Contexte : Qualité & viabilité du système de santé

Grâce à la recherche, l’efficacité des soins s’est grandement améliorée durant les dernières décénnies.

Par exemple, la mortalité associée aux traumatismes et infections sévères a été réduite de moitié. Ce progrès est attribuable à l’émergence de nouveaux traitements, mais aussi à la diminution des complications associées aux interventions les plus risquées. En effets, des traitements utilisés couramment sont parfois nocifs (p.ex. Vioxx, hormonothérapie en ménopause) et, aujourd’hui encore, l’efficacité et la sécurité de nombreux soins courants ne sont pas établies.

La recherche axée sur le patient et les soins aigus a pour but d’améliorer l’efficacité et la sécurité des soins administrés aux patients les plus vulnérables du système de santé. Par ailleurs, nos travaux mettent à la disposition des patients concernés et de leurs proches toute l’information requise pour prendre des décisions éclairées lorsque confrontés à des choix difficiles. Enfin, les coûts associés aux soins aigus sont si élevés qu’ils compromettent la viabilité du système de santé. En mesurant de manière rigoureuse les effets des soins de santé, nous contribuons à l’utilisation judicieuse de ressources limitées afin que chaque patient puisse recevoir le bon soin au bon moment.

Axée sur le patient parce que chaque patient est unique.

Face à un problème de santé identique, nos réactions et nos choix varient en fonction de nos valeurs, de nos expériences de vie, et des effets attendus des soins qui nous sont proposés. La recherche axée sur le patient est essentielle à la prise de décision libre et éclairée.

Lorsque nous sommes confrontés à des problèmes de santé aigus, il nous faut parfois prendre des décisions complexes de manière urgente, pour nousmêmes ou pour nos proches. Malheureusement, nos questions les plus simples demeurent parfois sans réponse soit parce que le personnel soignant ne dispose pas des outils pour transmettre l’information requise de façon claire et efficace, soit parce que personne ne connaît les réponses. Par exemple, quand les médecins présentent les risques et les bénéfices d’un traitement, les données sur lesquelles ils s’appuient ne leur permettent généralement pas de prédire l’impact de la maladie et des soins proposés sur la qualité de vie des malades. C’est une lacune que la recherche axée sur le patient tente de combler.

Pour atteindre cet objectif, la recherche axée sur le patient propose de travailler avec des patients et leurs proches afin d’identifier les questions prioritaires, puis en menant les études nécessaires de manière rigoureuse et efficace. En agissant de la sorte, la recherche fournira au personnel soignant les informations essentielles qui permettront aux patients et à leurs proches de choisir les soins qui correspondent le mieux à leurs valeurs et à leurs attentes.

Finalement, ce type de recherche requiert une attention particulière parce qu’il présente des difficultés qui lui sont propres. Par définition, la recherche qui porte sur les soins courants administrés en milieu hospitalier doit être ancrée dans les unités de soins. Il faut savoir concilier les aspects éthiques liés au recrutement de participants qui sont parfois très malades tout en limitant l’impact de la recherche sur les soins prodigués par les équipes traitantes. La chaire de recherche axée sur le patient et les soins hospitaliers aigus est un geste concret posé afin que les patients reçoivent les bons soins au bon moment. Le Canada a mis en place sa Stratégie de recherche axée sur le patient en 2011. Son but : aider les médecins et les hôpitaux à mettre en pratique les interventions médicales les plus efficaces, au meilleur coût, et ce, au bénéfice des patients et des familles.

La recherche au coeur du système de santé

Pour répondre aux besoins de la population, la recherche doit être mieux intégrée aux soins eux-mêmes. Ceci est particulièrement important lorsqu’il s’agit d’étudier les soins aigus définissant toutes les interventions qui doivent être pratiquées de manière urgente. En effet, il est impossible de déplacer des malades dont la vie est en danger dans un centre de recherche. Pour mieux connaître les effets des interventions visant les infections et les traumatismes sévères, il faut que la recherche se déplace au chevet des malades.

C’est ce défi que relèvent tous les jours les équipes de recherche afin d’améliorer l’efficacité des soins aigus et de réduire les risques qui leurs sont associés.

Par ailleurs, les coûts associés aux soins aigus sont exorbitants et ils limitent considérablement la viabilité du système de santé. En intégrant la recherche au coeur du système de santé, il devient possible d’étudier les traitements utilisés couramment, et d’identifier ceux qui sont inefficaces ou qui sont associés à des complications inacceptables. Ceci permet d’éviter de gaspiller des ressources limitées en les investissant plutôt dans les soins qui répondent aux besoins des patients.