Yessica Kurock : combiner la passion pour le ski avec un projet de recherche qui a un impact environnemental
Photo : Fournie
Pour souligner la Journée internationale des femmes et des filles de sciences qui a lieu le 11 février ainsi que la Journée internationale des femmes qui se déroule le 8 mars, le 3IT a produit une série d'articles pour mettre en lumière quelques étudiantes de sa communauté et reconnaître leur contribution à l'innovation technologique.
Dans ce deuxième portrait, découvrez Yessica Kurock, une étudiante originaire d'Allemagne qui poursuit son doctorat en génie sous la direction du Pr Alexis Lussier-Desbiens.
Peux-tu résumer ton projet de recherche ?
Mon projet de recherche porte sur la durabilité des skis. Mon objectif est de développer des méthodes de test permettant d’évaluer leur longévité dans le cadre d’une analyse du cycle de vie. Je travaille principalement sur des matériaux composites en structures sandwich et j’analyse comment leur composition influence leur performance mécanique et leur durée de la vie.
Qu’est-ce qui te passionne dans ce projet ?
Ainsi, mon projet ne se limite pas à l’évaluation de la durabilité des skis, mais cherche à concilier performance et respect de l’environnement. C’est précisément ce lien qui me passionne. J’adore le ski, et savoir que mes recherches peuvent contribuer à rendre les équipements plus durables et plus respectueux de l’environnement est une grande motivation pour moi.
Photo : Fournie
En tant qu’étudiante internationale, qu’est-ce qui te plaît de la culture québécoise et de Sherbrooke ?
La culture universitaire au Québec me plaît beaucoup. J’apprécie énormément les relations professeur-étudiants, le fait que l’on se tutoie dans le contexte universitaire et que le focus est sur le développement personnel et les expériences pratiques. À Sherbrooke, j’aime la proximité de la nature. C’est un endroit où on peut travailler efficacement tout en profitant d’activités en plein air.
Qu’est-ce que tu apprécies de l’environnement du 3IT ?
Le 3IT offre un cadre de travail dynamique et collaboratif. J’apprécie particulièrement la proximité et la disponibilité de professeurs issus de différents domaines, avec qui l'on échange, même spontanément devant la machine à café. J’aime le fait que les projets soient souvent interdisciplinaires et que l'on reçoit du feedback de nombreux domaines. À l’extérieur du 3IT, on pratique même du sport ensemble.
Quelle est ta plus grande fierté professionnelle ?
Ma plus grande fierté est d’avoir su combiner ma passion pour le ski avec un projet de recherche qui a un véritable impact environnemental. Pouvoir présenter mes travaux devant des acteurs de l’industrie et contribuer à des discussions sur la durabilité dans le monde du ski est une grande satisfaction pour moi.
Pourquoi avoir choisi le domaine des sciences ou du génie ?
La compréhension technique et les idées innovantes dans le développement de produits pour le sport m'ont toujours fascinée. Utiliser ces approches pour inciter les gens à bouger et à pratiquer des activités en pleine nature me motive. L’association avec la biomécanique humaine ainsi que les aspects sociaux du sport me pousse à améliorer les produits, tant en termes de performance que de leur empreinte écologique. Le domaine du génie, en particulier, m’offre la possibilité de résoudre des problèmes et de transformer des idées en solutions concrètes, ce qui me motive énormément.
Quel conseil donnerais-tu aux jeunes filles pour les encourager à s’intéresser aux sciences et au génie ?
Chez nous, en Allemagne, on a le proverbe « Nous cuisinons tous uniquement avec de l'eau ». Ce proverbe me rappelle qu’on n’a pas besoin d'un background parfait, d'expériences et de compétences spécifiques pour faire quelque chose. Particulièrement, il n'est pas nécessaire de tout savoir pour commencer ! Et la meilleure chose à faire pour grandir est de s’entourer de gens qui ont la même motivation d'apprendre afin de surmonter ensemble les défis.
Il existe de nombreux domaines scientifiques et techniques dans lesquels, en tant que personnes féminines, nous obtenons moins de push et pouvons facilement douter de notre place. Parfois, c’est seulement le fait qu’en tant que femme, je suis toujours la minorité dans mon contexte de travail. Il en résulte souvent un manque de modèles et des compagnons avec le même cadre de référence. C'est pourquoi il est essentiel de s'entourer de personnes partageant les mêmes ambitions et de créer des espaces où l'on peut évoluer ensemble. C'est en s'entourant des bonnes personnes que l'on franchit les hauts et les bas, c‘est plus le fun.