Le doyen de la Faculté de génie lauréat d’un prix Égalité Thérèse-Casgrain

Patrik Doucet, allié précieux en matière d’égalité hommes-femmes

Le doyen de la Faculté de génie, le professeur Patrik Doucet, est lauréat du prix Thérèse-Casgrain dans la catégorie Allié, une distinction qui reconnaît son engagement concret dans la cause de la place des femmes.
Le doyen de la Faculté de génie, le professeur Patrik Doucet, est lauréat du prix Thérèse-Casgrain dans la catégorie Allié, une distinction qui reconnaît son engagement concret dans la cause de la place des femmes.

Il a embrassé avec conviction la mission que l’UdeS s’est donnée en matière d’équité, de diversité et d’inclusion. Il y a quatre ans, il s’est même engagé à recruter jusqu’à 30 % de professeures au sein de sa faculté. Sa contribution en matière d’égalité hommes-femmes est aujourd’hui reconnue par le Secrétariat de la condition féminine. Entretien avec le professeur et doyen Patrik Doucet.

Le 9 avril dernier, le professeur Doucet, doyen de la Faculté de génie, a reçu le prix Égalité Thérèse-Casgrain, la principale distinction gouvernementale soulignant les réalisations qui favorisent l’égalité entre les femmes et les hommes au Québec. Il est lauréat dans la catégorie Allié, une récompense qui reconnaît son engagement concret dans la cause de la place des femmes.

Pour celui qui s’est investi dans la mise en œuvre du Grand concours de bourses postdoctorales Claire-Deschênes, destiné à accroître l’embauche de femmes à la Faculté de génie, cette reconnaissance revêt une importance particulière :

« Quand j’étais enfant, je voyais ma mère militer pour prendre un peu plus sa place, relate le doyen. À cette époque, je ne comprenais pas pourquoi elle faisait ce combat. Mais au fil du temps, j’ai évidemment constaté qu’il y avait vraiment beaucoup d’inégalités. J’ai pris conscience que, dans ma position de doyen, je pouvais changer les choses. »

Une reconnaissance individuelle, mais un travail collectif

Rappelons que c’est en partie grâce au professeur Doucet si le plan stratégique 2018-2022 de l’UdeS contient des cibles relatives à la représentativité féminine au sein du corps professoral.

« Évidemment, si on n’avait pas eu un recteur qui est sensibilisé à la situation, tout cela n’aurait pas pu être possible », affirme le professeur Doucet, en soulignant par le fait même l’appui inespéré qu’il a reçu de la communauté facultaire dans la mise en branle du Grand concours de bourses postdoctorales Claire-Deschênes, mais aussi pour la révision du processus d’embauche professorale à la Faculté de génie. « Il y a eu beaucoup d’ouverture à l’interne, notamment de la part des directions de département et des collègues, qui ont défendu le principe. Même le syndicat a été une partie prenante dans toute cette aventure, pour en faire un processus transparent. »

Si le prix Égalité Thérèse-Casgrain est une reconnaissance que le doyen reçoit à titre individuel, il est attribuable au travail de nombreuses personnes, en particulier les professeures Eve Langelier (à gauche) et Nathalie Roy (à droite).

Si le prix Égalité Thérèse-Casgrain est une reconnaissance que le doyen reçoit à titre individuel, il est attribuable au travail de nombreuses personnes, en particulier les professeures Eve Langelier (à gauche) et Nathalie Roy (à droite).


Photo : Michel Caron - UdeS

Selon le doyen, cette mobilisation n’aurait été aussi spontanée n’eût été du travail acharné de la professeure Eve Langelier, titulaire de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie au Québec, et de la professeure Nathalie Roy, vice-doyenne adjointe à l’ÉDI (équité, diversité et inclusion).

« Je reçois le prix à titre individuel, mais c’est surtout un travail d’équipe qui est derrière ça », précise le doyen. Les travaux d’Eve Langelier ont donné une belle assise au projet, et beaucoup de crédibilité également, parce qu’elle nous a permis de nous appuyer sur des données scientifiques. Quant à Nathalie Roy, elle a embrassé cette cause avec beaucoup d’enthousiasme et a fait de nombreuses propositions. En réalité, mon rôle était d’être à l’écoute de ces personnes et de voir comment je pouvais rendre cela possible. »

Pour celles qui ont collaboré de près avec le professeur Doucet, le prix reçu et l’ensemble des réalisations y étant attaché font leur fierté.

 Au-delà de son succès incontestable, le rayonnement international du concours a permis à plusieurs excellentes futures professeures-ingénieures de découvrir la Faculté de génie de l’Université de Sherbrooke, et ceci améliorera indubitablement notre recrutement pour plusieurs années à venir.

 Nathalie Roy, vice-doyenne à l’ÉDI

 Ce prix est une belle reconnaissance de son leadership en matière d’ÉDI. Il souligne comment Patrik Doucet, qui est en toute fin de mandat comme doyen, aura laissé sa marque pour la progression des femmes à la Faculté de génie.

  Eve Langelier, titulaire de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie du Québec

Plus de diversité, pour réduire les angles morts

Pour le doyen, l’obtention de ce prix représente une occasion propice pour rappeler le caractère indispensable de la diversité dans une institution comme une université :

 La société n’est pas un groupe homogène. Elle est complexe et comprend autant d’hommes que de femmes, et diverses communautés. Pour bien préparer nos étudiantes et étudiants à interagir avec cette collectivité, il faut que, à la base, le corps professoral soit diversifié. Ça prend tous ces points de vue.

 Patrik Doucet, doyen de la Faculté de génie

On comprend ainsi pourquoi l’Université de Sherbrooke déploie autant d’efforts pour devenir un milieu exemplaire sur le plan de l'équité, de la diversité et de l’inclusion.

« Dans un groupe homogène, les personnes tendent à réfléchir de la même manière, rappelle le doyen, dont le doctorat portait justement sur les enjeux associés aux équipes fortement hétérogènes. Ils vont donc voir la réalité de la même manière. On se retrouve ainsi avec beaucoup d’angles morts, que personne ne voit. Lorsqu’on a une belle diversité, on est capable de considérer ces angles. »