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Journée de la recherche de 1er cycle en sciences humaines et sociales

L’éducation en plein air : une avenue prometteuse pour les élèves à besoins particuliers

Adélie Gagné-Bazin, lauréate d’un des premiers prix du concours, accompagnée de la professeure Isabelle Dionne, vice-rectrice aux études et à la vie étudiante, et du professeur Matthieu Petit, vice-recteur adjoint à la qualité des programmes et à la réussite.
Adélie Gagné-Bazin, lauréate d’un des premiers prix du concours, accompagnée de la professeure Isabelle Dionne, vice-rectrice aux études et à la vie étudiante, et du professeur Matthieu Petit, vice-recteur adjoint à la qualité des programmes et à la réussite.
Photo : Michel Caron UdeS

Au Québec, près d’un élève sur quatre est considéré comme ayant des besoins particuliers. Bien que l’universalité, l’accessibilité et l’équité figurent au cœur des valeurs promues par le ministère de l’Éducation, de nombreux jeunes continuent de faire face à des obstacles qui compromettent leur pleine participation à la vie scolaire. C’est dans cette perspective qu’Adélie Gagné-Bazin, étudiante en troisième année au baccalauréat en adaptation scolaire et sociale, s’est intéressée à l’éducation en plein air. Reconnue pour ses effets bénéfiques sur les apprentissages, la santé mentale, la santé physique et le développement global des élèves, cette approche pédagogique attire un intérêt grandissant dans le milieu de la recherche. Pourtant, son potentiel auprès des élèves à besoins particuliers demeure encore largement méconnu.

Supervisée par le professeur Jean-Philippe Ayotte-Beaudet, Adélie Gagné-Bazin a mené le projet Éducation en plein air et enfants à besoins particuliers, où en sommes-nous aujourd'hui? (Voir l'affiche).

L’objectif de mon projet était de mieux comprendre ce phénomène en documentant l'état actuel des écrits scientifiques de l'éducation en plein air auprès des élèves à besoins particuliers. Ainsi, je voulais dégager de potentielles pistes de recherche propres à l'éducation en plein air auprès de ces élèves.

La pertinence de ses travaux lui vaut aujourd’hui d’être lauréate d’un des premiers prix de la Journée de la recherche de 1er cycle en sciences humaines et sociales tenu en septembre dernier à l’Université de Sherbrooke. Une journée organisée dans le cadre du Programme de stages d’été d’initiation à la recherche dans une discipline des sciences sociales et humaines. Cette expérience lui a permis de découvrir la recherche de l’intérieur et même d’envisager un parcours aux cycles supérieurs.

Photo : Michel Caron UdeS

Le stage d'initiation m'a permis de me plonger dans un domaine qui m'intéresse depuis avant même mon entrée à l'université. C'est le meilleur des mondes pour moi, comme ça combine enseignement et plein air! Le professeur Jean-Philippe Ayotte-Beaudet m’a accompagnée tout au long du processus d’admission et de mon stage. Grâce à son soutien constant et à celui des doctorants avec qui j’ai pu collaborer, je me suis sentie encadrée et encouragée à chaque étape. Je recommande vivement cette expérience à tous les étudiants et étudiantes au premier cycle qui s’intéressent à la recherche et souhaitent découvrir cet univers de près.

Un parcours d’études riche d’expériences

L’étudiante a découvert la pédagogie en plein air pendant ses études collégiales. Ce qui a été marquant pour elle, c’est tout le potentiel éducatif dans chaque lieu extérieur exploité dans ses pratiques professionnelles. Après avoir obtenu son diplôme en éducation spécialisée, Adélie Gagné-Bazin a décidé de poursuivre son parcours d’études au baccalauréat en adaptation scolaire et sociale à l’Université de Sherbrooke.

C’est lors d’une expérience de travail pour le Service de l'Éducation d’une communauté Anicinapek qu’elle a eu la chance de côtoyer une enseignante d'un programme spécialisé en psychomotricité plein-air. Une expérience marquante qui l’a poussé à poursuivre ses études en enseignement.

J'ai choisi le baccalauréat en adaptation scolaire et sociale, car je voulais mettre l'accent sur la prise en compte de la diversité des élèves dans les milieux scolaires québécois. Ce qui me plait le plus dans ce cheminement, ce sont les cours axés sur la pratique, comme ceux donnés à la clinique Pierre-H.-Ruel, où nous avons l’occasion de travailler avec des élèves du primaire et du secondaire dans un contexte réel. C’est l’interaction entre ce que nous apprenons en théorie et ce que nous devons mettre en pratique sur le terrain qui me motive.

Elle s’est également engagée auprès de la Chaire de recherche en éducation en plein air (CRÉPA). Celle-ci avait un grand intérêt à approfondir ses connaissances sur l’enseignement en plein air, dans le but de pouvoir les transmettre à ses futurs élèves. C’est par l’entremise du stage d’initiation à la recherche au premier cycle qu’elle a intégré l’équipe. Pendant la saison estivale, Adélie Gagné-Bazin a eu l’opportunité de contribuer à diverses initiatives de la Chaire, entre autres en collaboration avec deux doctorants. Elle a également pu entreprendre son propre projet, soit celui présenté à la Journée de la recherche.

Ce fut une introduction riche en matière, comme chaque projet m'apportait des connaissances sur des pratiques mises en place dans un projet de recherche : documentation, collectes de données, analyse de données, etc. Somme toute, ce fut une expérience qui a dépassé mes attentes à tous les niveaux. J'ai l'impression de n'être qu'au début de mon expérience avec la CRÉPA! Cet automne, je continue mon implication en tant qu’assistante de recherche et assistante en enseignement. Ce travail rémunéré à temps partiel est idéal durant mes études à temps plein.

Des pistes prometteuses

En mettant en évidence les bénéfices potentiels de l’éducation en plein air pour les élèves à besoins particuliers, l’étude d’Adélie Gagné-Bazin soulève aussi un constat important : les connaissances scientifiques demeurent limitées quant aux façons d’implanter des pratiques adaptées à la diversité des profils présents dans les écoles québécoises.

Alors que la littérature scientifique et les orientations ministérielles convergent vers l’importance de favoriser des pratiques inclusives, ses résultats ouvrent la voie à de nouvelles recherches. Une question demeure pour la jeune chercheuse : quels sont les facteurs qui facilitent, ou au contraire freinent, la mise en œuvre d’activités d’éducation en plein air véritablement accessibles aux élèves à besoins particuliers?


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