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Projet de la chercheuse Audrey Corbeil Therrien

Un système de détection d’intrusion pour protéger les objets connectés

Audrey Corbeil Therrien est professeure à la Faculté de génie et chercheuse à l'Institut interdisciplinaire d'innovation technologique (3IT).
Audrey Corbeil Therrien est professeure à la Faculté de génie et chercheuse à l'Institut interdisciplinaire d'innovation technologique (3IT).
Photo : UdeS - Michel Caron

À l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité informatique, découvrez un projet de recherche mené par la professeure chercheuse Audrey Corbeil Therrien qui touche un défi grandissant : protéger les objets connectés contre les cyberattaques.

« En périphérie, on a de plus en plus d’objets vulnérables : que ce soient des caméras, des drones, ou des infrastructures industrielles. Ces objets n’ont souvent aucune protection, on tient pour acquis que le modem agit comme gardien de la sécurité », explique la professeure Audrey Corbeil Therrien. Or dans des environnements complexes comme une usine, une multitude d’appareils communiquent en continu et deviennent autant de portes d’entrée potentielles pour des cyberattaques.

L’expertise de la chercheuse, qui est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l’intelligence temps réel embarquée, a été recherchée pour implémenter et valider un système de détection d’intrusion capable d’analyser les paquets de données directement sur le dispositif lui-même, malgré des ressources de calcul très limitées.

Un réseau de neurones trop gros pour une puce

Pour l’implémentation matérielle, l’équipe travaille à transformer le modèle d’IA développé en un circuit électronique réellement déployable.
Pour l’implémentation matérielle, l’équipe travaille à transformer le modèle d’IA développé en un circuit électronique réellement déployable.
Photo : UdeS - Michel Caron

En partenariat avec l’Université de Bretagne Occidentale, un réseau de neurones performant pour détecter les attaques a été développé. Le problème : ce modèle est beaucoup trop volumineux pour être déployé sur une puce électronique située en périphérie. « Le principal défi est de réduire la taille du modèle sans perte de performance », résume la chercheuse.

Le réseau doit être réduit grâce à des techniques de quantification, d’élagage et potentiellement de distillation des connaissances, tout en conservant sa capacité à identifier les attaques Web cachées dans le flot de paquets Internet.

De l’IA au matériel : une transformation complexe

L'équipe de recherche souhaite intégrer sur une puce électronique un réseau de neurones développé pour détecter les attaques, sans perte de performance.
L'équipe de recherche souhaite intégrer sur une puce électronique un réseau de neurones développé pour détecter les attaques, sans perte de performance.
Photo : UdeS - Michel Caron

Pour l’implémentation matérielle, l’équipe travaille à transformer le modèle d’IA développé en un circuit électronique réellement déployable, un processus encore artisanal. « Les outils n’existent pas encore, ou sont en développement. Beaucoup de modifications doivent être faites manuellement », souligne Audrey Corbeil Therrien.

À terme, le système sera soumis à des essais dans des conditions réalistes pour valider sa performance.

Ce projet revêt un angle intéressant pour la chercheuse : « Habituellement, je travaille sur des détecteurs pour la physique. Cette fois, pour ce projet de recherche, il n’y a pas de signal analogique, pas de détecteur. La partie traitement du signal disparaît complètement. L’analyse des paquets est particulièrement complexe et demande de la mémoire, car il faut suivre les données sur plusieurs secondes. »

Une collaboration internationale

Le projet réunit des expertises variées, notamment celles de David Espès, Catherine Dezan et Enzo Zamaï de l’Université de Bretagne Occidentale, ainsi que Pierre Martin Tardif de l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke. Le développement d’outils se fait en collaboration avec le Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire (CERN) et le SLAC National Accelerator Laboratory de Standford University.

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