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À l’UdeS, la recherche contribue à changer des trajectoires

Offrir à chaque enfant la chance d’apprendre à pédaler

Le lancement du projet de recherche « À vélo pour des milieux scolaires plus actifs et inclusifs » a eu lieu le 16 octobre, à l'école primaire Jean-XXIII, à Sherbrooke, en présence de divers acteurs impliqués et de représentants des fondations partenaires.
Le lancement du projet de recherche « À vélo pour des milieux scolaires plus actifs et inclusifs » a eu lieu le 16 octobre, à l'école primaire Jean-XXIII, à Sherbrooke, en présence de divers acteurs impliqués et de représentants des fondations partenaires.
Photo : Michel Caron - UdeS

Pour plusieurs enfants, apprendre à faire du vélo est une étape normale de développement. Pourtant, dans certains milieux, cette expérience n’est pas accessible. Et si monter sur une bicyclette s'apprenait à l'école primaire?

Des chercheuses et chercheurs de la Faculté des sciences de l’activité physique (FASAP) de l’Université de Sherbrooke ont imaginé le projet « À vélo pour des milieux scolaires plus actifs et inclusifs ».

À la croisée de la recherche et de l’intervention, cette initiative vise à offrir à tous les élèves des occasions régulières de développer leurs habiletés à vélo, tout en permettant de mieux comprendre les effets d’un tel programme en milieu scolaire.

Premier tour de piste à l'école Jean-XXIII

Soutenu par la Fondation Justin Lefebvre, la Fondation MB Capital et la Fondation de La Fontaine, le projet sera d’abord déployé à l’école primaire Jean-XXIII, à Sherbrooke.

Au cours des 3 prochaines années, les 292 élèves, de la maternelle 4 ans à la 6e année, pourront bénéficier d’occasions régulières de développer leurs habiletés à vélo dans un cadre structuré et sécuritaire.

Photo : Michel Caron - UdeS

Le projet prévoit notamment un apprentissage progressif du vélo tout au long du parcours primaire, la bonification de la flotte de vélos de l’école, l’acquisition d’équipements de sécurité et la mise en place d’activités éducatives favorisant le transport actif.

Recherche et communauté : un tandem qui fait avancer

Située dans un secteur caractérisé par un indice de défavorisation élevé, l’école Jean-XXIII s’est naturellement imposée comme milieu d’accueil du projet. Déjà engagée dans la promotion des saines habitudes de vie et du plein air, l’école peut également compter sur une équipe mobilisée et une direction proactive. Ce contexte en fait un milieu particulièrement propice à la mise à l’essai d’une approche qui conjugue apprentissage, activité physique et recherche appliquée.

Matthieu Petit, vice-recteur adjoint à la qualité des programmes et à la réussite à l’UdeS
Matthieu Petit, vice-recteur adjoint à la qualité des programmes et à la réussite à l’UdeS
Photo : Michel Caron - UdeS

Sous la direction de Jérôme Leriche, professeur à la FASAP, l’équipe de recherche souhaite mesurer les effets d’un programme structuré d’apprentissage du cyclisme sur les habiletés motrices, la confiance, le transport actif et le bien-être des jeunes.

On se rend compte que, lorsqu’on propose des sorties scolaires à vélo, jusqu’à un tiers des élèves d’une classe ne savent pas encore faire du vélo. Et ce n’est pas une réalité propre à l’école Jean-XXIII : on observe, à l’échelle mondiale, une diminution de la pratique du vélo chez les enfants.

Professeur Jérôme Leriche, Faculté des sciences de l'activité physique, UdeS

Jérôme Leriche, professeur à la Faculté des sciences de l'activité physique de l'UdeS et responsable du projet
Jérôme Leriche, professeur à la Faculté des sciences de l'activité physique de l'UdeS et responsable du projet
Photo : Michel Caron - UdeS

Cette réalité amène l’équipe de recherche à explorer ce que peut apporter un apprentissage du vélo qui ne dépend plus uniquement des possibilités offertes à la maison, mais qui s’inscrit directement dans le parcours scolaire.

Au cœur du projet, une personne à la maîtrise participera à sa mise en œuvre et à son évaluation. Son travail permettra notamment de documenter les effets du programme et de cerner les conditions favorables à sa réussite en milieu scolaire.

Le projet pourra avoir des retombées concrètes pour les enfants, le personnel enseignant et l’ensemble de la communauté scolaire. Nous souhaitons notamment mieux comprendre le point de vue des parents et voir comment l’apprentissage du vélo peut s’intégrer au quotidien de l’école.

Professeur Jérôme Leriche, Faculté des sciences de l'activité physique, UdeS

L’école Jean-XXIII propose déjà des activités d’apprentissage et de pratique du vélo, notamment grâce à l’initiative d’un membre de son équipe d’éducation physique. Le projet vise à aller plus loin en inscrivant ces activités dans une démarche structurée et pérenne, qui ne repose plus uniquement sur l’initiative individuelle, mais qui fait partie intégrante du parcours scolaire des élèves.

Michel Raîche, vice-doyen à la recherche et aux études supérieures à la FASAP
Michel Raîche, vice-doyen à la recherche et aux études supérieures à la FASAP
Photo : Michel Caron - UdeS

Et les premiers bénéfices sont déjà perceptibles chez certains élèves :

Je suis TDAH et, quand je fais du vélo, ça me permet de bouger et je me sens calme. Ça me permet de mieux me concentrer

Élève de l’école Jean-XXIII

Levier d’équité et de réussite

Pour l’équipe de recherche, apprendre à faire du vélo ne se résume pas à acquérir une nouvelle habileté.

Le vélo permet de développer une plus grande autonomie, renforcer sa confiance et acquérir des compétences qui peuvent favoriser l’adoption de saines habitudes de vie et la participation à la vie scolaire. Il peut ainsi devenir un levier de bien-être et contribuer à créer des conditions favorables à la réussite des élèves.

Encore faut-il que les jeunes puissent avoir régulièrement l’occasion de mettre leurs apprentissages en pratique. Bien que plusieurs écoles proposent des activités d’initiation, une intervention ponctuelle ne suffit pas nécessairement à transformer cet apprentissage en pratique régulière. Le projet de l’école Jean-XXIII mise donc sur une progression qui s’échelonne sur plusieurs années et qui permet aux élèves de réinvestir leurs habiletés dans différents contextes.

Pour Marie-Pierre Tardif, directrice de l’école Jean-XXIII, cette approche répond aussi à un enjeu concret d’égalité des chances : « Nous avons réalisé avec étonnement qu’une grande partie des jeunes ne savait pas faire de vélo. Offrir l’apprentissage du vélo à nos élèves, issus d’un milieu reconnu défavorisé, c’est leur donner les mêmes chances de développer des compétences qui peuvent avoir des effets sur leur parcours scolaire : l’équilibre, l’autonomie, la sécurité et la confiance. »

En rendant le vélo accessible à tous, nous faisons avancer la justice sociale et nous affirmons que chaque enfant mérite ce parcours, cette route qui devrait être la même pour tous les enfants du Québec : une route ouverte, libre et équitable.

Marie-Pierre Tardif, directrice, école Jean-XXIII

Marie-Pierre Tardif, directrice de l’école Jean-XXIII
Marie-Pierre Tardif, directrice de l’école Jean-XXIII
Photo : Michel Caron - UdeS

Quand la science se met en action

À la FASAP, la recherche se construit aussi en collaboration avec les milieux de pratique afin de répondre à des besoins réels et de générer des retombées concrètes pour les communautés. Dans le cadre de cette initiative, l’expertise du Centre national de cyclisme de Bromont (CNCB) viendra compléter celle de l’équipe de recherche, notamment en matière d’apprentissage et d’enseignement du vélo. Cette collaboration permettra de mettre à profit les connaissances issues de la recherche et l’expertise du terrain pour accompagner les élèves dans le développement de leurs habiletés cyclistes.

Au fil du projet, les connaissances recueillies permettront de mieux comprendre ce qui favorise la mise en place et la pérennité d’un programme d’apprentissage du vélo en milieu scolaire. Elles pourront également servir à dégager des pistes pour adapter une telle approche à d’autres écoles du Québec.

Sylvain Racette, directeur général, Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke
Sylvain Racette, directeur général, Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke
Photo : Michel Caron - UdeS

En réunissant expertise scientifique, savoir-faire spécialisé, engagement du milieu scolaire et soutien philanthropique, l’Université de Sherbrooke souhaite ainsi mieux comprendre comment une intervention intégrée au parcours scolaire peut contribuer à la santé, au bien-être et à la réussite des jeunes, tout en ouvrant la voie à des initiatives semblables ailleurs au Québec.


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