliant recherche rigoureuse et impact concret, l’implication d’Amina et Andrée-Anne illustre à merveille à quel point l’UdeS peut devenir un espace créatif. Un espace pour expérimenter, permettre le croisement des expertises et contribuer aux changements de société, une petite action à la fois.

Changez le cycle des choses aux cycles supérieurs 
Pour avoir un impact concret sur le monde qui vous entoure, l’UdeS propose des programmes ancrés dans la pratique et adaptés à votre trajectoire de vie. 
Maîtrises, doctorats ou microprogrammes : bénéficiez d’un accompagnement personnalisé et humain pour développer votre expertise ou explorer de nouveaux horizons, tout en contribuant concrètement aux besoins de la société.


Informations complémentaires