Colloque et concours national sur le thème de la négociation
Négocier un commerce durable à l’ère de la guerre tarifaire
Le thème de la négociation a réuni de nombreuses personnes au Campus de Longueuil les 12, 13 et 14 mars dernier. Sous la direction scientifique de la professeure Laurence Marquis, en collaboration avec le Collège militaire royal de Saint-Jean, le colloque Négocier un commerce durable à l’ère de la guerre tarifaire a en effet mis la table pour le Concours de négociation national canadien (CNNC).
Une première journée sur la négociation commerciale à l’ère de la guerre tarifaire
Le jeudi 12 mars, première journée du colloque, s’est ouvert sur une conférence inaugurale de Benjamin Bélair, délégué du Québec à Washington, qui a brossé un portrait éclairant des dynamiques commerciales actuelles entre le Canada et les États-Unis.
Photo : Fournie
Un premier panel, consacré aux relations entre le Canada, les États-Unis, l’Europe et l’Asie, qui réunissait Martin Poéti, professeur, et Mulry Mondélice, professeur et doyen à l’enseignement, tous deux du Collège militaire royal de Saint-Jean, a donné lieu à une analyse approfondie des tensions commerciales et des réalignements géopolitiques en cours.
Le deuxième panel, modéré par Camille Martini, doctorant en cotutelle à la Faculté de droit de l’Université Laval et à l’Université Paris Nanterre, a porté sur les enjeux liés à la révision et à la renégociation potentielle de l’ACEUM. Les échanges entre Jean-Michel Marcoux, professeur à l’École supérieure d’études internationales de l’Université Laval, Jean Simard, président-directeur général de l’Association de l’aluminium du Canada, ainsi que les avocates en arbitrage international Myriam Seers (Naymark LLP) et Sarah Schröder (Cleary Gottlieb Steen & Hamilton LLP), ont permis de mettre en lumière les défis juridiques et stratégiques auxquels le Canada est confronté dans ses relations commerciales nord-américaines.
Photo : Robert Laflamme, collaborateur
En après-midi, les discussions se sont tournées vers le rôle croissant des provinces dans les négociations commerciales internationales. Marie-Andrée Marquis, représentante du commerce intérieur, et Me Patrick McSweeney, directeur des relations commerciales internationales, tous deux au ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie du Québec, ainsi que Richard Ouellet, professeur à la Faculté de droit de l’Université Laval, ont exploré les leviers d’action provinciaux et les enjeux de coordination dans un contexte de gouvernance multiniveaux.
La journée s’est conclue par un panel portant sur la consultation des communautés autochtones dans le cadre de l’exploitation des minéraux critiques. Sous la modération de Natalia Serrano, doctorante à la Faculté de droit de l’Université Laval, Yvan Guy Larocque, professeur à la Faculté de droit de l’Université du Manitoba, Wolfgang Alschner, professeur à la Faculté de droit (section de common law) de l’Université d’Ottawa, et Zoé Boirin-Fargues, chercheuse postdoctorale à l’Université Laval, ont souligné l’importance d’intégrer des approches respectueuses des droits, fondées sur la collaboration et la durabilité.
Une réflexion approfondie sur la recherche en PRD et la négociation
Photo : Robert Laflamme, collaborateur
Un panel intitulé Faire rayonner la recherche en négociation, mettant en lumière le rôle central de la formation et de la diffusion des connaissances en prévention et règlement des différends (PRD), a jeté les bases du vendredi 13 mars, deuxième journée du colloque. Les interventions de la professeure Suzanne Bouclin (Université d’Ottawa), sur l’enseignement et la rédaction en PRD comme fondements essentiels présentant son nouvel ouvrage Une introduction à la théorie et à la pratique de la résolution des différends, de Jennifer Hille (Université de Sherbrooke), sur la Clinique de médiation, ainsi que de la professeure Laurence Marquis (Université de Sherbrooke), sur le rayonnement de la recherche à travers la Revue de prévention et règlement des différends et le réseau pancanadien pour la recherche en PRD, ont permis de souligner l’importance du développement et du partage des savoirs dans ce domaine en pleine évolution. Il s’agissait ainsi de l’occasion pour la RPRD de lancer son second volume, dirigé par les professeures Michaele Keet et Gemma Smyth, portant sur le Concours de négociation national canadien de 2024.
Photo : Robert Laflamme, collaborateur
Le second panel, intitulé Techniques avancées de négociation : approche transversale des modes de prévention et règlement des différends, animé par la professeure Michaela Keet (University of Saskatchewan), a réuni des perspectives complémentaires issues du milieu judiciaire, académique et pratique. L’honorable Louis Marquis (Cour supérieure du Québec) y a abordé le traitement de l’obligation de considérer les modes de PRD par les tribunaux, tandis que le professeur Daniel del Gobbo (University of Windsor) a proposé une réflexion sur la résilience des conflits et la justice réparatrice en contexte de polarisation. Michelle LeBaron (University of British Columbia) a pour sa part exploré les enjeux de la négociation interculturelle et identitaire, alors que la professeure Véronique Fraser et le professeur Sèdjro Houtohotegbè (Université de Sherbrooke) ont présenté la méthode des « 40 items », offrant une approche structurée et globale pour aborder les négociations complexes. Ces échanges ont ainsi permis de dégager des outils concrets et innovants pour adapter les pratiques de négociation aux réalités contemporaines.
Concours de négociation national canadien
En marge du colloque se tenait aussi, les 13 et 14 mars, le Concours de négociation national canadien, un événement d’envergure réunissant cette année 30 équipes d’étudiantes et d’étudiants en droit, ainsi que des membres de la profession juridique, autour de simulations de négociation portant sur les enjeux de la négociation du commerce à l’ère de la guerre tarifaire (relations Canada-États-Unis, aluminium, bois d’œuvre, révision de l’ACEUM, etc.).
Ce concours vise à préparer les futures avocates et futurs avocats aux réalités contemporaines de la négociation, et ce, dans les deux langues officielles. L’édition de cette année comprenait deux volets, en français et en anglais, et s’est distinguée par la plus importante participation à ce jour, notamment dans le volet francophone.
Résultats – Volet anglais
- 1re place : Windsor – 1 (E10) - Andrei Prpa, Joshua Carrasco
- 2e place : McGill – 2 (E13) - Megan Campbell, Magali Shimotakahara
- 3e place : Osgoode – 1 (E2) - Andie Habert, Sebastian Casanova
Prix spéciaux
- Meilleure gestion et analyse des processus : Saskatchewan (E17) -Alexander Woitas, Connor Kimpinski
- Meilleur défenseur des intérêts des clients : Lincoln Alexander (E9) - Nour Habliza, Megan Harley
- Meilleure communication et établissement de relations : Nouveau-Brunswick (E5) Karsen Bauer, Mackenzie Oxley
- Esprit de la négociation : Lincoln Alexander – 1 (E8) - Humna Khan, Haniya Saeed
Résultats – Volet français
- 1re place : McGill (F10) - Kira Cuerrier, Samuel Schonfeld
- 2e place : Université de Montréal (F5) - Zia Wiernik, Samuel Guertin
- 3e place : Université de Sherbrooke – 1 (F3) - Sevana Bahlawanian, Emilie Rioux
Prix spéciaux
- Meilleure communication et établissement de relations : Université de Sherbrooke – 2 (F4) - Linda Chtioui, Jean-Christophe St-Germain
- Esprit de la négociation : Université du Manitoba (F2) - Eric Matthews, Vanessa Smith
Photo : Fournie
La Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke s’est distinguée lors de cette édition, remportant deux prix : la troisième place, ainsi que le Prix Meilleure communication et établissement de relations. Nous tenons également à souligner la participation exceptionnelle d’une équipe de l’Université de Sherbrooke dans le volet anglophone (Sneha Dey, Simon Boyle), à la toute dernière minute, soulignant les valeurs du concours d’engagement, de créativité et de communauté.
Félicitations à l’ensemble des équipes participantes et un immense merci aux entraineuses et entraineurs, étudiantes et étudiants, juges et bénévoles, ainsi qu’au comité organisateur, qui ont contribué au succès de cet événement marquant pour la formation juridique et le développement des compétences en négociation au Canada. Bravo!