Allier l’art à la science

Une première œuvre supercalculée pour Étienne Saint-Amant

En collaboration avec le Centre de calcul scientifique et l’École de musique de l’Université de Sherbrooke, Étienne Saint-Amant, diplômé de la maîtrise en informatique (cheminement en imagerie et médias numériques), a lancé sa première œuvre supercalculée, le 16 juin dernier. L’artiste en arts médiatiques, dont l’outil principal de création est le langage mathématique, franchit un pas supplémentaire, avec cette œuvre temporellement vivante d’une durée de 100 secondes. Entretien avec celui dont le style de création se démarque par son originalité et sa contribution majeure à l’ensemble de l’art mathématique.

Comment décririez-vous votre œuvre supercalculée?

Le concept derrière cette œuvre est d’utiliser la finesse et la lenteur pour métamorphoser l’œuvre Idéaux impossibles vers sa nouvelle variation. L’idée de compléter cette transition avec grandeur, délicatesse et précision me fascine depuis longtemps, mais la demande en puissance de calcul est importante. C’est donc ma première œuvre supercalculée : une animation extrêmement détaillée.

Cette œuvre est la première sortante du développement de la technologie de supercalcul pour mon art. Elle est composée de 3000 images à haute résolution sans aucune perte de compression. La précision dans les systèmes dynamiques de l’œuvre est incroyable. Certains systèmes, comme les nuages dans l’œuvre, sont réellement simulés, d’où un effet de réalisme extraordinaire.

Comment procédez-vous pour réaliser une œuvre grâce à des formules mathématiques?

Étienne Saint-Amant, artiste en arts médiatiques.
Étienne Saint-Amant, artiste en arts médiatiques.

Photo : Fournie

La particularité de ma démarche est que j’ai créé une sorte de catalogue reliant des émotivités et les potentiels des formules mathématiques. Je compose donc mes œuvres autant mathématiquement qu’émotionnellement, dans un style unique. Le défi est de taille puisque pour chaque forme, chaque trait ou chaque texture, je dois trouver une solution mathématique.

Comment a débuté votre collaboration avec le Centre de calcul scientifique de l’Université de Sherbrooke?

J’avais déjà rencontré Pierre-Étienne Jacques, directeur du Centre de calcul, l’année précédente concernant des projets de supercalculs, et il avait présenté un vif intérêt pour mes idées. Pendant la période de confinement liée à la pandémie de COVID-19, les étoiles se sont alignées pour que je puisse démarrer ce projet.

Le développement de la technologie pour le supercalcul s’est avéré plus complexe que je l’avais imaginé, mais grâce au support de l’équipe du Centre de calcul, nous avons levé les embûches une à une pour finir par réussir!

Et celle avec l’École de musique?

L'œuvre originale Idéaux impossibles d'Étienne Saint-Amant

L'œuvre originale Idéaux impossibles d'Étienne Saint-Amant


Photo : Fournie

C’est grâce à un projet de Thierry Gauthier, enseignant à l’École de musique, avec ses étudiants en électroacoustique auquel je participe depuis des années. Les étudiants sont invités à créer une composition de quelques minutes sur l’une des œuvres de ma création de leur choix. Pour ma première œuvre supercalculée, je voulais inviter Thierry lui-même pour produire la trame sonore, et il a accepté de créer un extrait!

D’où vient ce désir d’allier l’art et la science?

C’est parce que ce sont mes plus grandes passions et ma nourriture intellectuelle. Ma vision reste la même depuis le début : l’art et la science ont une démarche fondatrice extrêmement semblable, celle d’une curiosité, d’une recherche et d’une quête de savoirs et d’applications.