Inauguration d’un laboratoire de pointe à l’Université de Sherbrooke
Nouvelle dimension pour le son de demain
Photo : Michel caron - UdeS
Le bruit court qu’un laboratoire acoustique de haut niveau a élu domicile au Campus principal de l’Université de Sherbrooke (UdeS). Ce n’est pas une hallucination auditive, c’est le Laboratoire audio immersif VoiceAge, une installation hautement spécialisée ouvrant de nombreuses possibilités en audio et musique 3D.
L’UdeS se dote d’une salle d’écoute intégrant les plus récentes avancées en matière de son immersif et d’univers sonore tridimensionnel. Ce nouveau laboratoire est aménagé dans le pavillon de l’École de musique de la Faculté des lettres et sciences humaines, en collaboration étroite avec la Faculté de génie.
Le Laboratoire audio immersif VoiceAge est un espace de formation et de recherche partagé musique-génie. Inauguré le 28 octobre, il sera utilisé en composition musicale, en interprétation et en psychologie de la performance. Il servira aussi à tester les plus récentes et futures générations d’algorithmes de compression du son et de la voix développés pour des applications immersives sur les réseaux sans fil.
Ce laboratoire s’ajoute aux infrastructures de haut niveau que renferment déjà l’École de musique et la Faculté de génie (studios d’enregistrement, studio de mixage, régies post-création, salle anéchoïque, salle réverbérante et plus encore).
Le Laboratoire audio immersif VoiceAge est le fruit d’une collaboration entre deux facultés de l’UdeS et un leader mondial dans le domaine de la compression de la parole et de l’audio :
La Faculté de génie, la Faculté des lettres et sciences humaines et l’entreprise VoiceAge ont conjugué leurs efforts de manière exemplaire, comme on aime le faire à l’Université de Sherbrooke. Nous disposons ainsi à notre École de musique d’une installation de calibre mondiale déjà reconnue par les plus grands noms de l’industrie de production audiovisuelle. Elle permettra d’offrir à nos étudiantes et étudiants des occasions d’apprentissage expérientiel sans précédent, par l’entremise d’un ensemble de projets de recherche ou d’autres collaborations. Elle permettra également de faire rayonner le Québec et le Canada sur la scène internationale.
Professeur Vincent Aimez, vice-recteur à la valorisation, aux partenariats et responsable du développement durable, UdeS
La salle a été construite grâce à un appui majeur de VoiceAge. L'un des cofondateurs et coprésidents, Sylvain Desjardins, explique pourquoi l’entreprise a choisi de financer la construction de cette salle à vocation pédagogique et scientifique :
Photo : Michel Caron - UdeS
Ce nouveau laboratoire audio immersif, unique au Canada, jouera un rôle clé dans le développement de notre plateforme technologique ACELP de troisième génération, pour positionner VoiceAge comme contributeur technologique majeur dans le domaine des communications immersives.
Sylvain Desjardins, cofondateur et coprésident, VoiceAge
Jouer comme à l’Opéra de Sydney
Ce laboratoire ouvre de nouveaux horizons en recherche et création musicales. La pièce insonorisée contient une sphère métallique d’une tonne équipée de 21 enceintes acoustiques, de 2 caissons de basses et de microphones.
Photo : Michel Caron - UdeS
Cette technologie permet de placer des objets sonores dans l’espace – ce qu’on appelle la spacialisation. À l’écoute, il devient possible, par exemple, de distinguer la position de chaque instrument sur la scène. Les sons peuvent même se déplacer autour de soi.
En musique, les environnements sonores immersifs transforment la façon de composer, de jouer, de rendre et de produire de la musique. « C’est vraiment la norme maintenant, reconnaît le professeur Jean-François Desrosby, aussi directeur de l’École de musique de l’UdeS. Les chercheurs et les étudiants pourront utiliser ce laboratoire pour entendre le résultat de leur travail et faire des tests en direct. »
Grâce aux micros, la structure permet de reproduire des environnements sonores. Une personne placée au centre avec son instrument peut ainsi adapter son interprétation. « On pourra éventuellement s’amuser à faire répéter les musiciens dans une salle de concert de n’importe où dans le monde, poursuit le professeur Desrosby. L’acoustique d’une salle change la façon de jouer, et souvent, on n’a pas le loisir d’y répéter. »
Photo : Michel Caron - UdeS
Le professeur Desrosby compte aussi s’en servir en psychologie de la performance : « Il est possible de simuler des environnements dérangeants, un spectateur qui bouge ou qui fait un bruit étrange, par exemple. »
Le laboratoire sera aussi utilisé comme lieu de recherche et de création en musique immersive et en enregistrement.
C’est vraiment une infrastructure de pointe. En fait de mixage ou de rendu sonore, c’est du très haut de gamme, qui dépasse même le standard du mixage professionnel. On peut même y créer des normes Dolby Atmos, qui sont des normes protégées.
Jean-François Desrosby, directeur de l’École de musique, UdeS
De l’audio 3D dans nos cellulaires
Ce laboratoire a aussi une vocation de recherche entourant les technologies audio que contiennent notamment nos téléphones cellulaires. Une équipe y testera des algorithmes de compression du son et de la voix pour des applications immersives.
Photo : Michel Caron - UdeS
Dans un futur proche, il sera donc possible d’entendre le paysage sonore complet dans lequel baigne notre interlocuteur.
« L’immersif génère de grandes quantités de données et prend beaucoup d’espace, explique Milan Jelinek, responsable de recherche à la Faculté de génie et chercheur chez VoiceAge. La compression permet de les faire voyager sur les réseaux numériques. C’est comme une tente de camping qu’on plie, dans un sac compact. On ne l’apporte pas à bout de bras, toute montée, à travers les arbres, ça ne fonctionnerait pas! Et, à l’arrivée, on veut la reconstruire sans perdre la qualité originale. C’est le but des technologies qu’on développe. »
Photo : Michel Caron - UdeS
Selon le chercheur, le laboratoirerépond aux plus hautes exigences en matière d’évaluation des systèmes audio. « Il est conforme à la norme BS.1116 de l’International TelecommunicationUnion, qui est une norme très exigeante. Les experts et laboratoires du domaine savent ce que ça représente. »
Duo musique et génie
Des rapprochements entre le génie et la musique sont observés depuis quelques années. « Cette collaboration est vraiment super, tout comme le maillage avec les chercheurs de VoiceAge, confie le professeur Desrosby, de l’École de musique. On parle le même langage. C’est stimulant! »
Cette salle de calibre international est le résultat d’une remarquable synergie à la fois fonctionnelle et structurelle entre la Faculté de génie et la Faculté des lettres et sciences humaines. C’est une valeur ajoutée pour les deux facultés.
Professeur Roch Lefebvre, chercheur à la Faculté de génie et directeur du groupe de recherche sur la parole et l’audio, UdeS
Photo : Michel Caron - UdeS
D’autres phases sont à venir, dont l’aménagement d’une régie attenante au laboratoire. Selon le professeur Lefebvre, il y a aussi une volonté d’ajouter cette salle au réseau de plateformes de recherche de l’UdeS.